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La circulation des personnages (France-Japon)

1er symposium du projet "FIMAJIN", 19 et 20 octobre - Osaka / Hyōgo (et accessible en ligne)

Par Charlotte KRAUSS le 25 septembre 2026


Copie de Samedi.jpg

Lien zoom du symposium: 
https://kwansei-gakuin.zoom.us/j/95373356431?pwd=hcPaxp8xdo8d7Vak0tVvFLCbOwH8eQ.1


 

La circulation des personnages fictionnels (France–Japon)

1er symposium FIMAJIN

Osaka / Hyōgo, Kwansei Gakuin, 19 & 20 octobre 2026


--> Accessible en ligne; demandez le lien à charlotte.krauss@univ-poitiers.fr à partir du 12 octobre

 

PROGRAMME

 

✼ Lundi, 19 octobre 2026 ✼ [Kwansei Gakuin University – Campus Osaka Umeda : Osaka-shi, Kitaku, Chaya-machi 19-19, Osaka, Applause Tower, salle 1403]

 

10h

Ouverture

10h15

Kohei TAKAHASHI
Transfictional Characters Without Their Names

11h45

Pause repas

13h00

Françoise LAVOCAT
Métalepses et circulation des personnages au tournant du XXe et du XXIe siècle

14h30

Pause café

14h45

Denis MELLIER
Arsène Lupin et les métamorphoses du Kaitō : perspectives transmédiales

16h15

Pause café

16h30

Jessy ESCANDE
Hybridation culturelle d’un imaginaire fantastique

 

✼ Mardi, 20 octobre ✼ [Kwansei Gakuin University – Campus Uegahara : Nishinomiya-shi, Uegahara Ichiban-cho 1-155, Hyogo, bâtiment daï-ichi kyoju kenkyu-kan, salle 1]

 

10h00

Simone MULLER
Du héros à l’oisif : les multiples visages de Momotarō à travers les contextes historiques et culturels

11h30

Pause repas

13h00

Naoko MORITA 
Masahiko AMAKASU (1891–1945) en tant que personnage fictionnel

14h30

Pause café

14h45

Akihiro KUBO
Les personnages fictionnels à l’ère de la transmédialité : perspectives japonaises et comparatistes

16h15

Pause café

16h30

Charlotte KRAUSS
Circuler en dehors des récits. Personnages de bande dessinée et de manga dans les parcs d’attraction (France–Japon)




La circulation des personnages fictionnels (France–Japon)

1er symposium FIMAJIN

Osaka / Hyōgo, Kwansei Gakuin, 19 & 20 octobre 2026

 

 

Les personnages fictionnels ne restent pas à leur place. Ils traversent les œuvres qui les ont vus naître, migrent d’un médium à l’autre, changent de culture et circulent entre existences narratives ou interactives et présences sociales ou performatives. Du roman à l’image, de l’animation au jeu vidéo, du livre à la scène ou à l’espace public, ils peuvent être traduits, réinterprétés, patrimonialisés ou incarnés. Certains deviennent des figures transnationales, tandis que d’autres se transforment profondément au contact d’un nouvel imaginaire culturel. Les personnages ne circulent pas seuls : ils voyagent avec les affects, les attachements et les formes d’identification qu’ils suscitent.

Le premier symposium FIMAJIN explore ces phénomènes sous le concept de circulation des personnages fictionnels, dans une perspective comparative entre la France et le Japon, avec une attention particulière à deux moments charnières : 1870–1910 et 1990–2025. La notion de circulation dépasse ici le seul modèle linéaire de l’adaptation d’un récit vers un nouveau support. Elle désigne un ensemble de dynamiques plus complexes : déplacements entre médias au sein d’un même écosystème ou d’un même monde fictionnel, transferts culturels, réécritures transhistoriques et appropriations par les publics. L’enjeu est d’interroger la manière dont un personnage conserve, transforme ou reconfigure son identité lorsqu’il change de contexte matériel, esthétique ou culturel, et comment ces déplacements produisent de nouvelles significations en redéfinissant les contours mêmes des mondes fictionnels auxquels il appartient.

Le choix de la France et du Japon permet de mettre en regard deux traditions particulièrement riches de récit visuel et sériel. Entre 1870 et 1910, l’essor de la presse illustrée, des formes narratives graphiques et du cinéma inaugure une première modernité médiatique dans laquelle les personnages commencent déjà à circuler entre supports. Un siècle plus tard, entre 1990 et 2025, la numérisation, la mondialisation des industries culturelles et l’émergence de logiques de franchise intensifient et complexifient ces circulations. Les personnages deviennent les pivots d’univers transmédiatiques et les vecteurs d’imaginaires transnationaux, tout en restant ancrés dans des traditions culturelles spécifiques.

En plaçant le personnage au centre de l’analyse, le symposium déplace le regard des œuvres et des médias vers un élément structurant de la fiction. Le personnage apparaît à la fois comme un opérateur de cohérence et de mémoire au sein de mondes fictionnels pluriels, et comme un lieu de négociation entre imaginaires culturels, affects collectifs et cadres sociaux. Son identité, sa reconnaissance et les attachements qu’il suscite se reconfigurent au gré de ses passages entre époques, médias et aires culturelles. Une attention particulière est également portée aux formes de circulation propres aux cultures graphiques, audiovisuelles, sérielles, performatives et participatives.

Le symposium entend ainsi contribuer à une compréhension dynamique des circulations historiques et contemporaines de la fiction, en faisant dialoguer les traditions scientifiques françaises et japonaises autour des transformations des personnages, des mondes fictionnels et des pratiques qui leur donnent de nouvelles formes d’existence.

 

 


Résumés

 

Jessy ESCANDE (Université Métropolitaine Osaka)

Hybridation culturelle d’un imaginaire fantastique : dissolution de l’historicité des motifs étrangers et internalisation par la culture populaire japonaise

 

Nos recherches portent depuis plusieurs années sur les processus de transfert culturel à travers lesquels des motifs issus de folklores, mythologies et religions du monde entier ont été intégrés dans la culture populaire japonaise, en particulier dans le genre que nous avons défini comme le database fantasy (Escande 2021). Ce genre, qui s’est développé à partir des années 1980, se caractérise par un répertoire de motifs étrangers — du carbuncle sud-américain à la goule arabe, du catoblepas gréco-éthiopien au Dullahan irlandais — largement internalisés par les créateurs et consommateurs japonais, au point que leur extranéité n’est plus perçue : pour les récepteurs japonais, dont l’encyclopédie culturelle les intègre sans activer leur historicité, ils sont mobilisés comme des éléments endogènes d’un imaginaire fantastique dont ils constituent pourtant l’apport exogène (Escande 2022a, 2022b, 2023a, 2025a). En retraçant les parcours de ces motifs à travers leurs passeurs culturels — des bestiaires médiévaux au Livre des êtres imaginaires de Borges, des TRPG tels que Dungeons & Dragons aux dictionnaires japonais du fantastique —, nous avons mis en évidence une dynamique que le champ conceptuel des transferts culturels, issu des travaux d’Espagne et Werner (Espagne & Werner 1988 ; Espagne 2013), permet de saisir : la culture réceptrice ne reçoit pas passivement, mais sélectionne, transforme et re-sémantise les matériaux importés.

