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Catégorie : Actualités

AAC/ CFP : Star Trek, dynamiques d’une fabrique de mondes : expansion, variation, densification

Appel à communications ouvert jusqu'au 15 janvier 2026

Par Jessy NEAU le 9 septembre 2025

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AAC/ CFP : Star Trek, dynamiques d’une fabrique de mondes : expansion, variation, densification / Star Trek, Dynamics of a World-Building Factory : Expansion, Variation, Densification (Paris)

https://startrekparis2026.wordpress.com/


[English version will follow.]

 

Depuis les soixante ans qui nous sépareront bientôt de sa première diffusion le 8 septembre 1966, Star Trek s’est imposé comme un univers de fiction proliférant, transmédiatique et intergénérationnel que l’on peut diviser en trois grandes ères. La première est celle des débuts hésitants de la première série télévisée, dénommée désormais Star Trek: The Original Series (1966-1969) et de sa continuation animée (1973-1974). La deuxième, amorcée dès 1979 par la sortie au grand écran de Star Trek: The Motion Picture, s’est poursuivi au cinéma (9 films entre 1982 et 2002) et dans de nombreuses séries télévisées dérivées : The Next Generation (1987-1994), Deep Space Nine (1993-1999), Voyager (1995-2001) et Enterprise (2001-2005). La troisième ère, encore en cours, débute également au cinéma en 2009 par un reboot de la franchise au gré d’une trilogie lancée par J.J. Abrams qui s’est conclue en 2016. Depuis, c’est la continuité initiale du monde fictionnel qui est développée par des préquelles et suites télévisuelles sur les plateformes de vidéos à la demande (SVoD) : Discovery (2017-2024), Picard  (2020-2023), Strange New World (2022-), sans compter les séries d’animation et un téléfilm. À ces œuvres audiovisuelles, il faut ajouter de nombreux romans, bandes dessinées, fanfictions et jeux vidéo.

Au fil des années et à travers les médias, l’ambition de la franchise est restée la même : décrire un futur relativement proche (XXIIe à XXVe siècles, avec une incursion plus récente au XXXIIe siècle), imaginé par son créateur, Gene Roddenberry, comme une utopie, quoiqu’elle a pu proposer à l’occasion des moments plus sombres ou pessimistes. Dans Star Trek, l’humanité a su surmonter les obstacles politiques, écologiques et moraux du XXIe siècle pour atteindre les étoiles et participer à la création de la Fédération des Planètes Unies, rassemblant de nombreuses civilisations extraterrestres à travers la galaxie, séparée en quatre immenses quadrants. 

Évidemment, si cette série de science-fiction utopique est née dans les années 1960, ce n’est sans doute pas un hasard. La première version, qui apparaît alors que la course à l’espace et la révolution sexuelle éveillent les imaginations, peut également être vue comme un reflet critique des tensions de la guerre froide et des débats de société états-uniens dans les années 1960, notamment les luttes pour les droits civiques. Il faut dire que la présence d’acteurs russe et japonais et d’une actrice afro-américaine pour interpréter certains des officiers sur le pont du USS Enterprise n’est pas passée inaperçue, tout comme le premier baiser à transcender les tabous raciaux de la télévision américaine de l'époque. Mais le relatif progressisme (plusieurs ont pointé ses limites depuis) de Star Trek n’était pas que dans la production, il alimentait également les scénarios qui proposaient chaque semaine une nouvelle planète et ses habitants, une planète qui élargissait le monde fictionnel toujours en expansion et qui permettait d’aborder différents enjeux politiques ou culturels par analogie. On note ainsi que l’expansion est une dynamique structurante de la franchise dès ses origines. Cette volonté se prolonge d’ailleurs aujourd’hui : chaque époque a sa version de Star Trek qui aborde ses problèmes spécifiques ou plus universels. The Next Generation apparaît alors que Ronald Reagan est au pouvoir et déconstruit certains des acquis des luttes sociales des années 1960; Voyager propose un personnage de femme capitaine forte, mais conservatrice et parfois assez autoritaire, alors que le féminisme subit des contrecoups; Discovery s’intéresse aux enjeux de la diversité sexuelle (orientation sexuelle et genre); Picard aborde la question des réfugiés environnementaux et l’intelligence artificielle, etc.

Ce n’est donc pas surprenant si, depuis les années 1990, Star Trek est devenu un objet d’étude privilégié dans les cultural studies anglo-saxonnes, dans les études sur les médias populaires et sur la science-fiction, mais ces études demeurent très rares du côté francophone. La plupart des travaux sont centrés sur ses dimensions idéologiques, politiques et sociales. Mentionnons l’apparition très tôt d’analyses des représentations raciales (Bernardi 1998, Kilgore 2003, Mittermeier and Spychala 2020), de lectures sociopolitiques plus larges (Reagin 2013, Booker 2018), de travaux sur le genre (Farghali et Bacon 2017, Mittermeier and Spychala 2020, Millsap-Spears 2024) ou sur la diplomatie galactique (Gonzalez 2015). 

Pourtant, si l’univers Star Trek a suscité une quantité impressionnante d’analyses critiques, peu de travaux prennent pour objet principal la construction de son monde fictionnel en tant que telle — sa logique interne, sa narrativité transmédiatique, sa plasticité ontologique. L’exception notable est le champ des fan studies qui examine comment les communautés de fans participent à l’expansion, la critique ou la réécriture du canon (Jenkins 1992, Falzone 2005, Drushel 2013), mais sans toujours en articuler les implications esthétiques ou narratives. Pourtant, dès ses débuts, Star Trek est envisagé par certains, comme Michael Moorcock (1968), comme un véritable tournant pour la fiction et la narration, inaugurant une exigence nouvelle de diversité narrative, d’engagement social avec les spectateurs et de franchissement des frontières de genre, intégrant une interpénétration des textes savants avec des formes populaires.

Il semble donc aujourd’hui nécessaire d’interroger Star Trek sous l’angle de ses pratiques narratives, esthétiques et mythopoétiques (Kapell 2010), en recentrant l’attention sur les modalités de sa construction fictionnelle. Loin de rejeter les approches politiques et culturelles qui ont dominé la recherche sur Star Trek, ce colloque entend les prolonger dans une autre direction, en interrogeant ce que signifie « fabriquer des mondes » dans et autour de Star Trek. Le présent colloque, qui célèbre les 60 ans de la franchise, souhaite ainsi déplacer le regard vers le worldbuilding de Star Trek, entendu non comme un arrière-plan figé, mais comme un processus dynamique, un système en expansion, parfois en contradiction, toujours en transformation. Cet univers, qui articule continuités et ruptures à travers ses nombreuses itérations, offre un terrain privilégié pour penser la création d’univers cohérents dans leur plasticité même, ainsi que les tensions entre continuité, divergence et reprise; utopie, dystopie et uchronie; récit, imaginaire et encyclopédisme.

Par ailleurs, la dimension encyclopédique de l’univers de Star Trek est parfois si patente qu’elle a alimenté la publication d’ouvrages qui traitent son matériau fictionnel – envisagé comme un « bien expressif » (Kavanagh et al 2001) –  comme le feraient de véritables encyclopédies (Ruditis 2013). Et c’est sans compter le megatext science fictionnel (Broderick 1995) et la xénoencyclopédie (Saint-Gelais 1999) qu’il a largement contribué à construire et à alimenter : vaisseaux spatiaux, téléporteurs, communicateurs et scanners, traducteurs universels, androïdes, fédération de planètes, directive première et protocole de premier contact, etc. Les exemples de novums qui ont construit le monde fictionnel de Star Trek avant de devenir des éléments incontournables de tout space opera abondent.

Dans le cadre de ce colloque, nous vous invitons à réfléchir à la fabrique de l’univers de Star Trek, bien plus vaste qu’un simple monde possible, selon une pluralité d’approches : narratologique, esthétique, sémiotique, intertextuelle, médiologique ou anthropologique. Il pourra notamment s’agir de questionner :

  • les modalités du récit dans Star Trek : formes sérielles, transmédiatiques, épisodes expérimentaux, dispositifs d’embrayage ou de reconfiguration du monde diégétique;
  • les tensions entre cohérence et contradiction dans l’univers étendu (continuité, retcon, paradoxes temporels, mondes parallèles);
  • les dimensions esthétiques des mondes Star Trek : architecture, design, modes de corporéité, rapports aux technologies;
    l’invention de langues comme le klingon (Lecercle 2015) comme poétique de l’altérité ou le traducteur universel comme politique de l’universalisme;
  • l’exploration spatiale, le voyage temporel et le monde virtuel (holodeck/holosuite) comme modes d’expansion fictionnelle;
    l’utilisation des mécanismes de l’Histoire humaine et de la mythologie dans la création par analogie de mondes, de peuples et de planètes;
  • les réemplois, détournements intertextuels (science-fiction « classique », tragédie shakespearienne, figures du roman policier ou du roman maritime, mais aussi productions dérivées, pastiches [The OrvilleGalaxy QuestDans une galaxie près de chez vous, etc.], hommages, parodies ou fanfictions); 
  • les interactions entre texte officiel et productions faniques (fanlore, slash fiction, encyclopédies communautaires) comme autant de reconfigurations du monde partagé.

Ce colloque propose donc de rejoindre les débats actuels sur la narratologie transmédiale (Baroni 2017) et sérielle (Letourneux 2017, Favard 2018, Machinal 2020), sur la fiction spéculative (Forêt et Yulmuk-Bray 2024, Stengers 2020 et 2000), la poétique du mythe et la construction contemporaine des mondes imaginaires (Kapell 2010, Besson 2015). Il s’agit ainsi de penser Star Trek non seulement comme un miroir critique du monde, mais aussi comme une machine fictionnelle et narrative, autoréflexive, en expansion constante, qui pose des questions fondamentales sur la narration (du point de vue de sa création comme de sa réception), la cohérence, la norme et l’altérité.

Le colloque aura lieu du jeudi 17 au samedi 19 septembre 2026 au Collège britannique à la Cité internationale à Paris. Les propositions de communication (25 min) d’un maximum de 350 mots, accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 15 janvier 2026 à l’adresse suivante : startrekparis2026@gmail.com. Les communications pourront être en français ou en anglais. 

Comité d’organisation : Elaine Després (Université du Québec à Montréal), Florent Favard (Université de Lorraine, CREM), Anaïs Guilet (Université Savoie Mont Blanc, Laboratoire LLSETI), Hélène Machinal (Université Rennes 2, ACE) et Jessy Neau (Université de Poitiers, FoReLLIS).