La présente communication propose de franchir une étape théorique en articulant cette dynamique de transfert avec le cadre sémiotique d’Umberto Eco, prolongeant ainsi notre article récent sur la réception culturelle comme re-sémiosis (Escande 2025b). Notre concept central sera celui de dissolution de l’historicité : le processus par lequel les interprétants historiques attachés aux motifs étrangers cessent d’être activés dans l’encyclopédie (au sens d’Eco) des récepteurs japonais. Le motif ne perd pas sa généalogie — celle-ci reste recouvrable pour qui la cherche — mais le réseau encyclopédique a été reconfiguré de telle sorte que les parcours interprétatifs menant au référent culturel d’origine (folklorique, mythologique, religieux) sont supplantés par ceux internes au genre du fantastique japonais contemporain, ou plus étroitement, du database fantasy, que nous avons défini comme un genre spécifique au contexte japonais contemporain. C’est précisément cette reconfiguration qui permet aux motifs de fonctionner comme un catalogue de signes mobilisables sans connaissance préalable de leurs origines, constituant ce que nous avons proposé d’appeler une encyclopédie transversale : plus étroite que l’encyclopédie médiane d’une culture, mais plus large qu’une encyclopédie spécialisée, car elle traverse les sous-genres et les médias.

Pour approfondir cette théorisation, nous mobilisons la notion de créolisation (Glissant 1990 ; Hannerz 1987 ; Amselle 1990), non pas comme catégorie descriptive, mais comme concept-limite. Le parallèle structural est productif : de même que le créole devient la langue maternelle de la génération suivante, qui ne l’éprouve plus comme langue de contact, les motifs fantastiques étrangers sont devenus, pour les récepteurs japonais de deuxième et troisième génération (la première possédait bien une connaissance historique des motifs), des éléments natifs d’un imaginaire qu’ils n’interrogent plus comme hybride. Toutefois, nous prenons soin de ne pas assimiler les deux contextes : la créolisation glissantienne est indissociable de l’expérience de la plantation et de l’asymétrie du contact forcé, là où l’appropriation japonaise relève largement d’un processus souverain d’importation sélective. La créolisation nomme ici un horizon — le point théorique vers lequel tend la dissolution de l’historicité sans nécessairement l’atteindre au sens fort. L’écart même entre l’effet fonctionnel (le signe opère comme natif) et la généalogie encore traçable constitue un objet d’analyse.

La dimension comparative France–Japon, chère au projet FIMAJIN, s’inscrit naturellement dans cette problématique. Les mêmes motifs, lorsqu’ils circulent en retour vers la France par le biais de franchises japonaises — Final Fantasy, Dragon Quest, ou plus récemment Delicious in Dungeon —, sont perçus par les récepteurs européens comme familiers, voire reconnus comme échos de leur propre patrimoine culturel. Le patrimoine culturel de la France est aussi souvent impliqué dans ces transferts, parfois de façon surprenante ; nous avons établi l’influence centrale de Galland sur les réimaginations japonaises de la goule, ou celle de Flaubert sur le catoblepas japonais, entre autres. Ces connexions, cependant, sont cachées tels des arbres dans une forêt sémiotique ; en pleine vue des acteurs japonais, mais rendues invisibles par leur nouvelle identité fantastique.

Cette asymétrie de reconnaissance illustre précisément le différentiel d’historicité entre les deux encyclopédies culturelles et offre un terrain comparatif privilégié. Nous inscrivons enfin cette réflexion dans une perspective diachronique : les premiers transferts de motifs européens au Japon, dès l’ère Meiji, relèvent déjà d’une logique d’appropriation sélective qui prépare, à un siècle de distance, les conditions de la dissolution que nous observons aujourd’hui dans le database fantasy contemporain.

 

 

 

Charlotte KRAUSS (Université de Poitiers)

Circuler en dehors des récits. Personnages de bande dessinée et de manga dans les parcs d’attraction (France–Japon)

 

Cette communication propose d’examiner les parcs d’attraction comme des dispositifs privilégiés d’observation de la circulation des personnages de bande dessinée et de manga lorsqu’ils quittent les récits qui les ont vus naître. Elle s’inscrit dans une réflexion sur les formes de fiction hors récit, en interrogeant ce que deviennent les personnages lorsque la temporalité narrative cesse d’être le principe organisateur principal de l’expérience fictionnelle.

En m’appuyant sur deux cas français — le Futuroscope et le Parc Astérix —, je mettrai en évidence différentes configurations médiatiques et spatiales dans lesquelles ces circulations de personnages prennent place. D’un côté, des dispositifs fondés sur l’image projetée, la simulation et l’immersion audiovisuelle ; de l’autre, la reconstitution d’un monde fictionnel cohérent que le public parcourt, parmi les personnages matérialisés. Les parcs apparaissent ainsi comme des laboratoires concrets où s’expérimentent différentes formes de présence du personnage en dehors du récit.

Mon hypothèse est que ces dispositifs favorisent une autonomisation relative des personnages par rapport au récit. Libérés de la progression narrative, ils deviennent les pôles d’expériences fragmentaires, spatialisées, souvent non chronologiques. Ce déplacement invite à reconsidérer les formes d’attachement qui les lient aux publics : à l’attachement narratif, construit dans la durée du récit, se superposent des formes d’attachement expérientielles, corporelles et sociales, fondées sur la rencontre, la co-présence et la participation.

Cette étude articule trois perspectives complémentaires : une approche issue des théories de la fiction (statut et identité du personnage hors récit), une réflexion intermédiale (passage du texte et de l’image à l’espace et à la performance), et une approche interculturelle (comparaison France et Japon, transferts éventuels). Elle prend également en compte la dimension historique de ces phénomènes, en analysant la réactualisation contemporaine de personnages issus de traditions plus anciennes, dont la présence dans les parcs participe à des processus de patrimonialisation et de contemporanéisation.

En ouverture comparative, une première mise en perspective avec des parcs japonais — notamment Universal Studios à Osaka, puis Puroland à Tokyo — permettra d’esquisser des différences structurelles dans les modes de circulation hors récit, en particulier l’existence de dispositifs centrés sur des personnages largement autonomisés de toute intrigue. L’ensemble vise ainsi à interroger la manière dont les personnages continuent d’assurer des fonctions de cohérence et d’attachement au sein de mondes fictionnels déployés au-delà du récit – et les narrations potentielles qui émergent de leur appropriation par les publics.

 

 

 

Akihiro KUBO (Kwansei Gakuin University, Hyogo)

Les personnages fictionnels à l’ère de la transmédialité : perspectives japonaises et comparatistes

 

La présente communication propose d’examiner le statut des personnages fictionnels qui circulent à travers différents genres et médias. Nous partirons d’une perspective historique et culturelle, en revenant sur les débats théoriques qui ont eu lieu au Japon depuis les années 1990. Les théoriciens et critiques ont, à cette période, redéfini le rapport entre le récit et les personnages afin de mettre en lumière les particularités des pratiques fictionnelles et transfictionnelles dans une culture populaire essentiellement transmédiale : Eiji Otsuka, qui s’est penché sur un phénomène provoqué par les autocollants d’un produit chocolaté (Bikkuriman) dans De la consomption narrative (1989), constate que les personnages sont désormais devenus porteurs de mini-récits. Dans Génération Otaku (2001), Hiroki Azuma, en analysant des personnages produits à des fins commerciales, tel que Di-Gi Charat, propose une conception de la fiction fondée non pas sur le récit, mais sur une base de données. Ces travaux ont donné lieu à des réflexions poétiques sur les personnages de manga, comme Tezuka Is Dead (2005) de Go Ito, qui distingue le « kyara » du « character », ainsi qu’à des ouvrages sociologiques, comme La psychanalyse des personnages (2011) de Tamaki Saito, qui insiste sur le fait que nos comportements dans la vie quotidienne prennent aujourd’hui pour modèle des types représentés par les personnages fictionnels.

Or, ces travaux sont souvent présentés comme révélateurs de la société japonaise, éventuellement qualifiée de « post-moderne ». Une approche comparatiste semble cependant fructueuse pour mieux comprendre la portée de cette culture de la fiction centrée sur les personnages, d’autant plus que l’importance des fictions populaires qui privilégient les personnages semble désormais s’imposer dans cette société mondialisée. Dans cette perspective, nous essaierons de dégager quelques problématiques à la fois poétiques (l’autonomie des personnages à l’égard du récit) et sociologiques (les pratiques de la média-franchise (ou « média-mix ») et de la fan-fiction).

 

 

 

Françoise LAVOCAT (Université Sorbonne nouvelle, Paris)

Métalepses et circulation des personnages au tournant du XXe et du XXIe siècle. Autonomisation du personnage, émergence de nouveaux médias, autodéfense, réflexion sur la fiction

 

Je commencerai cette présentation en développant deux remarques préliminaires.

Le première est que l’intermédialité met la métalepse à l’épreuve. En effet, dans son dernier livre sur la métalepse (Métalepse, de la figure à la fiction, 2005), Gérard Genette, en l’envisageant dans différents médias, en a complètement dissous les contours. Il conviendra d’éviter ce risque, en prenant soigneusement en compte les affordances de chaque média sollicité, sans pour autant élargir démesurément la définition de la métalepse.

La seconde est que la métalepse est par excellence l’instrument de la circulation des personnages : d’une œuvre à l’autre, d’un niveau narratif à un autre. La métalepse permet au personnage de rencontrer son auteur, son lecteur ou son spectateur. Elle autorise l’intrusion du personnage dans le monde réel, et celle de l’auteur, lecteur ou spectateur dans celui de la fiction.

Les enjeux de cette circulation, qui sont l’objet de mon propos, varient selon les époques, les ères culturelles et les médias.

Mon objectif est en effet de comparer les métalepses en Europe et au Japon à travers différents médias ainsi que les deux périodes couvertes par le projet FUMAJIN : le tournant du XXe siècle et celui du XXIe siècle. Pour la première période, le corpus est constitué de deux fictions narratives japonaise, une nouvelle, La Danseuse (1890) d’Ōgai Mori, et un roman, Je suis un chat de Soseki, 1905. Pour la littérature occidentale, Brouillard, de Miguel de Unamuno (1913), Bécassine chez les Turcs (1919) et Bécassine aux Bains de mer (1932). Je mentionnerai aussi quelques films muets (le célèbre Uncle Josh at the Moving Picture Show (1902) d’Edwin S. Porter et des films d’animation. Je montrerai que dans cette période, la caractère auto-promotionel, apologétique, de la métalepse domine (ce qui n’est pas nouveau), ainsi que la mise en scène du fonctionnement de nouveaux médias. Dans ce contexte, le roman de Unamuno, de même que la pièce de théâtre de Pirandello (Six personnages en quête d’auteur, 1921), constituent des cas à part, qui, du moins à ma connaissance, n’ont pas d’équivalent au Japon ou ailleurs. 

Pour la deuxième période (fin du XXe siècle et début du XXIe siècle), la multiplication des métalepses rend le choix d’un corpus malaisé. Je proposerai tout d’abord un bref panorama de l’explosion des métalepses dans les années 1980 (avec, notamment, Gremlins de Jo Dante, 1984 et le très célébré film de Woody Allen, La Rose pourpre du Caire, 1985) qui font émerger des thèmes plus ou moins nouveaux (destruction loufoque du média, paradoxe de l’autonomie du personnage). Puis je me concentrerai sur une série de romans, ceux de Jasper Fforde (Thursday Next 2001-2012), et sur une série d’animation japonaise, Zenshu (2025). Je montrerai que la fonction dominante de la polymétalepse, ou métalepse généralisée, n’est plus du tout la découverte d’un média  (y compris à propos des jeux vidéo). En ce qui concerne les autres médias, il ne s’agit même plus vraiment d’illustrer l’autonomie impossible du personnage, qui conduit généralement à sa mise à mort. Les métalepses répétées impliquent davantage une réflexion sur la fiction, à la fois célébrée et condamnée.