Bibliographie

  • Baroni, Raphaël. (2017). « Pour une narratologie transmédiale ». Poétique, no 182 (2), pp. 155-175.
  • Bernardi, Daniel. (1998). Star Trek and History: Race-Ing toward a White Future. New Brunswick : Rutgers UP.
  • Besson, Anne (2015). Constellations. Des mondes fictionnels dans l’imaginaire contemporain. Paris : CNRS edition.
  • Booker, M. Keith (2018). Star Trek: A Cultural History. New York : Rowman & Littlefield.
  • Broderick, Damien (1995). Reading by Starlight: Postmodern Science Fiction. New York : Routledge.
  • Després, Elaine (2020). « La sentience des androïdes : de Star Trek à Westworld ». Dans J.-F. Chassay et I. Boof-Vermesse (dir.), L’âge des postmachines, Montréal : PUM, pp. 73-92.
  • Després, Elaine (2019), « Voyage (impromptu et déroutant) au bout de l’univers », Otrante, art et littérature fantastique, no 46, automne, pp. 13-33.
  • Drushel, Bruce E. (dir.) (2013). Fan Phenomena: Star Trek. Bristol : Intellect Books.
  • Falzone,  Paul J. (2005). « The Final Frontier Is Queer: Aberrancy, Archetype and Audience Generated Folklore in K/S Slashfiction ». Western Folklore, été-automne, vol. 64, no 3/4, pp. 243-261. https://www.jstor.org/stable/25474751.
  • Farghali, Nadine et Bacon, Simon (2017). To Boldly Go. Essays on Gender and Identity in the Star Trek Universe. Jefferson : McFarland.
  • Favard, Florent (2018). Le récit dans les séries de science-fiction. De Star Trek à X-Files. Paris : Armand Colin.
  • Favard, Florent et Hélène Machinal (dir.) (2019). « La sérialité en question ». TV/series, no 13.
  • Favard, Florent et Hélène Machinal (dir.) (2022). « Séries télévisées de science-fiction ». Res Futurae, no 19.
  • Forêt, Marceau et Yulmuk-Bray, Ketzali (2024). « Nouvelle alliance entre science et fiction ». Revue critique de fixxion française contemporaine, no 28. https://doi.org/10.4000/11u01
  • Gonzalez, Georges A. (2015). The Politics of Star Trek. Justice, War, and the Future. New York : Palgrave MacMillan.
  • Jenkins, Henry (2006). Convergence Culture: Where Old and New Media Collide. New York : New York University Press.
  • Jenkins, Henry (1992). Textual Poachers: Television Fans and Participatory Culture. New York : Routledge.
  • Kapell, Matthew Wilhelm (dir.) (2010). Star Trek as Myth: Essays on Symbol and Archetype at the Final Frontier. Jefferson : McFarland.
  • Kilgore, De Witt Douglas (2003). Astrofuturism: Science, Race, and Visions of Utopia in Space. Philadelphie : University of Pennsylvania Press.
  • Lecercle, Jean-Jacques (2015). « Bleghbe’chugh vaj blHegh! From an Ethics of Alterity to a Politics of Style ». Dans M. Rospide et S. Sorlin (dir.), The Ethics of Alterity : New perspectives on Genre Literature, Cambridge Publishers, pp. 14-32.
  • Letourneux, Matthieu (2017). Fictions à la chaîne. Paris : Seuil, coll. « Poétique ».
  • Machinal, Hélène (2020). Posthumains en série. Tours : Presses universitaires François-Rabelais.
  • Millsap-Spears, Carey (2024). Star Trek Discovery and the Female Gothic. Lanham : Lexington Books.
  • Mittell, Jason (2015). Complex TV: The Poetics of Contemporary Television Storytelling. New York: NYU Press.
  • Mittermeier, Sabrina et Garcia-Siino, Leimar (dir.) (2022). The Routledge Handbook of Star Trek. New York : Routledge.
  • Mittermeier, Sabrina et Spychala, Mareile (dir.) (2020). Fighting for the Future – Essays on Star Trek: Discovery. Liverpool : Liverpool University Press.
  • Neau, Jessy (2024). « Star Trek : The Next Generation (1987-1994) ; un procès caché de l’humanité en sept saisons », TV/Series, no 23. https://doi.org/10.4000/12lhs
  • Reagin, Nancy (2013). Star Trek and History. Hoboken : Wiley.
  • Ruditis, Paul (2013). Star Trek: The Visual Dictionary: The Ultimate Guide to Characters, Aliens, and Technology. Londres : DK.
  • Saint-Gelais, Richard (1999). L’empire du pseudo. Modernités de la science-fiction. Québec : Nota Bene.
  • Stengers, Isabelle (2020). « Ursula Le Guin-Penser en mode SF ». Épistémocritique, hors série, https://epistemocritique.org/ursula-le-guin-penser-en-mode-sf/ 
  • Stengers, Isabelle (2000). « Science-fiction et expérimentation ». Dans Philosophie et science-fiction, Bruxelles: Vrin. 

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Star Trek, Dynamics of a World-Building Factory : Expansion, Variation, Densification
Call for papers - International conference

Since its first broadcast on September 8, 1966, Star Trek has established itself as a prolific, transmedia, and intergenerational fictional universe that can be divided into three major eras. The first is that of the tentative beginnings of the first television series, now known as Star Trek: The Original Series (1966-1969), and its animated continuation (1973-1974). The second era began in 1979 with the release of Star Trek: The Motion Picture and continued with nine films between 1982 and 2002, as well as numerous spin-off television series: The Next Generation (1987-1994), Deep Space Nine (1993-1999), Voyager (1995-2001) and Enterprise (2001-2005). The third era, which is still ongoing, also began in the cinema in 2009 with a reboot of the franchise in the form of a trilogy launched by J.J. Abrams, which concluded in 2016. Since then, the initial continuity of the fictional world has been developed through prequels and sequels on video-on-demand (SVoD) platforms: Discovery (2017-2024), Picard (2020-2023), Strange New World (2022-), not to mention animated series and a TV movie. In addition to these audiovisual works, there are numerous novels, comic books, fan fiction, and video games.

Over the years and across media platforms, the franchise's ambition has remained the same: to depict a relatively near future (from the 22nd to 25th centuries, with a more recent foray into the 32nd century), imagined by its creator, Gene Roddenberry, as a utopia, even though it has occasionally offered darker or more pessimistic moments. In Star Trek, humanity has overcome the political, ecological, and moral obstacles of the 21st century to reach for the stars and participate in the creation of the United Federation of Planets, bringing together numerous alien civilizations across the galaxy, divided into four immense quadrants.

Of course, it is probably no coincidence that this utopian science fiction series was created in the 1960s. The first version, which appeared at a time when the space race and the sexual revolution were capturing people's imaginations, can also be seen as a critical reflection of the tensions of the Cold War and the social debates in the United States in the 1960s, particularly the civil rights movements. Obviously, the presence of Russian, Japanese, and African-American actors playing some of the officers on the bridge of the USS Enterprise did not go unnoticed, nor did the first interracial kiss on American television. But Star Trek's relative progressiveness (it has since been nuanced by many) was not limited to the production; it also fueled the scripts, which each week presented a new planet and its inhabitants, a planet that expanded the ever-growing fictional world and allowed different political and cultural issues to be addressed by analogy. It is clear that expansion has been a defining dynamic of the franchise since its inception. This desire continues today: each era has its own version of Star Trek that addresses its specific or more universal problems. The Next Generation appeared while Ronald Reagan was in power and dismantled some of the gains made by the social struggles of the 1960s. Voyager introduced a strong female captain, yet she was also quite conservative and sometimes even authoritarian, but the context was that of a feminist backlash. Discovery focuses on issues of sexual diversity (sexual orientation and gender); Picard addresses the issue of environmental refugees and artificial intelligence, etc.

It is therefore not surprising that, since the 1990s, Star Trek has become a favored subject of study in Anglo-Saxon cultural studies, popular media studies, and science fiction studies, but such studies remain very rare in the French-speaking world. Most of the work focuses on its ideological, political, and social dimensions. Noteworthy are the early analyses of racial representations (Bernardi 1998, Kilgore 2003, Mittermeier and Spychala 2020), broader sociopolitical readings (Reagin 2013, Booker 2018), works on gender (Farghali and Bacon 2017, Mittermeier and Spychala 2020, Millsap-Spears 2024) and galactic diplomacy (Gonzalez 2015).

However, while the Star Trek universe has been the subject of an impressive amount of critical analysis, few works focus primarily on the construction of its fictional world as such—its internal logic, transmedia narrativity, and ontological plasticity. The notable exception is the field of fan studies, which examines how fan communities participate in the expansion, critique, or rewriting of the canon (Jenkins 1992, Falzone 2005, Drushel 2013), but without always articulating the aesthetic or narrative implications. Yet, from its inception, Star Trek has been viewed by some, such as Michael Moorcock (1968), as a true turning point for fiction and storytelling, ushering in a new demand for narrative diversity, social engagement with viewers, and the crossing of genre boundaries, integrating an interpenetration of scholarly texts with popular forms.

It therefore seems necessary today to examine Star Trek from the perspective of its narrative, aesthetic, and mythopoetic practices (Kapell 2010), refocusing attention on the modalities of its fictional construction. Far from rejecting the political and cultural approaches that have dominated research on Star Trek, this conference aims to extend them in another direction, by questioning what it means to “make worlds” in, around or from Star Trek. This conference, which celebrates the franchise's 60th anniversary, thus seeks to shift the focus to the worldbuilding of Star Trek, understood not as a fixed backdrop, but as a dynamic process, an expanding system, sometimes contradictory, always in transformation. This universe, which articulates continuities and ruptures through its many iterations, offers a privileged terrain for thinking about the creation of universes that are coherent in their very plasticity, as well as the tensions between continuity, divergence, and revival; utopia, dystopia, and uchronia; narrative, imagination, and encyclopedism.

Furthermore, the encyclopedic dimension of the Star Trek universe is sometimes so obvious that it has fueled the publication of works that treat its fictional material—considered an “expressive good” (Kavanagh et al 2001)—as real encyclopedias would (Ruditis 2013). And that's not to mention the science fiction megatext (Broderick 1995) and the xenoencyclopedia (Saint-Gelais 1999) that it has largely contributed to building and feeding: spaceships, teleporters, communicators and scanners, universal translators, androids, federation of planets, prime directive and first contact protocol, etc. There are countless examples of novums that built the fictional world of Star Trek before becoming essential elements of any space opera.

As part of this symposium, we invite you to reflect on the construction of the Star Trek universe, which is much broader than a simple possible world, using a variety of approaches: narratological, aesthetic, semiotic, intertextual, mediological, or anthropological. This may involve questioning:

  • the narrative modalities in Star Trek: serial forms, transmedia forms, experimental episodes, devices for linking or reconfiguring the diegetic world;
  • the tensions between coherence and contradiction in the extended universe (continuity, retcon, temporal paradoxes, parallel worlds);
  • the invention of languages such as Klingon (Lecercle 2015) as a poetics of otherness, or the universal translator as a politics of universalism;
    space exploration, time travel, and the virtual world (holodeck/holosuite) as modes of fictional expansion;
  • the use of mechanisms from human  history and mythology in the creation, by analogy, of worlds, peoples, and planets;       
  • reuse and intertextual appropriation (classic science fiction, Shakespearean tragedy, characters from detective novels or maritime novels, but also derivative works, pastiches [The OrvilleGalaxy QuestDans une galaxie près de chez vous, etc.], tributes, parodies, and fan fictions);
  • the interactions between official texts and fan productions (fanlore, slash fiction, community encyclopedias) as reconfigurations of the shared world.