 

 

 

Denis MELLIER (Université de Poitiers)

Arsène Lupin et les métamorphoses du Kaitō :

perspectives transmédiales

 

Arsène Lupin, le personnage créé par Maurice Leblanc en 1905, possède un réseau transmédial (films, séries, bandes dessinées, jeux vidéo) conséquent, et son succès s’étend largement au-delà de la seule sphère francophone. Au Japon notamment, la figure du gentleman-cambrioleur, conçue au départ comme une véritable réponse française à Sherlock Holmes, s’est vue adaptée très rapidement et a connu un vif succès à travers des romans traduits (dès 1908) et illustrés, ainsi que de manga (à partir des années 1950 et 1970), jusqu’à plusieurs séries contemporaines populaires comme Kaitō Kid ou Lupin III, série de mangas, d’anime et de films qui rapportent les aventures du petit-fils de Lupin.

Il s’agira, dans un premier temps, de présenter cette histoire de la transmédialité d’un grand personnage romanesque et de qualifier son succès transculturel. Dans un second temps, on constatera que Lupin s’inscrit dans un imaginaire plus large qui le rattache à la figure du kaitō, le voleur élégant, le voleur justicier. Si cet imaginaire lui préexiste, Lupin (Kaitō Rupan, comme on le traduit souvent) le popularise, fixe ses contours contemporains et lui donne de nouvelles expressions (comme chez le grand romancier policier japonais Edogawa Ranpo, avec ses personnages d’Akechi Kogorō et ses adversaires comme Kaijin Nijū Mensō, « le Monstre aux vingt visages »).

On s’interrogera alors, dans un dernier temps, en prélevant quelques cas précis dans un abondant corpus, sur les valeurs imaginaires et culturelles de ce type de personnage, dans ses relations à l’injustice, à la hiérarchie sociale des puissants, mais aussi aux dimensions intellectuelles du jeu de l’enquête et à leurs articulations avec les formes de l’action et de l’aventure inhérentes à ce type de récits policiers.

 

 

 

Naoko MORITA (Sophia University, Tokyo)

Masahiko AMAKASU (1891-1945) en tant que personnage fictionnel

 

Ma proposition de communication porte sur un personnage historique du Japon moderne réincarné dans des œuvres de fiction de divers médias. Je m’excuse par avance sur deux points : d’une part, elle n’aborde pas les relations entre le Japon et la France; et d’autre part, elle ne correspond pas exactement aux deux périodes 1870-1910 et 1990-2025.

Dans cette communication, il s’agira de Masahiko AMAKASU, personnage historique réel au profil singulier, qui n’est ni héros ni anti-héros, afin d’examiner sa circulation en tant que personnage de fiction.

Amakasu était un officier de l’armée, notamment connu pour avoir assassiné les anarchistes Sakae ŌSUGI et Noe ITŌ au lendemain du grand tremblement de terre en 1923. Après avoir purgé une courte peine de prison, il mena des opérations de renseignement en Chine et participa à la création de l’État de Mandchourie. Il présida l’Association cinématographique de Mandchourie et se suicida par empoisonnement juste après la fin de la guerre.

Selon certaines biographies, ce n’est pas lui qui a réellement assassiné Ōsugi et Itō, mais les autorités militaires lui auraient fait porter le chapeau. Privilégiant la volonté de l’armée plutôt que de clamer son innocence, il a continué à porter le stigmate d’un monstre et d’un meurtrier. En revanche, en Mandchourie, il a agi dans l’ombre en tant qu’homme influent.

Amakasu commence à apparaître dans les œuvres de fiction grand public à partir de la fin des années 1980. Parmi les plus célèbres, on peut citer Le Dernier Empereur (1987) de Bertolucci. Au Japon, pendant quelque temps après la guerre, les œuvres de fiction se déroulant dans d’anciennes colonies ou d’anciens territoires occupés étaient plutôt rares. Les mangas grand public traitant de la Mandchourie pendant la Seconde Guerre mondiale ne sont apparus que vers 1990. Cela s’expliquerait par un regain d’intérêt pour une réflexion objective sur le militarisme et l’impérialisme.

Dans la fiction, Amakasu est souvent mis en scène comme un personnage à double facette, pouvant être aussi bien un ennemi qu’un allié pour le protagoniste. De plus, le fait qu’il ait participé au développement du cinéma mandchou offre l’avantage de pouvoir le dépeindre non pas comme un simple personnage militaire, mais comme une figure impliquée dans la production cinématographique. Dans les mangas traitant de la Mandchourie, Nijiiro no Trotsky (1990-1996) de Yoshikazu YASUHIKO et RON (1990-2006) de Motoka MURAKAMI, Amakasu apparaît comme un personnage secondaire important, revêtant une signification particulière pour le protagoniste de chaque œuvre.

Parmi les autres réincarnations singulières, on peut citer son apparition dans le jeu vidéo pour adultes Sōshū Senshinkan Gakuen: Hachimyōjin (2014) où il apparaît en jeune homme aux cheveux longs, et le roman suisse en allemand de Christian Kracht, Die Toten (2016, traduit en français en 2018), qui fait de Amakasu des années 1930 l’un des personnages principaux.

Il serait difficile, même pour une intelligence artificielle, de créer un personnage au parcours aussi singulier que celui d’Amakasu. La circulation de ce personnage historique dans l’univers fictionnel n’est rendue possible que par le temps écoulé depuis son époque, ce qui suscite une réflexion théorique sur la relation entre histoire et fiction.

 

 

 

Simone MÜLLER (Université de Zurich, Suisse)

Du héros à l’oisif : les multiples visages de Momotarō à travers les contextes historiques et culturels

 

Le conte populaire de l’époque d’Edo Momotarō, qui raconte la victoire sur « l’île des démons » d’un garçon né d’une pêche, a fait l’objet de nombreuses adaptations au Japon ainsi que dans d’autres pays, dans les domaines de la littérature, du cinéma et des arts de la scène. Il se prête donc particulièrement bien à une analyse comparatiste des interactions transmédiales et transculturelles. Au Japon, Momotarō a notamment été récupéré à des fins nationalistes pendant l’ère Meiji et la Seconde Guerre mondiale.

Dans le cadre de ma communication, je retracerai les transformations intermédiales et interculturelles de la figure de Momotarō, de l’époque d’Edo jusqu’à nos jours. Je m’intéresserai moins aux adaptations nationalistes, qui ont déjà fait l’objet de nombreuses études, qu’aux représentations de Momotarō qui recourent à la parodie et à la subversion, par exemple celles qui le dépeignent comme un fainéant ou un nihiliste. Une attention particulière sera accordée à la contextualisation historique et politique de ces différentes représentations adaptées de Momotarō. Un autre axe de la présentation sera consacré aux adaptations occidentales du conte, avec une attention particulière portée aux versions françaises du récit de Momotarō.