This symposium therefore aims to join the current debates on transmedia (Baroni 2017) and seriality (Mittell 2015, Letourneux 2017, Favard 2018, Machinal 2020) narratology, speculative fiction (Forêt and Yulmuk-Bray 2024, Stengers 2020 and 2000), the poetics of myth, and the contemporary construction of imaginary worlds (Kapell 2010, Besson 2015). The aim is therefore to think of Star Trek not only as a critical mirror of the world, but also as a fictional and narrative machine, self-reflexive and constantly expanding, which raises fundamental questions about narration (from the point of view of both its creation and its reception), coherence, norms, and otherness.

The conference will take place from Thursday, September 17 to Saturday, September 19, 2026, at the British College at the Cité internationale in Paris. Proposals for papers (25 min) of no more than 350 words, accompanied by a short bio-bibliographical note, should be sent before January 15, 2026, to the following address: startrekparis2026@gmail.com. Papers may be in French or English.

Organizing committee: Elaine Després (University of Quebec in Montreal), Florent Favard (University of Lorraine, CREM), Anaïs Guilet (University of Savoie Mont Blanc, LLSETI Laboratory), Hélène Machinal (University of Rennes 2, ACE) and Jessy Neau (University of Poitiers, FoReLLIS).

Bibliography

  • Baroni, Raphaël. (2017). “Pour une narratologie transmédiale”. Poétique, no 182 (2), pp. 155-175.
  • Bernardi, Daniel. (1998). Star Trek and History : Race-Ing toward a White Future. New Brunswick: Rutgers UP.
  • Besson, Anne (2015). Constellations. Des mondes fictionnels dans l’imaginaire contemporain. Paris: CNRS edition.
  • Booker, M. Keith (2018). Star Trek: A Cultural History. New York: Rowman & Littlefield.
  • Broderick, Damien (1995). Reading by Starlight: Postmodern Science Fiction. New York: Routledge.
  • Després, Elaine (2020). “La sentience des androïdes : de Star Trek à Westworld”. In J.-F. Chassay and I. Boof-Vermesse (eds), L’âge des postmachines, Montréal: PUM, pp. 73-92.
  • Després, Elaine (2019), “Voyage (impromptu et déroutant) au bout de l’univers”. Otrante, art et littérature fantastique, no 46, automne, pp. 13-33.
  • Drushel, Bruce E. (ed) (2013). Fan Phenomena: Star Trek, Bristol: Intellect Books.
  • Falzone,  Paul J. (2005). “The Final Frontier Is Queer: Aberrancy, Archetype and Audience Generated Folklore in K/S Slashfiction”. Western Folklore, summer-fall, vol. 64, no 3/4, pp. 243-261. https://www.jstor.org/stable/25474751.
  • Farghali, Nadine and Bacon, Simon (2017). To Boldly Go. Essays on Gender and Identity in the Star Trek Universe. Jefferson: McFarland.
  • Favard, Florent (2018). Le récit dans les séries de science-fiction. De Star Trek à X-Files. Paris: Armand Colin.
  • Favard, Florent et Hélène Machinal (dir.) (2019). “La sérialité en question”. TV/series, no 13.
  • Favard, Florent et Hélène Machinal (dir.) (2022). “Séries télévisées de science-fiction”. Res Futurae, no 19.
  • Forêt, Marceau et Yulmuk-Bray, Ketzali (2024). “Nouvelle alliance entre science et fiction”. Revue critique de fixxion française contemporaine, no 28. https://doi.org/10.4000/11u01
  • Gonzalez, Georges A. (2015). The Politics of Star Trek. Justice, War, and the Future. New York: Palgrave MacMillan.
  • Jenkins, Henry (2006). Convergence Culture: Where Old and New Media Collide. New York: New York University Press.
  • Jenkins, Henry (1992). Textual Poachers: Television Fans and Participatory Culture. New York: Routledge.
  • Kapell, Matthew Wilhelm (ed) (2010), Star Trek as Myth: Essays on Symbol and Archetype at the Final Frontier. Jefferson: McFarland.
  • Kilgore, De Witt Douglas (2003). Astrofuturism: Science, Race, and Visions of Utopia in Space. Philadelphia: University of Pennsylvania Press.
  • Lecercle, Jean-Jacques (2015). “Bleghbe’chugh vaj blHegh! From an Ethics of Alterity to a Politics of Style”. In M. Rospide and S. Sorlin (eds), The Ethics of Alterity : New perspectives on Genre Literature, Cambridge: Cambridge Publishers, pp. 14-32.
  • Letourneux, Matthieu (2017). Fictions à la chaîne. Paris: Seuil.
  • Machinal, Hélène (2020). Posthumains en série. Tours: Presses universitaires François-Rabelais.
  • Millsap-Spears, Carey (2024). Star Trek Discovery and the Female Gothic. Lanham: Lexington Books.
  • Mittell, Jason (2015). Complex TV: The Poetics of Contemporary Television Storytelling. New York: NYU Press.
  • Mittermeier, Sabrina and Garcia-Siino, Leimar (eds) (2022). The Routledge Handbook of Star Trek. New York: Routledge.
  • Mittermeier, Sabrina and Spychala, Mareile (eds) (2020). Fighting for the Future – Essays on Star Trek: Discovery. Liverpool: Liverpool University Press.
  • Neau, Jessy (2024). “Star Trek: The Next Generation (1987-1994) : un procès caché de l’humanité en sept saisons”, TV/Series, no 23.  https://doi.org/10.4000/12lhs 
  • Reagin, Nancy (2013). Star Trek and History. Hoboken: Wiley.
  • Ruditis, Paul (2013). Star Trek: The Visual Dictionary: The Ultimate Guide to Characters, Aliens, and Technology. London: DK.
  • Saint-Gelais, Richard (1999). L’empire du pseudo. Modernités de la science-fiction. Québec: Nota Bene.
  • Stengers, Isabelle (2020). “Ursula Le Guin-Penser en mode SF”. Épistémocritique, hors série, https://epistemocritique.org/ursula-le-guin-penser-en-mode-sf/ 
  • Stengers, Isabelle (2000). “Science-fiction et expérimentation”. In Philosophie et science-fiction, Bruxelles: Vrin.

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Editorial n°3, par Anne Besson

Au royaume de la fiction, chez les fans de livres

Par Anne BESSON le 28 mai 2025

Des queues qui s’étirent devant les chapiteaux accueillant des conférences. Tout le monde ne pourra pas y accéder, le public est trop nombreux. D’autres plus longues encore pour gagner le privilège de dire quelques mots à des auteurs et autrices et recueillir leurs signatures. Enormément de monde, lecteurs et lectrices jeunes ou très jeunes, des femmes en majorité mais des hommes également, parfois costumés, souvent portant fièrement des tee-shirts proclamant l’amour des livres, tirant de petits chariots pour pouvoir accumuler davantage d’achats…. On se croirait dans un roman de Jasper Fforde, dans l’univers alternatif qu’il a imaginé autour de la détective littéraire Thursday Next, un monde où la passion pour la fiction est une pratique sociale partagée, où les soldes en librairie déclenchent des émeutes, où Shakespeare est vraiment l’objet d’un culte, contesté par les fans rivaux de Marlowe… Ce monde rêvé, où les amoureux du livre sont partout, existe bien, sous format microcosme, le temps d’un week-end.

Je reviens du festival de littératures de l’imaginaire « Les Imaginales » à Epinal, où je me rends pour chaque édition, pouvant ainsi constater à quel point il croît, combien son public s’étend année après année. Au bord de la Moselle, dans un parc verdoyant ponctué de « Magic Mirrors », s’étend un royaume d’évasion par le livre, un lieu où règne une passion ardente pour la chose écrite, qu’on pourrait parfois croire éteinte, dont on constate au contraire la vitalité bouillonnante auprès de jeunes générations… Ces lectrices vivent de romance et de fantasy, considérant que l’immersion fictionnelle dans d’autres mondes constitue une part majeure de leur existence. Des Bovary peut-être, mais en réseau, échangeant entre elles, se conseillant et se soutenant ; lucides aussi sur l’irréalisme exacerbé de leurs préférences, dans des genres où la magie, les espaces lointains, les royaumes infernaux, gardent toujours fermement le quotidien à distance.

Quand bien même les romans plébiscités, souvent déconsidérés, les aideraient-ils seulement à vivre, ce ne serait déjà pas rien. Mais ils ne sont pas toujours vains ou creux. La star de cette édition était une certaine Rebecca Kuang, qui a publié sous le nom R.F. Kuang en 2022 aux Etats-Unis Babel: Or the Necessity of Violence: An Arcane History of the Oxford Translators' Revolution, best-seller adoré des jeunes lectrices d’Instagram et Tik-Tok. De quoi s’agit-il ? Dans un monde qui ressemble au nôtre à la fin du XIXe siècle, la magie est dans les mots – comme bien souvent – et plus exactement dans la traduction. Elle se niche dans l’interstice entre les langues, dans les nuances de l’une à l’autre, qui ne se perdent pas, mais se transforment : la part d’intraduisible est une puissante énergie. Tous ses exemples, et tous ses spécialistes, sont à Oxford. Ils viennent de partout dans le monde, mais la domination anglaise s’exerce sur chacun. Littéralisant le savoir comme pouvoir, la force des différences culturelles et l’accaparement des richesses, le roman est un brûlot politique sur l’appropriation culturelle et la « nécessité de la violence » contre un capitalisme néo-colonialiste prédateur… Peut-être faut-il toujours se méfier des lectrices en effet !

Catégorie : Actualités / Événements

Helsinki: Seminar on the question of Fictionality

deadline: 15 August 2025

Par Kai MIKKONEN le 7 juillet 2025

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One-day seminar on the question of Fictionality will take place at the University of Helsinki on Monday the 20th October 2025
The keynote speaker will be Nicholas Paige, Professor of French Literature, University of California/Berkeley.  
Other invited speakers include: Associate professor Alexander Yudin, Taras Shevchenko National University of Kyiv, Ukraine (online), and PhD Juulia Jaulimo (University of Helsinki). Postdoc researcher Daria Kondakova (University of Helsinki, formerly Dragomanov University, Kyiv) will provide comments to Alexander Yudin’s presentation. 
Professor Paige is best known for his Technologies of the Novel: Quantitative Data and the Evolution of Literary Systems (Cambridge UP, 2021), which aims to be the first quantitative history of the novel via a systematic sampling of French- and English-language novels over the years 1600-1830, and Before Fiction: The Ancien Régime of the Novel (U Penn Press, 2011) that provides a history of the novel from the point of view of fictionality. Fictionality here refers mainly to the notion that literary characters need not be “real people” but can still be credible and compelling. Please see Prof. Paige’s home page:
https://french.berkeley.edu/people/nicholas-paige
Please get in touch with me if you are interested in participating in the meeting and giving a paper. The event is organized as part of the research seminar in literary studies and under the auspices of the Method and Matter research network at the University of Helsinki. The deadline for proposals is 15 August 2025.
 
Contact: kai.mikkonen@helsinki.fi Kai Mikkonen, professor in comparative literature, University of Helsinki.

Qui a peur de la fiction ?

Par Françoise LAVOCAT le 20 novembre 2024

Workshop au congrès de l’AILC (Association Internationale de Littérature Comparée)

à Dongguk University, Séoul (Corée du Sud)

du 28 juillet au 1er août 2025

--> date limite de soumission: le 14 février 2025

 

Charlotte KRAUSS, Professeure de littérature comparée à l’Université de Poitiers (France)

Françoise LAVOCAT, Professeure de littérature comparée à l’Université Sorbonne nouvelle (France)

charlotte.krauss@univ-poitiers.fr et francoise.lavocat@sorbonne-nouvelle.fr

 

 

 

Peur, mépris, haine, hostilité plus ou moins explicite : les sentiments négatifs à l’égard de la fiction se sont souvent exprimés dans l’histoire de la pensée, notamment en Occident. Les motivations de cette méfiance sont diverses : politiques, religieuses, morales, esthétiques…. Elles se reflètent dans des listes d’œuvres mises à l’index, dans des traités critiques, dans la création d’organismes veillant au respect des bonnes mœurs ou à la protection des mineurs, mais aussi dans des œuvres fictionnelles qui thématisent cette hostilité de manière inquiète, humoristique ou parodique. Si beaucoup a déjà été dit sur Don Quichotte ou Emma Bovary succombant à l’influence de romans d’un genre spécifique considéré comme néfaste, l’objectif de ce workshop est plus général. Il s’agit d’observer l’hostilité générée par la fiction en tant que monde habité de personnages imaginaires, dans différentes aires culturelles et différents médiums : l’apparition d’un nouveau medium, en effet, réactive la peur de l’immersion fictionnelle qui pourrait happer le lecteur. La fiction est accusée de ne pas dire la vérité, de détourner le public d’occupations sérieuses, si ce n’est de pervertir les esprits et d’inspirer des comportements déviants. L’expression d’une l’hostilité envers la fiction s’accompagne en outre souvent d’une préférence marquée pour les faits historiques, l’écriture documentaire ou le récit factuel.

Mais la peur de la fiction a-t-elle toujours été exprimée de la même façon, avec les mêmes arguments, les mêmes images ? Quels sont les contextes et les écoles de pensée qui favorisent la méfiance envers des productions de l’imaginaire ? L’hostilité à l’égard de la fiction est-elle un invariant anthropologique, ou est-elle conjoncturelle, ressurgissant périodiquement à la faveur de régimes autoritaires, de ferveur politique exclusive, de fanatismes religieux, au moment de l’invention de nouveaux médias ou encore, sous la domination de poétiques formalistes ?

L’objet de ce workshop est d’apporter des éléments de réponse à ces questions, en privilégiant des éclairages comparatistes et diachroniques, et en prenant pour objet d’étude soit des ouvrages critiques et philosophiques, soit des œuvres littéraires ou artistiques qui illustrent cette hostilité (qu’elles l’expriment ou la dénoncent ou qu’elles en aient été la cible). Les contributions évoquant des aires culturelles non européennes sont particulièrement bienvenues. Les communications pourront faire appel à l’analyse littéraire, l’analyse du discours, que l’histoire des idées, la traduction et les sciences cognitives.

Les angles d’approches, de façon non exhaustive, pourraient être les suivantes :

- L’analyse des périodes et des contextes qui favorisent l’expression d’une hostilité à la fiction.

- Les modes d’expression de l’hostilité à la fiction, dans des œuvres fictionnelles ou non : arguments, réseaux d’images, modes narratifs.

- L’attaque dirigée contre certains médias (selon les époques, la littérature, le théâtre, le cinéma, la bande dessinée, la télévision, les jeux vidéo), en tant qu’ils sont censés, notamment, favoriser une immersion fictionnelle jugée néfaste ou incontrôlable.

- L’association de l’immersion fictionnelle avec une forme de bêtise, éventuellement associée à l’enfance, à la féminité, au peuple.

- Le lieu commun de la fatigue, voire de l’exaspération à l’égard des stéréotypes supposés de la fiction.

- On pourra également s’interroger sur la dévalorisation implicite que recouvrent certaines catégories littéraires, comme « l’escapisme », l’opposition anglo-saxonne entre « novel » et « romance », ou encore la « distanciation » brechtienne. Des concepts critiques de ce type existent-ils dans d’autres langues ou d’autres cultures ?

- Que recouvre la traduction du mot « fiction » dans d’autres langues ? Certains mots qui la désignent ne recouvrent-ils pas une dévalorisation implicite (avec des idéogrammes signifiant le vide, par exemple ?)

- Comment les lois (à différentes époques et dans différents environnements culturels) attaquent ou défendent-elles la fiction ?

 

 

 

Si vous souhaitez demander des informations, écrivez aux organisatrices du workshop :

 

Charlotte KRAUSS et Françoise LAVOCAT

charlotte.krauss@univ-poitiers.fr et francoise.lavocat@sorbonne-nouvelle.fr

 

Merci de soumettre votre proposition de communication (en français ou en anglais) directement sur le site du congrès, ici :

 

https://icla2025-seoul.kr/en

 

Choisissez (1) la rubrique « Individual Sessions », puis (2) la rubrique « Accepted Open Group Individual Session Proposals », puis (3) le workshop « Who is afraid of fiction ? »

 

La date limite de soumission est le 31 janvier 2025. Les notifications d’acceptation seront envoyées en février.

Editorial n°2, by Akihiro Kubo

Retour sur le colloque 'Degrés de fictionnalité'

Par Anne BESSON le 24 janvier 2025

Il est tout à fait légitime – et même courant – de parler de « degrés » de fictionnalité. Ne dit-on pas que Le Seigneur des anneaux est plus fictionnel que Le Père Goriot, ou qu’A la recherche du temps perdu l’est moins que le roman de Balzac ? Or, ces usages qui relèvent du langage ordinaire deviennent problématiques dès qu’on tente de définir la nature de la fiction : qu’il s’agisse d’une approche sémantique (fiction comme discours non-référentiel) ou pragmatique (fiction comme feintise partagée), les théoriciens de la fiction adoptent souvent une définition binaire, opposant la fictionnalité à la non-fictionnalité (ou à la factualité). L’hybridité de la fiction a en effet suscité de nombreuses controverses, comme en témoignent les débats autour du statut générique de l’autofiction ou encore de la valeur référentielle des noms propres dans l’œuvre de fiction. C’est pour explorer ces questions épineuses dans une perspective transculturelle et transdisciplinaire que nous avons choisi de consacrer le troisième congrès international de notre société aux « degrés de fictionnalité ».

Ce colloque s’est tenu à l’Université Kwansei Gakuin (Hyogo, Japon) les 18, 19 et 20 octobre 2024, en présentiel et en ligne. Il a rassemblé 77 chercheurs provenant de plus de 15 pays, dont une cinquantaine se sont déplacés pour se rendre sur les deux campus de l’université situés à Osaka et à Nishinomya. Les participants ont pu consulter, en amont, les documents issus des journées d’études organisées par Alison James, Françoise Lavocat et moi-même dans le Centre parisien de l’Université de Chicago, en juin de la même année, et dont l’objectif était de préciser et d’approfondir les enjeux théoriques de cette question. 

Les communications présentées lors de notre colloque ont illustré une grande diversité culturelle et disciplinaire. Elles ont permis de comparer les spécificités narratives des romans autobiographiques ou des autofictions, mais aussi de la SF ou de la fantasy à travers le monde. Nous avons également pu réfléchir au statut du réalisme dans différentes aires culturelles ou nous demander dans quelle mesure les degrés de fictionnalité sont historiques. Si une grande partie des communications portait sur la littérature, d’autres médias ont également été examinés : films, bandes dessinées, jeux vidéo ou encore vidéos sur Youtube. Ces interventions ont exploré non seulement l’hybridité propre à ces supports, mais aussi la transmédialité de la fiction. Les communications consacrées aux questions théoriques se sont révélées aussi nombreuses qu’enrichissantes. Les concepts narratologiques ont été revisités (la métalepse a constitué une session à elle seule). L’approche rhétorique de la fictionnalité, distinguant fiction globale et fiction partielle, a suscité plusieurs débats. Il va sans dire que les réflexions philosophiques ont occupé une place importante dans notre colloque. Contentons nous de signaler que plusieurs communications, s’appuyant sur la philosophie analytique ou sur les sciences cognitives, ont examiné l’hybridité des œuvres fictionnelles sous l’angle des mécanismes et des fonctions de l’imagination ou de la croyance.

Le congrès s’est déroulé en trois sessions parallèles, ce qui a malheureusement empêché les participants d’assister à toutes les communications (cette frustration a partiellement été atténuée grâce aux enregistrements, désormais accessibles aux membres de la société). Nous avons eu aussi le plaisir de nous réunir pour écouter deux conférences plénières. Selon la proposition d’Anne Duprat, la temporalité fictionnelle se caractérise par sa « structure graduelle », qu’elle a explorée dans ses différents états. Cette temporalité qui agit à la fois comme métaphore et modèle du temps réel suggère une ontologie « mobiliste », c’est-à-dire fondée sur les événements. Jean-Marie Schaeffer, quant à lui, est revenu sur les trois définitions classiques de la fiction – sémantique, syntaxique et pragmatique. Il a conclu que seule une définition « faible », issue de l’approche pragmatique impliquant en réalité une exclusion forte de la définition sémantique, permettrait d’apprécier pleinement l’hybridité et les degrés de fictionnalité. Il a également souligné que, du point de vue anthropologique, la fiction est vécue dans une zone psychique où imagination et réalité s’entremêlent. Ajoutons que cette dernière conférence, suivie par un entretien avec Yasusuke Oura, a aussi été l’occasion pour rendre hommage aux deux chercheurs pour leurs contributions majeures à l’étude de la fiction.

A l’hommage s’ajoute un encouragement : depuis le colloque de Chicago, la société décerne un prix destiné à soutenir les chercheuses et chercheurs en début de carrière. Celui de cette année a été décerné à Jeppe Barnwell pour son article stimulant intitulé « Fictionality, Fictionhood, and Fiction – Towards a New Typology of Fictional Invention ». Compte tenu de la grande qualité des autres contributions soumises, le comité a par ailleurs décidé d’honorer Emilio Gianotti, pour « World Hoarding : Hypermodernity and Multiverse Fictions », et Yang Liu, pour « The Spectres of Realism ». La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans une ambiance amicale, à l’occasion du cocktail organisé après une journée riche en réflexions et en échanges. 

Ainsi, ce colloque s’achève avec succès. Je tiens à remercier chaleureusement tous les participants, mes co-organisatrices, Françoise Lavocat et Alison James, le comité de la SIRFF/ASIFF, ainsi que mes amis et mes étudiantes qui ont apporté leur aide précieuse. Comme l’a fait remarquer Françoise Lavocat dans son dernier éditorial, ce colloque marque la fin du cycle lié à la fondation de la société. Le prochain colloque, prévu en 2026, inaugurera une nouvelle étape pour la SIRFF/ASIFF, mais le plaisir de nous retrouver et d’échanger restera inchangé.