 

 

 

Kohei TAKAHASHI (Doshisha Women’s College of Liberal Arts, Kyoto)

Transfictional Characters Without Their Names

 

This paper takes up a parodic novel from Meiji-era Japan as a test case for several debates in analytic aesthetics. In the novel, a character clearly modeled on the hero of Natsume Sōseki’s Botchan beats up a character clearly modeled on Ōta Toyotarō from Mori Ōgai’s Maihime, in a comic gesture against Westernized refinement (haikara). What makes the case philosophically interesting is that the transfictional characters appear under different names, yet a range of descriptive and situational cues makes the reference to the two source works unmistakable to readers familiar with them. Standard discussions of transfictional characters tend to focus on cases where a character keeps the same name, as in sequels, pastiches, and explicit crossovers. The parody I deal with here separates these two threads—shared name and shared identifying description—and so brings into sharper focus questions that are usually run together. Using this case, the paper examines how well theories in the philosophy of fiction handle such “nameless” transfictional reference and considers what adjustments existing frameworks may require in light of it.

 


 



Fiction and Lies Online Conference

2 octobre 2026

Par Anne BESSON le 29 août 2026

Fiction and Lies Online Conference 

Org. Alison James and Anne Besson

Friday, October 2, 2026

Online on Zoom

https://uchicago.zoom.us/j/91053561510?pwd=aXF5aie0yI1gdC5pvDDpOnrs2ewhSx.1

Meeting ID: 910 5356 1510

Passcode: 122758

 

TIMES ARE SHOWN IN CEST / UTC+2

8:15am: Welcome and Opening Remarks

 

Session 1: Unreliable Narration, Genre and Gender

Chair: Anne Besson

8:30      Wanlin Li (Peking University), “Towards a Historical Poetics of Pseudofactuality: Uses of Dissimulative Narration in Edgar Allan Poe’s Magazine Stories of Insanity”

9:00      Satyam Sandeep and Upama Rani (Banaras Hindu University), “Unreliable Narration in Detective Fiction: A Case Study of Agatha Christie’s The Murder of Roger Ackroyd”

9:30      Sushree Routray (Indian Institute of Technology Roorkee), “Unreliable Narration, Maternal Ambivalence, and the Ethics of Fictional Lying in Burnt Sugar”

10:00    Olga Szmidt (Jagiellonian University, Kraków), “Fictionality of Pregnancy. Subjectivity, Gender and Body in Contemporary ‘Fake Pregnancy’ Narratives”

10:30-11:00      Break

 

Session 2: Uses of Illusion

Chair: Alison James

11:00    Ellen Spolsky (Bar-Ilan University), “Fictions and Lies in Memoirs”

11:30    Dermot Burns (University of Galway), “Fiction and Falsehood in Robert Henryson’s Morall Fabillis”

12:00    Alina Bako (Lucian Blaga University of Sibiu), “Cartographies trompeuses et frontières fantômes.  Pouvoir, guerre et identité dans le roman roumain” 

12:30    Benjamin Demassieux (Université de Lille/Sorbonne Nouvelle), “Painted Deceptions: Literary Lies and Authorial Illusion in Clair Obscur: Expedition 33”


13:00-14:00      Lunch break


14h Fiction Studies, the ASIFF Journal: Presentation by Charlotte Krauss


Session 3: Historical Distinctions Between Fiction and Lies

Chair: Françoise Lavocat

14:15   Eli Stok (Tilburg University) “The Curious Case of Melchizedek: Historical Figure or Figment of Imagination?”

14:45   Sebastian Balmes (LMU Munich), “Pragmatic Stances Between Fact/Lie and Fiction? The Case of Medieval Japanese Tales on the Origins of Deities”

15:15   Simone Müller (University of Zurich), ‘Fictionalizing Mental Time and Space: Narrative and Pragmatic Lies in Medieval Japanese Dream Accounts’

15:45-16:00      Break

 

Session 4: Intent and Reception

Chair: Stacie Friend

16:00    Mario Slugan (Queen Mary University of London), “The Problem of Technical Inaccuracies in Fiction”

16:30    Edgar Dubourg (Institut Curie / Institut Jean Nicod, ENS-PSL), “The Distinction Between Lying, Errors and Fictions”

17:00    Pedro Ponce (St. Lawrence University), “‘This Is a Work of Fiction’: Disclaimers of Fictional Representation Across Media”  

17:30    Katia Franco (California State University, Chico), “The Intent Behind Fiction and Lies”  

18:00-18:30      Break

 

Session 5: Truthful Deviations

Chair: Charlotte Krauss

18:30    Iris Vidmar Jovanović (University of Rijeka), “Epistemic Status of Fictional Misrepresentations”

19:00    Sofea Khan, “Looking Sideways: Circuitry as Survival in Sharaz De and ‘Tell All the Truth but Tell It Slant’”

 

19:30    Conference Ends

 

 

Zoom meeting

Fiction and Lies: Online Conference, Oct 2, 2026

Time: Oct 2, 2026 08:00 AM Paris

Join Zoom Meeting

https://uchicago.zoom.us/j/91053561510?pwd=aXF5aie0yI1gdC5pvDDpOnrs2ewhSx.1

 

Meeting chat link

https://uchicago.zoom.us/launch/jc/91053561510

 

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• 91053561510@zoomcrc.com

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Fiction et mensonges. Quatrième congrès international de la SIRFF : informations et programme

10-12 juin 2026, Université d’Édimbourg

Par Anne BESSON le 10 mai 2026

4ème Congrès de la SIRFF "Fiction et mensonges".
Informations et programme


 F&L poster.jpg



Quatrième congrès international de la Société Internationale des Recherches sur la Fiction et la Fictionalité / Association for Studies in Fiction and Fictionality (ASIFF/SIRFF)



INFORMATIONS SUR LE PROGRAMME
Ce congrès international de trois jours explorera la relation entre fiction et mensonges depuis une large gamme de perspectives disciplinaires et interdisciplinaires, notamment la philosophie, l’histoire et la théorie littéraires, la narratologie, les études cinématographiques et médiatiques, la psychologie et les sciences cognitives. 
Le congrès se tiendra du 10 au 12 juin 2026, chaque jour de 9 h à 17 h 30. 
Conférences plénières :
10 juin 2026 : Eileen John (Philosophie, Université de Warwick), « Reasons for Being Loose with the Truth » 
11 juin 2026 : Pierre Bayard (Littérature, Université Paris 8 - Saint-Denis), « Comment parler de sujets auxquels on ne connaît rien ? » 