Who is afraid of fiction? - Programm of open group at the ICLA Congress Seoul 2025

July 31 - August 1st - workshop organized by Françoise Lavocat and Charlotte Krauss

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 18 juillet 2025

header

Who is afraid of fiction?

OPEN GROUP n° G94 at the ICLA Congress Seoul 2025

 

Workshop organized by Françoise Lavocat and Charlotte Krauss

with the support of ASIFF / SIRFF

 

PROGRAMM

room for all sessions KINTEX 1 204

 

Session 1 Fiction and Interpretation

Thursday, July 31, 11:00-12:30

Charlotte KrausS, Françoise Lavocat

Welcome and Introduction

Brian Richardson

Reader Beware: Faulty Interpreters of Dubious Fictions

Charlotte Krauss

Fear of comics – fear of fiction?

Otto Pfersmann

Narrative Fiction and Normative Fiction

 

Session 2: Fiction and Political Issues

Thursday, July 31, 13:30 - 15:00

Chairperson : Akihiro Kubo

Michèle Bokobza Kahan

La fiction romanesque comme antidote au dogmatisme au siècle des Lumières

Crina BUD

The Double Threat of Fiction: Escapism and Documentation

Yiting WO 

Résistance à l’immersion fictionnelle et effondrement de l’espace poétique

Xiaofang LIU

Attitudes Toward Fiction in Ancient Greek and Chinese Philosophy: Implications for AI Ethics in Western and Chinese Societies

 

Session 3: Hate of Fiction and Gender

Friday August 1st, 9:00 - 10:30

Chairperson : Michèle Bokobsa-Kahan

Henning HUFNAGEL

Tender Rhetorics and Rhetorics of Realism: Stimulants and Sedatives Against the Fear of Fiction

Françoise LAVOCAT

What harm does fiction do to women?

Yian ZHU

“Stopping Me to Take Martin Chuzzlewit for State-Security Purposes”: the Troubles and “Suspicious” Reading Fiction-While-Walking in Anna Burns’ Milkman

 

Session 4: The Conflict between Fiction and History

Friday August 1st, 11:00 - 12:30

Chairperson : Crina Bud

Barbara BISETTO

The ratio of fiction: looking for a safety threshold

Beatriz SEELAENDER

A True(ish) (Hi)Story: The (B)Onus of Historical Fiction in Classical Reception

Akihiro KUBO

L’art du témoignage et le rejet de la fiction – les critiques de la fiction chez Claude Lanzmann

Danqi LU

Renegotiating Frontiers of Fact and Fiction in Ma Boyong’s “Historical Possibility Novels”

 

Session 5: Novel, Identity, First-Person Narrative

Friday, August 1st, 13:30 - 15:00

Chairperson : Charlotte Krauss and Françoise Lavocat

Marie-Noëlle BEAUVIEUX

Fiction and artistic value in modern Japan: literature and cultural identity discourses

Purba BASAK

Who is afraid of reading Dalit fiction?

Alison JAMES

Fiction as Impersonation

Charlotte KRAUSS, Françoise LAVOCAT 

Conclusion



For the ICLA-congress, see here: https://icla2025-seoul.kr/en

Catégorie : Membres

Teresa MARQUES

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 24 janvier 2025

Catégorie : Événements

Avatars, Assistants, Chatbots. New Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)

Warsaw, 8-9 April

Par Anne BESSON le 11 mars 2025

ImageAvatars_Varsovie.jpg
The Institute of Literary Research of the Polish Academy of Sciences, Warsaw, April 8–9 2025Conference partner: The Games Studies Research Centre, The University of Silesia, Katowice   
Avatars, Assistants, Chatbots.New Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)

https://sdnh.uw.edu.pl/en/2024/12/conference-avatars-assistants-chatbots-new-fictional-characters-in-contemporary-culture-from-literature-to-new-media/

 
The Department of Historical Poetics and the Center for Digital Humanities at the Institute of Literary Research, Polish Academy of Sciences cordially invite you to the international conference “Avatars, Assistants, Chatbots. Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)”.
The conference aims to reflect on the status of a technological fictional entity in various practices of contemporary multi-media culture. The collective imagination holds firmly cyborgs, androids, and xenomorphs. The interactive technological entities with anthropomorphic characteristics pose a new challenge for cultural, media, and literary reflection on fictional creations. The development of technology and the media revolution gave rise to the emergence of previously unprecedented classes of entities, starting with virtual assistants providing support in the use of digital devices, avatars as real people's identities, and ending with the famous Chat GTP. They radically change the existing concepts of ontology and the identity of a fictional character, transform the definition of fiction, and complicate the relationship between the recipient of fiction and the character immersed in fiction. Moreover, the culture of convergence has enabled the appearance of characters functioning in complementary stories across media (Thon 2016). Transfictionality (Saint-Gelais 2011) allows them to appear in various extensions of earlier fiction. We want to reflect on the ontology of these digital companions of today’s participants in digital culture and their relationships with the protagonists of printed and digital literature to recognize potential similarities between them and fundamental differences. The principles and effects of various interactions with the technological “other” also seem to demand profound discussion, starting from using avatars in digital media, through the problems of digital translation, to the consequences of these interactions for communication theory (Meadows 2008). 
One of the consequences of these uses of avatars is also the process of blurring the border between participants in fictional events, and the inhabitants of fictional worlds (Maj 2019) and their recipients/ users (in video games, digital literature, virtual or augmented reality, digital applications and utility programs). The process of becoming the protagonist of a story often takes place in real time via streaming on social media, and it achieves global reach. Activating the recipient and including him in the world of narrative (in printed and digital literature (Winiecka 2020) and video games (Kłosiński 2018)) can be grasped in its fluctuating, historical forms (cf. various strategies of addressing the addressee in literary communication, narrative genres and forms based on the implied presence of the listener). Another area of reflection may be the analysis of techniques for breaking the fourth wall (Brown 2013) and metaleptic procedures (Hanebeck 2017), aimed at questioning the division of the roles of the fictional character and the recipient of fiction (in literature and the visual arts). Worth considering are also experiments with the embodiment of the recipient as a category in both the construction of a multimedia text and the environment of its reception.Literary scholars, media scholars, designers, and video game researchers interested in the practices and forms of multimedia digital culture are kindly invited to discuss these issues of contemporary culture.
Special guests include:
prof. Alice Bell (Sheffield Hallam University)prof. Jan-Noël Thon (Universität Osnabrück)dr hab. Michał Kłosiński (Uniwersytet Śląski)
Catégorie : Actualités / Événements

ATTENTION FICTION ! MONDES IMAGINAIRES, POSSIBLES NARRATIFS ET FICTIONS PENSANTES DE L'ÂGE CLASSIQUE AUX INTELLIGENCES ARTIFICIELLES

Colloque à Cerisy du 19 au 25 juin 2025 organisé par Françoise Lavocat et Franck Salaün

Par Charlotte KRAUSS le 21 juin 2025

Illustration du colloque "Attention fiction ! Mondes imaginaires, possibles narratifs et fictions pensantes de l'âge classique aux intelligences artificielles" (2025)

D'après Orson Welles, Don Quijote, 1955-1972,
inachevé, sortie posthume en 1992

ATTENTION FICTION !

MONDES IMAGINAIRES, POSSIBLES NARRATIFS ET FICTIONS PENSANTES
DE L'ÂGE CLASSIQUE AUX INTELLIGENCES ARTIFICIELLES


DU JEUDI 19 JUIN (19 H) AU MERCREDI 25 JUIN (14 H) 2025



DIRECTION :

Françoise LAVOCAT, Franck SALAÜN


COMITÉ D'ORGANISATION :

Nathalie KREMER, Anthony MANGEON, Pascal NOUVEL


pour plus d'infos: https://cerisy-colloques.fr/fiction2025/



ARGUMENT :

Longtemps considérée comme contraire au savoir et à l'utile, trompeuse, corruptrice, la fiction a largement pris sa revanche. On lui prête aujourd'hui d'innombrables vertus (pour l'éducation de l'enfant à la sociabilité, pour le développement de l'empathie chez l'individu, pour le soin et même pour la préservation de l'espèce), tant et si bien que la frontière entre le fictif et le réel peut parfois sembler disparaître. Elle dirait aussi bien ou mieux la réalité que le récit historique, elle permettrait au lecteur de développer son sens moral ou d'accéder à la complexité du réel en le plongeant dans des expériences de pensée ou des études de cas.

Ce colloque réunira des écrivains, des universitaires et des comédiens dans le but de dresser un état des lieux des théories et des usages de la fiction, en explorant notamment les oppositions traditionnelles ou plus récentes, les frontières et les intersections. On s'interrogera collectivement sur ce retour en grâce et les éventuels malentendus qu'il pourrait cacher, mais surtout sur la nature de la fiction, ses présupposés anthropologiques et ses multiples potentialités. Les conférences, tables rondes, ateliers et spectacles permettront en particulier d'explorer les mondes imaginaires, les possibles narratifs et les fictions pensantes.


MOTS-CLÉS :

Éducation, Fake news, Fiction, Fictionnalité, Imagination, Intelligence artificielle, Philosophie, Réalité, Récit, Référentialité, Roman, Story-telling, Théâtre, Théorie littéraire


CALENDRIER PROVISOIRE (19/06/2025) :

Jeudi 19 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Vendredi 20 juin
USAGES ET FRONTIÈRES DE LA FICTION DU XVIe SIÈCLE À AUJOURD'HUI
Matin
Françoise LAVOCAT, Pascal NOUVEL & Franck SALAÜN : Introduction

Présentation de la Société internationale des recherches sur la fiction et la fictionnalité (SIRFF)

Après-midi
Charlotte KRAUSS : Les Cités obscures de Schuiten et Peeters comme fictions pensantes

Les dangers de la fiction, atelier avec l'aide de Luca PENGE

Soirée
Linda GIL : Cunégonde ou Voltaire contre ses interprètes [conférence interactive]


Samedi 21 juin
Matin
TÉMOIGNAGE ET FICTION
Dominique MEMMI : Vers une vengeance des femmes ? Fictions et sciences sociales
Aude DÉRUELLE : Le désir de roman des historiens

Après-midi
L'UNIVERS DU ROMAN SANS FICTION. AUTOUR DU TRAVAIL DE PATRICK DEVILLE
Table ronde et lectures, avec Patrick DEVILLE, Linda GIL, Françoise LAVOCAT et Franck SALAÜN

Soirée
En commun avec le colloque en parallèle : L'équipe de film à l'épreuve du territoire


Dimanche 22 juin
Matin
PENSER DANS ET PAR LA FICTION
Ridha BOULAÂBI : Mise en fiction des enjeux postcoloniaux
Anthony MANGEON : Fictions primates : quand les singes parlent [visioconférence]