Programme complet Fiction and Lies — ASIFF 2026 Programme (A5 booklet) UPDATED.pdf

LIEU
Université d’Édimbourg, Pollock Estate (plan disponible ici : https://www.uoecollection.com/conferences-events/venue-hubs/pollock-estate/)

INSCRIPTIONS (jusqu’au 25 mai 2026)
Inscrivez-vous via ce lien : https://www.epay.ed.ac.uk/conferences-and-events/college-of-humanities-and-social-science/school-of-philosophy-psychology-and-language-sciences/fiction-lies-4th-international-congress-of-the-association-for-studies-in-fiction-fictionality 
Frais d'inscription : 50 £ pour le personnel, 15 £ pour les étudiants. Les frais comprennent le déjeuner pour les trois jours.
Grâce au financement accordé par la Scots Philosophical Association, les membres du personnel (y compris les professeurs émérites) et les étudiants des universités écossaises participant à la conférence peuvent bénéficier d’une exonération des frais d’inscription. Veuillez envoyer un e-mail à fictionlies2026@gmail.com depuis l’adresse de votre établissement pour demander un mot de passe avant de vous inscrire.
Tous les autres participants doivent être membres de l’ASIFF/SIRFF. Si vous n’êtes pas encore membre, veuillez vous inscrire sur ce site web en cliquant sur « L’Association » > « Adhésion ». Votre statut de membre sera vérifié lors de l'inscription.

DÎNER DE LA CONFÉRENCE
Un dîner de la conférence aura lieu le jeudi 11 juin 2026 à 19 h au Twenty Princes Street de l'Hotel Indigo (https://twentyprincesstreet.co.uk/). Le coût est de 50 £ par personne pour un repas de trois plats avec vin. 
Les places sont limitées et la priorité sera donnée aux intervenants. Si vous souhaitez participer au dîner, veuillez envoyer un e-mail à fictionlies2026@gmail.com avec pour objet « Dîner ». S'il reste des places disponibles, vous recevrez un lien pour effectuer le paiement. Les réservations seront clôturées le 30 mai 2026. 

INFORMATIONS SUR L'HÉBERGEMENT
Malheureusement, il n'y a plus de places disponibles dans les résidences Pollock Halls situées à proximité de la conférence. Voici quelques options à envisager, mais des sites web tels que Booking.com ou Expedia en proposent d'autres :
-Autres logements étudiants dans la ville -- c'est probablement l'option la moins chère. Des sites comme Booking.com proposent des résidences étudiantes disponibles pendant l'été, par exemple celles de sociétés telles que « For Students Only » et « Destiny Student ». 
- Hôtels : Premier Inn (qui ne peut être réservé que via son propre site web) et Leonardo Hotels sont des chaînes proposant des tarifs raisonnables. Le Premier Inn Edinburgh Central (Lauriston Place) est celui qui se trouve le plus près du lieu de la conférence. Le Leonardo Royal Hotel et le Leonardo Hotel Edinburgh City sont situés à une distance similaire.
- Airbnb : il peut y avoir des appartements ainsi que des chambres individuelles disponibles.

Editorial Guide Line for / Feuille de style de "Fiction Studies /Penser la fiction"

Contact: asiff.fictionstudies@gmail.com

Par Charlotte KRAUSS le 23 septembre 2026

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--> la version pour les articles en français se trouve ci-dessous, à la suite du stylesheet anglais.

Editorial Style Guide for Fiction Studies: English Edition

 

Fiction Studies follows a house style based on De Gruyter’s adaptation of the MLA style. The journal generally follows British English conventions; however, it uses double quotation marks throughout.

 

Authors whose first language is not English are strongly encouraged to have their manuscripts reviewed by a native speaker before submission. The editors may correct minor language errors and suggest stylistic improvements, but they are not able to undertake substantial language editing or rewriting of manuscripts.

 

1. Manuscript Structure

 

·      Title

·      Author name

·      Institutional affiliation

·      Résumé (French)

·      Keywords

·      Mots-clés

·      Main text

·      Works cited

·      Notes/Footnotes

 

2. Formatting Rules

 

·      Use Times New Roman, 12-point font, for the main text and 10-point font for footnotes

·      Use British spelling.

·      Use a comma before the final “and” or “or” in a series of three or more items (the Oxford comma).

·      Use italics for book and journal titles.

·      Use major section headings in bold and title case and number them (e.g., “1 An Empirically Grounded Understanding of Fictionality”).

·      If dashes are used, use en dashes (–) rather than em dashes (—), with a space before and after the dash.

·      Avoid colloquial language, particularly contracted verb forms (e.g., didn’t, can’t, won’t).

·      Abstract length: 150–300 words.

 

3. In-Text Citations

 

·      (Walsh 2007)

·      (Lamarque and Olsen 1994)

·      (Altmann et al. 2014)

·      (Zwaan 1994, 930)

·      (Effe 2025a; Effe 2025b)

·      (Effe 2025a, ch. 1)

 

 

4. Works Cited

 

Arrange entries alphabetically by surname. Use hanging indents and full page ranges. Italicise book and journal titles. Place article and chapter titles in quotation marks. Repeat the author’s name in repeated-author entries.

 

Single-author book: Walsh, Richard. The Rhetoric of Fictionality: Narrative Theory and the Idea of Fiction. Columbus: Ohio State University Press, 2007.

 

Two-author book: Lamarque, Peter, and Stein Haugom Olsen. Truth, Fiction, and Literature: A Philosophical Perspective. Oxford: Clarendon, 1994.

 

Journal article: Walsh, Richard. “Fictionality as Rhetoric: A Distinctive Research Paradigm.” Style 53.4 (2019), 397–425.

 

Chapter in edited volume: Gjerlevsen, Simona Zetterberg, and Henrik Skov Nielsen. “Distinguishing Fictionality.” Exploring Fictionality. Ed. Cindie Aaen Maagaard et al. Odense: University Press of Southern Denmark, 2020, 19–40.

 

Edited book: Hartner, Marcus, and Ralf Schneider, ed. Blending and the Study of Narrative. Berlin: De Gruyter, 2012.

 

Repeated author: Effe, Alexandra. A History of Autofiction. London: Bloomsbury, 2025.
Effe, Alexandra. “Thinking (Im)Possibilities.” Literature 5.2 (2025).

 

Book with edition: Heti, Sheila. How Should a Person Be? 1st U.S. ed. New York: Henry Holt, 2012.

 

Reprint: Frye, Northrop. Anatomy of Criticism. Princeton: Princeton University Press, 2000 [1957].