Après-midi
ESPACES FICTIONNELS
Franck SALÄUN : Figurer la grande pantomime du Neveu de Rameau, avec Michel TOMAN

À propos de La Blessure et la Soif, avec Pascal NOUVEL, Laurence PLAZENET et Catherine SCHAUB

Soirée
La Blessure et la Soif, lecture par Cassandre VITTU DE KERRAOUL


Lundi 23 juin
Matin
ARBITRAIRE DU TEXTE ET VÉRITÉ DE LA FICTION
Franc SCHUEREWEGEN : Attention fiction d'auteur (sur Racine, entre autres)
Sjef HOUPPERMANS : Impressions d'Afrique de Raymond Roussel
Répondante : Camille BORTIER

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
En commun avec le colloque en parallèle : L'équipe de film à l'épreuve du territoire


Mardi 24 juin
Matin
LES ENJEUX DU RÉCIT
Colas DUFLO : Le "roman politique" au XVIIIe siècle ou la philosophie politique par fiction
Pascal NOUVEL : Histoire, politique et puissance du narratif

Après-midi
Présentation de mise en voix de contes, écrits par les élèves de 6ème du collège Anne Heurgon-Desjardins de Cerisy-la-Salle

FAÇONS DE REPRÉSENTER
Ivan JABLONKA : Représenter le féminicide avec des fictions
Nathalie KREMER & le ZufallKollektiv : Mettre en scène le Pygmalion de Rousseau

Soirée
Pygmalion de Rousseau, spectacle par le ZufallKollektiv (Suisse) : Dominique BOURQUIN, Joséphine DE WECK, Simon LAMBELET, Nicolas MÜLLER et Michel TOMAN


Mercredi 25 juin
Matin
MYSTIFICATIONS, SAVOIRS, DROITS : L'AVENIR DE LA FICTION
Table ronde, puis Rapports d'étonnement des doctorants (coordonnés par Luca PENGE)

Après-midi
DÉPARTS


SOUTIENS :

• Institut universitaire de France (IUF)
• Institut de recherche sur la Renaissance, l'Âge classique et les Lumières (IRCL, UMR 5186)

Catégorie : Actualités / Événements

Boucles : voyages temporels et paradoxes causaux

Colloque international à l'Université de Poitiers, 4-6 juin 2025

Par Jessy NEAU le 13 mai 2025

affiche Boucles temporelles idée 4.jpg
Colloque international organisé à l'Université de Poitiers dans le cadre du cycle "Temporalités" (UQAM / Univ. de Bourgogne / Rennes 2 / Paris 8 / Univ. de Bretagne Ouest / Montpellier 3 / Université de Poitiers)

Organisation: Jessy NEAU (Poitiers)


Programme
Université de Poitiers
Salle des Actes, UFR Lettres et Langues

Mercredi 04/06


14h : Ouverture du colloque
14h30 : Boucles et Histoire, boucles et uchronies
• Eric Puisais (Niort): « Et si Schrödinger… variations sur l’uchronie »
• Jean-Jacques Defert (Saint Mary’s): « Slipstreams dans la production culturelle autochtone »

15h40 : Boucles et dystopie
• Isabelle-Rachel Casta (Artois): « Moorcock et Vermes, une cyclicité à glacer le sens : quand le Christ n’est jamais venu et qu’Hitler se met à renaître…»
• Stanislas Derrien (Orléans): « ‘Stasis, but with circulation’ : Désamorcer la boucle, désenrayer le monde dans les "limbotopies" de Jasper Fforde »

17h : Conférence plénière de Françoise Lavocat (Sorbonne Nouvelle): « Narrations circulaires et paradoxe de la fiction »

Jeudi 05/06

9h00 : Macro-boucles : amplitude, cyclicité
• Anne Besson (Artois) : « Le cycle fait-il boucle ?»• Florent Favard (Lorraine), « Évolutions des boucles temporelles sérielles télévisuelles »

11h30 : Macro-boucles II

• Stella Louis (Sorbonne), «Deadpool… ou deadloop? l’exemple d’un personnage à la recherche d’un super-pouvoir narratif pour sortir de la boucle temporelle du MCU et sauver sa propre fiction »
• Sophie Beaulé (Saint Mary’s), «‘Vous êtes ICI’ : spirales et boucles dans le cycle du Pont d’Élisabeth Vonarburg»

13h30 : Itérations, récurrences

• Hélène Machinal (Rennes 2), « Des boucles aux voyages dans le temps : le cas de The Lazarus Project »• Nicole Bastin (Rennes 2), « The Last of Us Part II : la boucle interactive, pivot d’une dissertation sur le traumatisme »
• Marc Ang-Cho (Poitiers), « Deathloop: Le fonctionnement narratif et vidéoludique d’une boucle temporelle aliénante »

16h30 : Conférence plénière d’Elaine Després (UQAM): « Les boucles temporelles télésérielles: quand la contrainte ouvre des espaces de liberté »


Vendredi 06/06
9h00 : Trans-boucles : intertextualité, transfilmicité des boucles

• Denis Mellier (Poitiers), « Hitchcock 24/24 : les cernes et le permanent »
• Alistair Rolls (Newcastle), « Refaire des bords de fleuve : la quasi-gémellité de Fred Vargas »

11h30 : Retro-boucles : destins parallèles et nostalgie
• Jean-François Chassay (UQAM), « New York, la ville aux sentiers qui bifurquent »
• Louis-Paul Willis (UQAT), « Origines du désir : sur la mécanique nostalgique des boucles temporelles »

13h30 : Micro-boucles : suspensions, irruptions
• Charlotte Krauss (Poitiers), « Tourner en boucle : quand la tempête de neige brouille les pistes du temps et de l’espace »
• Anthony Morin-Hébert (UQAM): « Deux minutes plus tard : la latence au quotidien. Compression et démultiplication de la boucle causale »

15h30 : Morpho-boucles : formes et médialités de la boucle

• Alice Letoulat (Poitiers), « Formes du palindrome filmique chez Manoel de Oliveira »
• Camila Navas Andreoni (Poitiers), « Boucles temporelles en bande dessinée : récitatifs, pages blanches, sous-découpage»

17 h : clôture du colloque
Catégorie : Membres

Sonia TOUZ

Doctorante à l'Université de Rennes 2, UR APP

Par Anne BESSON le 18 novembre 2024

Discipline : Etudes cinématographiques
Champs de recherche : Esthétique, narratologie transmédiale
Catégorie : Membres

Marion DELARCHE

Par Anne BESSON le 12 mars 2025

Doctorante, EHESS - Centre Chine Corée Japon

marion.delarche@ehess.fr

Discipline : Littérature

Champ de recherche : Littérature coréenne

Mots-clés : Cinéma, Fiction et média, Romans, Réalisme, Sociologie

Paiement de la cotisation

par virement ou par carte bleue

Par Anne BESSON le 13 octobre 2024

Publication : Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat (dir.), The Routledge Handbook of Fiction and Belief

Londres, Routledge, 2023

Par Anne BESSON le 15 octobre 2024

The Routledge Handbook of Fiction and Belief offers a fresh reevaluation of the relationship between fiction and belief, surveying key debates and perspectives from a range of disciplines including narrative and cultural studies, science, religion, and politics. This volume draws on global, cutting edge research and theory to investigate the historically variable understandings of fictionality, and allows readers to grasp the role of fictions in our understanding of the world.

This interdisciplinary approach provides a thorough introduction to the fundamental themes of:

Theoretical and Philosophical Perspectives on Fiction
Fiction, Fact, and Science
Social Effects and Uses of Fiction
Fiction and Politics
Fiction and Religion

Questioning how fictions in fact shape, mediate or distort our beliefs about the real world, essays in this volume outline the state of theoretical debates from the perspectives of literary theory, philosophy, sociology, religious studies, history, and the cognitive sciences. It aims to take stock of the real or supposed effects that fiction has on the world, and to offer a wide-reaching reflection on the implications of belief in fictions in the so-called “post-truth” era

Contents

Introduction

Alison James, Akihiro Kubo, and Françoise Lavocat

Part I: Believing in Fiction: Philosophical and Theoretical Perspectives

Belief, Imagination, and the Nature of Fiction

Stacie Friend

The "Willing Suspension of Disbelief": The Long History of a Short Phrase

Nicholas Paige

The Fictionality of Games and the Ludic Nature of Fiction: Make-believe, Immersion, Play

Marie-Laure Ryan

Fictional Emotions and Belief

Eva-Maria Konrad

Fictional Characters and Belief

Thomas Pavel

Fictionality, the Zone of Generic Fiction, and the Allure of Unreliable Narration

James Phelan

Belief is a Mess. That Makes it Good for Fiction. (A Perspective from Cognitive Literary Theory)

Lisa Zunshine

Fiction and Historiography

Annick Louis

Fiction and Scientific Knowledge

Adam Toon

Learning from Fiction

Gregory Currie, Heather Ferguson, Jacopo Frascaroli, Stacie Friend, Kayleigh Green, and Lena Wimmer

Part II: From Fiction to Belief: Social and Political Effects

Do Fictions Impact People’s Beliefs? A Critical View

Nicolas Baumard and Edgar Dubourg

The Impact of Fiction on Beliefs about Gender

Vera Nünning

Implicit Bias, Fiction, and Belief

Kris Goffin and Agnes Moors

Children’s Ideas about Stories and about Reality

Ayse Payir and Paul L. Harris

From Suspension of Disbelief to Production of Belief: The Case of Alternate Reality Games

Patrick Jagoda

Interactive Environments and Fictional Engagement

Olivier Caïra

Fake News and Fictional News

Jessica Pepp, Rachel Sterken and Eliot Michaelson

Trust, Credulity, and Speech

Philippe Roussin

Literature on Credit: Fiction and the Fiduciary Paradigm

Emmanuel Bouju

Fifth Generation Fictionality? Fiction, Politics, War

Henrik Zetterberg-Nielsen

Uses of Fantasy Fiction in Contemporary Political Mobilization

Anne Besson

Fiction, Belief, and Postcolonial Criticism

Alok Yadav

Can Fictions Predict the Future?

Anne Duprat

Dystopian Fictions and Contemporary Fears

Jean-Paul Engélibert

Fiction, Belief, and Climate Change: Paratexts, Skeptics, and Objects of Care

Erin James

Part III: Fiction and Religious Belief

Greek Mythology: Discourse, Belief, and Ritual Action

Claude Calame

Fiction and Belief: Approaching Medieval Latin Christendom

Julie Orlemanski

Literary Fictions, Religious "Fables," and Unbelief in the West

Nicolas Correard

Saints, Between Faith, Belief, and Fiction

Barbara Selmeci Castioni

The Role of Fiction in Buddhist Hagiography: The Case of Shinran

Markus Rüsch

Fiction and Belief in Ancient and Early Medieval India

Isabelle Ratié

Fiction, Religion, and Pre-Modern Arab-Islamic Literature (8th–18th Centuries)

Aboubakr Chraïbi

Fiction against Belief and Belief in Fiction in Modern Arabic Literature

Ève de Dampierre-Noiray

On Jewish Fiction and Belief: Duplicity, Parables, Confession

Sarah Hammerschlag

Religious Uses of Fantasy Fiction

Markus Altena Davidsen

Fake Cults, Hyper-Real Religions, Virtual Beliefs at the Crossroads of Fiction, the Sacred, and Technology

Lionel Obadia

Alison James is Professor of French at the University of Chicago. Her research interests include the Oulipo group, the contemporary novel, theories and representations of everyday life, documentary literature, and questions of fact and fiction.

Akihiro Kubo is Professor of French Literature at Kwansei Gakuin University. His research interests focus on twentieth-century French literature and theories of literature.

Françoise Lavocat is Professor of Comparative Literature at the Université Sorbonne Nouvelle. She received an honorary doctorate in Humane Letters from the University of Chicago, and is a member of the Institut Universitaire de France as well as a member and section chair in the Academia Europaea.

Catégorie : Événements

« Littératures de l'imaginaire et Théories de la fiction »

Par Anne BESSON le 27 janvier 2025

Editorial n°1, par Françoise Lavocat

Par Françoise LAVOCAT le 15 octobre 2024

Sur un banc ensoleillé, au milieu des bâtisses néo-gothiques couvertes de lierre de l’Université de Chicago, au faux air de quelque palais de fantasy, la Société de Recherches sur la Fiction et la Fctionnalité est née d’une conversation, entre Alison James et moi-même. Nos ambitions étant d’emblée rien moins que planétaires, nous avons tout de suite voulu élargir notre duo à une personne d’un pays non européen et non anglophone, où les recherches sur la fictionnalité existaient significativement. Akihiro Kubo, à l’époque de l’Institut de Recherches sur les Humanités de l’Université de Kyoto, maintenant professeur à l’Université de Kwansei Gakuin (non loin de Kobé), traducteur de Jean-Marie Schaeffer et de Gérard Genette, est devenu le deuxième vice-président de la société. Entre 2019 et 2024, trois congrès se sont déroulés, organisés par nous trois, dans nos lieux d’exercice : à Paris, à la Sorbonne nouvelle, en novembre 2019 (« Can Fiction change the World? »), puis à l’Université de Chicago en mars 2021 (« Impossible fictions »), et dans quelques jours, fin octobre 2024, à l’Université de Kwansei Gakuin (« Degrees of fictionality »). Les deux premiers colloques sont publiés (le premier sur papier, le second en ligne), nous avons réalisé un handbook, Fiction and Belief (Routledge, 2023).

             Le cycle lié à la fondation de la société se clôt. Le prochain colloque, en 2026, ne sera pas organisé par un des membres du trio originel ; un nouveau site internet, plus beau et plus professionnel, voit le jour ; un projet de revue se précise. Avec 176 membres, la relève se dessine, la prospérité de la société semble assurée. Certes, nous aimerions plus de membres venant des pays d’Afrique, d’Amérique latine, du monde arabe et d’Asie (nous avons quelques membres japonais et chinois, fort actifs, mais hélas en nombre insuffisant, et aucun coréen ou coréenne, ni d’aucun autre pays d’Asie). Les pays d’Europe sont eux-mêmes inégalement représentés, trop peu de membres appartenant à ceux du sud et de l’est. Nous ne désespérerons jamais de combler ces blancs.

            Des recherches et des colloques sur la fiction et la fictionnalité (les personnages, la métalepse, les mondes possibles, les fake-news…) se déroulent partout. Mais trop souvent, surtout en sciences humaines, les frontières entre les disciplines et les pays, même proches, dressent une forteresse impénétrable autour des travaux de leurs membres, réalisés dans la langue nationale et se contentant d’une audience de proximité. Plus largement, si le besoin presque universel de fiction ne suscite pas nécessairement de l’intérêt pour une réflexion savante sur cet usage de l’imaginaire, nombreux sont ceux et celles qui s’interrogent sur la différence entre réalité et fiction, sur le rapport entre fiction et mensonge. On se félicite de ce que la fiction envahisse le monde, ou, au contraire, on s’en alarme, on s’inquiète de son repli et de l’hostilité qui s’exprime à son égard. Pourquoi ne pas échanger des informations et des idées ? Participer à des discussions dans un cercle élargi, international ? Se connaître et faire connaître ce qu’on écrit et ce qu’on pense ?

            Puissent ce nouveau site et la revue qui s’annonce inviter encore davantage au partage des idées et des recherches, mais aussi à l’amour de la fiction.  

Catégorie : Membres

Le Bureau

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 21 juin 2024

Présidente : Françoise Lavocat (Université Sorbonne nouvelle)

Vices-présidents : Alison James (Université de Chicago) et Akihiro Kubo (Université de Kwansei Gakuin)

Secrétaire générale : Anne Besson (Université d'Artois)

Secrétaire général adjoint : Nicholas Paige (Berkeley)

Trésorière : Charlotte Krauss (Université de Poitiers)

Chargé de la communication numérique : Edgar Dubourg (doctorant Ulm)

Alison James, Françoise Lavocat, Anne Besson, Akihiro Kubo & Charlotte Krauss lors du congrès de fondation de la SIRFF, Paris, Nov. 2019.

Catégorie : Membres

Juulia JAULIMO

Par prénom Modérateur le 24 janvier 2025

doctoral student, University of Helsinki, Justus Liebig Universität Giessen

juulia.jaulimo@helsinki.fi

Discipline : Comparative Literature

Champ de recherche : Philosophy and literature, critical theory, modernism

Mots-clés : Esthétique, Immersion, Mondes possibles, Narratologie, Philosophie, Référence, Romans, Vérité

Colloque international Degrees of Fictionality / Degrés de fictionnalité

Troisième colloque international de la SIRFF / ASIFF Friday October 18–Sunday October 20, 2024 Kwansei Gakuin University

Par Anne BESSON le 9 octobre 2024

Catégorie : Membres

Chloé CHAUDET

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 28 mai 2024

Enseignante-chercheuse à l’Université Clermont Auvergne

chloe.chaudet7@gmail.com

Discipline : Littérature générale et comparée

Champs de recherche : Littérature et politique ; littérature et mondialisation ; conspiracy studies ; manifestations transmédiales de la fiction

Pour en savoir plus : https://www.cerilac.fr/pages/chaudet-chloe

Catégorie : Membres

Liri-Aliénor CHAPELAN

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 12 octobre 2024

Chercheuse à l'Université Nationale d'Art Théâtral et Cinématographique I.L. Caragiale (Bucarest)


chapelan.liri@unatc.ro 

Discipline : Cinéma et média

 Champs de recherche : Cinéma amateur, film utilitaire, animation, archives audio-visuelles

Catégorie : Membres

David SIMONIN

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 12 octobre 2024

Catégorie : Congrès

Fictions impossibles (Impossible Fictions)

Par Anne BESSON le 27 février 2024

header

Du 2 au 5 mars 2022/Wednesday March 2–Saturday March 5, 2022

Université de Chicago/ University of Chicago

Neubauer Collegium for Culture and Society5701 S. Woodlawn AvenueChicago, IL 60637

Pour vous inscrire aux événements ouverts au public du colloque avec envoi des liens Zoom/ Register at this link for online sessions of the symposium that are open to the public.

Programme/Program

 

Sponsors:

Neubauer Collegium for Culture and Society

France Chicago Center

SIRFF/ISFFS

Department of Romance Languages and Literatures

Institut Universitaire de France

Université Sorbonne Nouvelle

WEDNESDAY MARCH 2/MERCREDI 2 MARS 2022

1:30 p.m.                     Arrival and opening remarks/Accueil des participants

Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat

2:00–4:50 p.m.            PARALLEL SESSIONS A–C

SESSION A               Narrateurs impossibles (in French).

Panel Chair: Akihiro Kubo (Kwansei Gakuin University)

2:00 p.m.                     Camille Brun (Aix-Marseille Université), “Au seuil de la fiction: Saint-Aubin ou le préfacier impossible” (online)

2:30 p.m.                     Maxime Decout (Université Aix-Marseille/Institut Universitaire de France), “Du narrateur menteur au narrateur démembré”

3:00 p.m.                     Richard Saint-Gelais (Université Laval), “La narration impossibilisée par sa fiction” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Lolita Felgueiras (Université Sorbonne Nouvelle), “J’irai cracher sur vos tombes ou l’impossible énonciation” (online)

4:20 p.m.                     Franck Salaün (Université Paul-Valéry Montpellier), “Paradoxes de l’identité et impossibilités narratives”

SESSION B               Impossible Beings

Panel Chair: Mario Slugan (Queen Mary University of London)

2:00 p.m.                     Nicolas Correard (Université de Nantes), “Speaking Animals and Unthinkable Thoughts in a Pre-Darwinian Context” (online)

2:30 p.m.                     Kai Mikkonen (University of Helsinki), “Impossible Narrative Situations and the Principle of Minimal Departure”

3:00 p.m.                     Anke Sharma (Freie Universität Berlin), “We-Narration, Focalization and ‘Impossible’ Perspective” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Annjeanette Wiese (University of Colorado, Boulder), “Impossible Identities: An Exploration of Character and Storyworld in Charles Yu’s Interior Chinatown

4:20 p.m.                     Jamie Cawthra (Bloomsbury Institute, London), “Unreliable Narration and Explaining the Impossible (Away)”

SESSION C               Ethical and Legal Issues

Chair: Thomas Pavel (University of Chicago)

2:00 p.m.                     Lena Seauve (Humboldt-Universität zu Berlin), “The Impossibility of the Perpetrator’s Perspective” (online)

2:30 p.m.                     Simona Zetterberg-Nielsen (Aarhus University), “Possible Dangers of Impossible Fictions” (online)

3:00 p.m.                     Christine Baron (Université de Poitiers), “Jurisfictions impossibles” (in French, online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Otto Pfersmann (EHESS, Paris), “Impossible Pseudo-Norms in Fiction, Law and Morals”

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 1

Murray Smith (University of Kent)

“Impossibility, Fiction, and (Make-)Belief”

6:30 p.m.                     Reception

                                    Award of SIRFF/ISFFS Prize

THURSDAY MARCH 3/JEUDI 3 MARS 2022

9:00 a.m.–12:00 p.m. PARALLEL SESSIONS D–F

SESSION D               Temporal Distortions

Panel Chair: Chiara Nifosi (University of Chicago)

9:00 a.m.                     Kohei Takahashi (Doshisha Women’s College of Liberal Arts), “Value, Genre, Possibility: Contingency and Literature in Modern Japan” (online)

9:30 a.m.                     Kaiwei Xia (Hunan Normal University), “Symptomatic Histoire, or Don DeLillo’s Realist Imagination” (online)

10:00 a.m.                   Martin Riedelsheimer (University of Augsburg), “Fictions of Infinity: Reading Beyond Boundaries in 21st-Century Novels”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Katherine Weese (Hampden-Sydney College), “Somebody Telling Somebody Else that Something Did and Did Not Happen”

11:30 a.m.                    Julia Elsky (Loyola University Chicago), “Living Backwards: Elsa Triolet’s Female Sisyphus”