 

Translated work: Bakhtin, Mikhail. Problems in Dostoevsky’s Poetics. Transl. Caryl Emerson. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1984.

 

5. Quotations

 

·      Short quotations should be incorporated into the running text and enclosed in double quotation marks.

·      Long quotations should be presented as indented block quotations.

·      Quotations in languages other than English should be accompanied by an English translation in parentheses. For short quotations, the translation should appear directly after the original quotation; for block quotations, it should be placed directly below the original quotation.

·       Use double quotation marks for article/chapter titles and short quotations.

·      Use single quotation marks for quotations within quotations.

·      Place commas and full stops inside closing quotation marks.



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Feuille de style pour Fiction Studies. Version française

 

Fiction Studies suit une charte stylistique fondée sur l’adaptation par De Gruyter du style MLA.

 

Les auteurs dont la langue maternelle n’est pas le français sont vivement encouragés à faire relire leurs manuscrits par un locuteur natif avant de les soumettre. Les éditeurs peuvent corriger des erreurs linguistiques mineures et suggérer des améliorations stylistiques, mais ils ne sont pas en mesure de procéder à une révision linguistique approfondie ni à une réécriture des manuscrits.

 

1. Présentation du manuscrit

 

·      Titre

·      Nom de l’auteur

·      Affiliation institutionnelle

·      Résumé (anglais)

·      Mots-clés

·      Mots-clés en anglais

·      Corps de texte

·      Bibliographie

·      Notes/notes de bas de page

 

2. Règles de mise en page

 

·      Utiliser Times New Roman, taille 12, pour le corps de texte, and Times New Roman, taille 10, pour les notes de bas de page.

·      Utiliser l’italique pour les titres d’ouvrages et de revues.

·      Les titres des grandes parties doivent être en gras et en majuscules. Ils doivent aussi être numérotés (par exemple : « 1 Compréhension de la fiction »)

·      Si vous utilisez des tirets, privilégiez les tirets courts (–) plutôt que les tirets longs  (—), en laissant un espace avant et après le tiret.

·      Longueur du résumé : 150-300 mots.

 

3. Références des citations dans le texte

 

·      (Walsh 2007)

·      (Lamarque and Olsen 1994)

·      (Altmann et al. 2014)

·      (Zwaan 1994, 930)

·      (Effe 2025a ; Effe 2025b)

·      (Effe 2025a, ch. 1)

 

4. Bibliographie

 

Classer les entrées par nom de famille en respectant l’ordre alphabétique.

Utiliser les retraits à gauche.

Indiquer les séries de pages complètes (pour les articles notamment).

Mettre en italiques les titres d’ouvrages et de revues. 

Placer les titres d’articles et de chapitres entre guillemets français.

Répéter le nom de l’auteur lorsqu’il y a plusieurs entrées pour un même auteur.

 

Monographie :

Walsh, Richard. The Rhetoric of Fictionality: Narrative Theory and the Idea of Fiction. Columbus : Ohio State University Press, 2007.

Lavocat, Françoise. Fait et fiction. Pour une frontière. Paris : Seuil, 2016. 

 

Ouvrage à deux auteurs :

Lamarque, Peter et Stein Haugom Olsen. Truth, Fiction, and Literature: A Philosophical Perspective. Oxford : Clarendon, 1994.

 

Article de revue :

Walsh, Richard. « Fictionality as Rhetoric: A Distinctive Research Paradigm ». Style 53.4 (2019), 397–425.

Letourneux, Matthieu. « Le genre comme fait de discours : pour une définition molle de la science-fiction ». Res Futurae [en ligne] 20 (2022) : DOI :

https://doi.org/10.4000/resf.11405

 

Chapitre d’ouvrage collectif :

Zetterberg Gjerlevsen, Simona et Henrik Skov Nielsen. « Distinguishing Fictionality ». Exploring Fictionality. Cindie Aaen Maagaard et al (dir.). Odense : University Press of Southern Denmark, 2020, 19–40.

 

Direction d’ouvrage :

Hartner, Marcus et Ralf Schneider (dir.). Blending and the Study of Narrative. Berlin : De Gruyter, 2012.

 

Auteur répété (deux entrées) :

Effe, Alexandra. A History of Autofiction. Londres : Bloomsbury, 2025.
Effe, Alexandra.
« Thinking (Im)Possibilities ». Literature 5.2 (2025).

 

Première édition d’un ouvrage :

Heti, Sheila. How Should a Person Be? 1ère éd. New York : Henry Holt, 2012.

 

Réédition :

Frye, Northrop. Anatomy of Criticism. Princeton : Princeton University Press, 2000 [1957].

 

Œuvre traduite :

Bakhtin, Mikhail. Problems in Dostoevsky’s Poetics. Trad. Caryl Emerson. Minneapolis : University of Minnesota Press, 1984.

 

5. Citations

 

·      Les citations courtes sont insérées dans le corps de texte et placées entre guillemets.

·      Les citations longues sont isolées du corps de texte, sans guillemets.  

·      Les citations dans une langue autre que le français doivent être accompagnées d’une traduction en français entre parenthèses. Pour les citations courtes, la traduction doit figurer immédiatement après la citation originale ; pour les citations longues, elle doit être placée directement sous la citation originale.

·      Utiliser les guillemets français pour les titres d’articles ou de chapitres et pour les citations courtes.

·      Utiliser les guillemets anglais pour les citations à l’intérieur d’une citation.

·      Placer le dernier signe de ponctuation avant le guillemet fermant.  

 

Qui a peur de la fiction ?

Par Françoise LAVOCAT le 20 novembre 2024

Workshop au congrès de l’AILC (Association Internationale de Littérature Comparée)

à Dongguk University, Séoul (Corée du Sud)

du 28 juillet au 1er août 2025

--> date limite de soumission: le 14 février 2025

 

Charlotte KRAUSS, Professeure de littérature comparée à l’Université de Poitiers (France)

Françoise LAVOCAT, Professeure de littérature comparée à l’Université Sorbonne nouvelle (France)

charlotte.krauss@univ-poitiers.fr et francoise.lavocat@sorbonne-nouvelle.fr

 

 

 

Peur, mépris, haine, hostilité plus ou moins explicite : les sentiments négatifs à l’égard de la fiction se sont souvent exprimés dans l’histoire de la pensée, notamment en Occident. Les motivations de cette méfiance sont diverses : politiques, religieuses, morales, esthétiques…. Elles se reflètent dans des listes d’œuvres mises à l’index, dans des traités critiques, dans la création d’organismes veillant au respect des bonnes mœurs ou à la protection des mineurs, mais aussi dans des œuvres fictionnelles qui thématisent cette hostilité de manière inquiète, humoristique ou parodique. Si beaucoup a déjà été dit sur Don Quichotte ou Emma Bovary succombant à l’influence de romans d’un genre spécifique considéré comme néfaste, l’objectif de ce workshop est plus général. Il s’agit d’observer l’hostilité générée par la fiction en tant que monde habité de personnages imaginaires, dans différentes aires culturelles et différents médiums : l’apparition d’un nouveau medium, en effet, réactive la peur de l’immersion fictionnelle qui pourrait happer le lecteur. La fiction est accusée de ne pas dire la vérité, de détourner le public d’occupations sérieuses, si ce n’est de pervertir les esprits et d’inspirer des comportements déviants. L’expression d’une l’hostilité envers la fiction s’accompagne en outre souvent d’une préférence marquée pour les faits historiques, l’écriture documentaire ou le récit factuel.