SESSION E               Cognition and Imaginative Resistance

Panel Chair: Murray Smith (University of Kent)

9:00 a.m.                     Alberto Voltolini and Carola Barbero (University of Turin), “How One Cannot Imagine What One Could Imagine” (online)

9:30 a.m.                     Henrik Zetterberg-Nielsen (Aarhus University), “Impossible Fantasies” (online)

10:00 a.m.                   Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne/Institut Universitaire de France), “ Anomalous/Abnormal/Unnatural”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Edgar Dubourg (ENS Paris), “The Psychological and Evolutionary Foundations of Impossible Worlds” (online)

11:30 a.m.                    Deena Skolnick Weisberg (Villanova University), “Impossible Elements in Children’s Educational Media” (online)

SESSION F               La mimésis en question (in French)

Panel Chair: Franck Salaün (Université Paul-Valéry Montpellier)

9:00 a.m.                     Fuhito Tachibana (Waseda University), “La ‘sans-mondialité’ en tant qu’impossibilité fictionnelle” (online)

9:30 a.m.                     Claude Calame (EHESS, Paris), “Les mythes grecs: pour une pragmatique de la fiction impossible” (online)

10:00 a.m.                   Antonino Sorci (Université Sorbonne Nouvelle), “Les camélias de la fiction. Impossibilités narratives et processus interprétatif”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Amélie Derome (Université Aix-Marseille), “Improbabilités de la fiction et impossibilités de la traduction: les stratégies de post-rationalisation des traducteurs français de Gulliver’s Travels de Jonathan Swift de 1727 à nos jours” (online)

12:00–2:00 p.m.          Lunch/Déjeuner

12:30–1:30 p.m.           Lunchtime author event:

Laurent Binet

in conversation with Alison James (University of Chicago); Akihiro Kubo (Kwansei Gakuin University) and Françoise Lavocat (Université Sorbonne Nouvelle)

In association with the Seminary Co-op Bookstore

2:00–4:50 p.m.            PARALLEL SESSIONS G–I

SESSION G               Impossibilities on Screen

Panel Chair: Marc Downie (University of Chicago)

2:00 p.m.                     Mario Slugan (Queen Mary, University of London), “Imaginative Resistance and Objectival Imagining in Film”

2:30 p.m.                     Rami Gabriel (Columbia College Chicago), “The Heart of Darkness of Cinema: Orson Welles’ The Other Side of the Wind

3:00 p.m.                     Gretchen Busl (Texas Woman’s University), “Alternate Streams: Cognitive Desire and Counterfactual Narrative TV Series” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Caroline Bem (Saint Paul University), “Diptychal Thinking, Paradox, and the (Im)Possibility of Fiction in Greta Gerwig’s Adaptation of Little Women” (online)

SESSION H              Violences sexuelles aux frontières de la représentation: impossibles fictions? (in French)

Panel Chair: Charlotte Krauss (Université de Poitiers)

2:00 p.m.                     Véronique Lochert (Université de Haute-Alsace), “La fiction face au viol: (im)possibilités classiques et contemporaines”

2:30 p.m.                     Enrica Zanin (université de Strasbourg), “Sexes impossibles et invraisemblables: pourquoi à la fin de la Renaissance le viol remplace l’amour dans les fictions?”

3:00 p.m.                    Zoé Schweitzer (Université de Saint-Étienne), “Mutilations du corps et de la parole: le spectacle impossible du viol de Philomèle?”

SESSION I                Impossible Spaces

Panel Chair: Brian Richardson (University of Maryland)

2:00 p.m.                     Jérôme Pelletier (Institut Jean-Nicod), “Seeing the Impossible with Magritte” (online)           

2:30 p.m.                     Matthew McGinity (Technical University Dresden), “Impossible Worlds in Virtual Reality” (online)

3:00 p.m.                     Sladja Blažan (Bard College Berlin), “Vegetomorphism: Weird Biology in Jeff VanderMeer’s Annihilation” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Chiara Nifosi (University of Chicago), “Embracing the Paradox:  Rhetorical Strategies of the Impossible in Proust and Beckett”

4:20 p.m.                     Victoria Saramago (University of Chicago), “Geographies of Degeographication: Latin America and the Virgin Woods in Mário de Andrade’s Macunaíma

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 2

Marie-Laure Ryan

“Are Impossible Fictions Possible?”

7:30 p.m.                     Optional Event / Spectacle 

                                    Ballet des Porcelaines

Theater East, Reva and David Logan Center for the Arts

915 E 60th St, Chicago, IL 60637

Information and Registration Link 

https://ceas.uchicago.edu/content/ballet-des-porcelaines

FRIDAY MARCH 4/VENDREDI 4 MARS 2022

9:00–11:00 a.m.           ISFFS General Assembly/Assemblée générale de la SIRFF       

11:00–11:30 a.m.          Break/Pause

11:30 a.m.–1:00 p.m.   PARALLEL SESSIONS J–K

SESSION J                Affordances des médias (in French)

Panel Chair: Khalid Lyamlahy (University of Chicago)

11:30 a.m.                    Olivier Caïra (Université Paris-Saclay, Centre Pierre Naville/CRAL), “Le paradoxe du goof – Qui a besoin de fictions possibles?” (online)

12:00 p.m.                   Alexis Hassler (Independent Scholar), “There Is No GamePony Island, le glitch vidéoludique ou la narration impossible” (online)

12:30 p.m.                   Jean-Bernard Cheymol (Université Paris Saclay/Université Sorbonne nouvelle), “Une fiction impossible à suivre? 3" de Marc-Antoine Mathieu”

SESSION K               Theory of Fiction

                                    Seminar Room

                                    Panel Chair: Larry Norman (University of Chicago)

11:30 a.m.                    Manuel García-Carpintero Sánchez-Miguel (University of Barcelona), “Against the Mere Pretense View of Fiction” (online)

12:00 p.m.                   John Pier (CRAL – CNRS/EHESS), “Competing Narratives”

12:30 p.m.                   Nicholas Paige (University of California Berkeley), “Narration, Description, Fiction”

1:00–2:30 p.m.            Lunch break/Déjeuner libre

2:30–3:30 p.m.            Fictional Worlds, Fictional Possibilities:

A Roundtable in Honor of Thomas Pavel

Chair: Nicholas Paige (University of California Berkeley)

Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne)

Françoise Lavocat (Université Sorbonne Nouvelle)

Larry Norman (University of Chicago)

Marie-Laure Ryan (Independent Scholar)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50–4:50 p.m.                        PARALLEL SESSIONS L–M

SESSION L               Graphic Paradoxes

Panel Chair: Kai Mikkonen (University of Helsinki)

3:50 p.m.                     Charlotte Krauss (Université de Poitiers), “ ‘...for Time is Space and Space is Time’: When Comic Books Defy the Laws of Fiction”

4:20 p.m.                     Elizabeth A. Oakes (University of Helsinki), “Ameliorative Impossibility: Thematics in Vandermeer’s Borne and Dalrymple’s The Wrenchies” (online)

SESSION M              Intermedial Extensions

Panel Chair: Patrick Jagoda (University of Chicago, online)

3:50 p.m.                     Tonguc Sezen (Teesside University), “Epistolary Paratexts at the Threshold of Both Text and Fiction” (online)

4:20 p.m.                   Annick Louis (Université de Franche-Comté/EHESS), “A Flawless Masterpiece. The Big Bang Theory, Indiana Jones, Pride and Prejudice, and fictional immersion”

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 3

Brian Richardson (University of Maryland)

“Plotting against Probability:

Unruly Sequences, Impossible Fictions, Contradictory Worlds.”

7:30 p.m.                     Dîner du colloque

SATURDAY MARCH 5/SAMEDI 5 MARS 2022

9:00–12:00 p.m.          PARALLEL SESSIONS N–P

SESSION N              Fait et fiction/Fact and Fiction

Panel Chair: Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne/Institut Universitaire de France)

9:00 a.m.                     Guido Furci (Université Sorbonne Nouvelle), “Le Rapport sur Auschwitz de Primo Levi et Leonardo De Benedetti (entre fait et fiction?): genèse/analyse d'une ‘anomalie nécessaire.’ ” (online)

9:30 a.m.                     Delphine Edy (Sorbonne Université/Université de Strasbourg), “Transfuges de classe (D. Eribon, É. Louis) : Fiction littéraire impossible vs. reconstruction fictionnelle en scène ?” (online)

10:00 a.m.                   Camélia Paquette (Université de Sherbrooke), “HHhH ou le roman sans fiction (im)possible” (online)

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Jeppe Barnwell (Society for Danish Language and Literature/University of Copenhagen) “Impossibility in Pseudo-Factuality”

11:30 a.m.                    Dunja Dušanić (University of Belgrade, European Graduate School), “The Non-Fiction Novel as an Impossible Genre”

SESSION O               Impossibilités politiques et éthiques/Political and Ethical Impossibilities (in French and English)

Panel Chair: Maxime Decout (Université Aix-Marseille/Institut Universitaire de France)

9:00 a.m.                     Irina Holca (University of Tokyo), “The Paradox of Socialist Realism: Japan and the Orient as (Improbable) Tropes in Romanian Historical Fiction” (online)

9:30 a.m.                     Maria Anna Mariani (University of Chicago), “Catastrophe and the Historical Novel: Elsa Morante’s La Storia” (online)

10:00 a.m.                   Mathilde Zbaeren (Université de Lausanne), “Collecting the Voices of the Rwandan Genocide: Rewriting and Fictionalizing”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Patrick Maurus (INALCO, Paris), “Le fictif comme solution au fictionnel impossible: Des Nords-Coréens dans le cinéma sud-coréen”

11:30 a.m.                   Alexandre Gefen (CNRS/Université Sorbonne Nouvelle), “La mise en fiction du terrorisme contemporain: nécessité ou interdit? Une comparaison France-USA” (online)

SESSION P               Fantasy, the Fantastic, Science Fiction (in French)

Panel Chair: Marie-Laure Ryan (Independent Scholar)

9:00 a.m.                     Laurent Bazin (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), “L’âge de tous les (im)possibles? Formes et enjeux de l’im-plausibilité dans les fictions pour adolescents” (online)

9:30 a.m.                   Monique Villen (Universidad Francisco de Vitoria), “La science-fiction: imaginer l’impossible”

10:00 a.m.                    Aurore Noury (CRAL/EHESS), “Les contradictions du corpus fictif de Tolkien, ou le creuset d’un renouveau de l’imaginaire”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Simon Bréan (Sorbonne Université), “Faire vivre l’impossible: fonctions des protagonistes dans les récits de science-fiction” (online)

11:30 a.m.                   Tiako Djomatchoua Murielle Sandra (Princeton University), “Des fictions impossibles? Ceux qui sortent dans la nuit, Une théorisation du fantastique africain” (online)

Catégorie : Publications

Parution : Fictionality, Factuality, and Reflexivity Across Discourses and Media

Par ADMIN SIRFF/ASIFF le 17 juin 2024

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