Mais la peur de la fiction a-t-elle toujours été exprimée de la même façon, avec les mêmes arguments, les mêmes images ? Quels sont les contextes et les écoles de pensée qui favorisent la méfiance envers des productions de l’imaginaire ? L’hostilité à l’égard de la fiction est-elle un invariant anthropologique, ou est-elle conjoncturelle, ressurgissant périodiquement à la faveur de régimes autoritaires, de ferveur politique exclusive, de fanatismes religieux, au moment de l’invention de nouveaux médias ou encore, sous la domination de poétiques formalistes ?

L’objet de ce workshop est d’apporter des éléments de réponse à ces questions, en privilégiant des éclairages comparatistes et diachroniques, et en prenant pour objet d’étude soit des ouvrages critiques et philosophiques, soit des œuvres littéraires ou artistiques qui illustrent cette hostilité (qu’elles l’expriment ou la dénoncent ou qu’elles en aient été la cible). Les contributions évoquant des aires culturelles non européennes sont particulièrement bienvenues. Les communications pourront faire appel à l’analyse littéraire, l’analyse du discours, que l’histoire des idées, la traduction et les sciences cognitives.

Les angles d’approches, de façon non exhaustive, pourraient être les suivantes :

- L’analyse des périodes et des contextes qui favorisent l’expression d’une hostilité à la fiction.

- Les modes d’expression de l’hostilité à la fiction, dans des œuvres fictionnelles ou non : arguments, réseaux d’images, modes narratifs.

- L’attaque dirigée contre certains médias (selon les époques, la littérature, le théâtre, le cinéma, la bande dessinée, la télévision, les jeux vidéo), en tant qu’ils sont censés, notamment, favoriser une immersion fictionnelle jugée néfaste ou incontrôlable.

- L’association de l’immersion fictionnelle avec une forme de bêtise, éventuellement associée à l’enfance, à la féminité, au peuple.

- Le lieu commun de la fatigue, voire de l’exaspération à l’égard des stéréotypes supposés de la fiction.

- On pourra également s’interroger sur la dévalorisation implicite que recouvrent certaines catégories littéraires, comme « l’escapisme », l’opposition anglo-saxonne entre « novel » et « romance », ou encore la « distanciation » brechtienne. Des concepts critiques de ce type existent-ils dans d’autres langues ou d’autres cultures ?

- Que recouvre la traduction du mot « fiction » dans d’autres langues ? Certains mots qui la désignent ne recouvrent-ils pas une dévalorisation implicite (avec des idéogrammes signifiant le vide, par exemple ?)

- Comment les lois (à différentes époques et dans différents environnements culturels) attaquent ou défendent-elles la fiction ?

 

 

 

Si vous souhaitez demander des informations, écrivez aux organisatrices du workshop :

 

Charlotte KRAUSS et Françoise LAVOCAT

charlotte.krauss@univ-poitiers.fr et francoise.lavocat@sorbonne-nouvelle.fr

 

Merci de soumettre votre proposition de communication (en français ou en anglais) directement sur le site du congrès, ici :

 

https://icla2025-seoul.kr/en

 

Choisissez (1) la rubrique « Individual Sessions », puis (2) la rubrique « Accepted Open Group Individual Session Proposals », puis (3) le workshop « Who is afraid of fiction ? »

 

La date limite de soumission est le 31 janvier 2025. Les notifications d’acceptation seront envoyées en février.

Publication : Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat (dir.), The Routledge Handbook of Fiction and Belief

Londres, Routledge, 2023

Par Anne BESSON le 15 octobre 2024

The Routledge Handbook of Fiction and Belief offers a fresh reevaluation of the relationship between fiction and belief, surveying key debates and perspectives from a range of disciplines including narrative and cultural studies, science, religion, and politics. This volume draws on global, cutting edge research and theory to investigate the historically variable understandings of fictionality, and allows readers to grasp the role of fictions in our understanding of the world.

This interdisciplinary approach provides a thorough introduction to the fundamental themes of:

Theoretical and Philosophical Perspectives on Fiction
Fiction, Fact, and Science
Social Effects and Uses of Fiction
Fiction and Politics
Fiction and Religion

Questioning how fictions in fact shape, mediate or distort our beliefs about the real world, essays in this volume outline the state of theoretical debates from the perspectives of literary theory, philosophy, sociology, religious studies, history, and the cognitive sciences. It aims to take stock of the real or supposed effects that fiction has on the world, and to offer a wide-reaching reflection on the implications of belief in fictions in the so-called “post-truth” era

Contents

Introduction

Alison James, Akihiro Kubo, and Françoise Lavocat

Part I: Believing in Fiction: Philosophical and Theoretical Perspectives

Belief, Imagination, and the Nature of Fiction

Stacie Friend

The "Willing Suspension of Disbelief": The Long History of a Short Phrase

Nicholas Paige

The Fictionality of Games and the Ludic Nature of Fiction: Make-believe, Immersion, Play

Marie-Laure Ryan

Fictional Emotions and Belief

Eva-Maria Konrad

Fictional Characters and Belief

Thomas Pavel

Fictionality, the Zone of Generic Fiction, and the Allure of Unreliable Narration

James Phelan

Belief is a Mess. That Makes it Good for Fiction. (A Perspective from Cognitive Literary Theory)

Lisa Zunshine

Fiction and Historiography

Annick Louis

Fiction and Scientific Knowledge

Adam Toon

Learning from Fiction

Gregory Currie, Heather Ferguson, Jacopo Frascaroli, Stacie Friend, Kayleigh Green, and Lena Wimmer

Part II: From Fiction to Belief: Social and Political Effects

Do Fictions Impact People’s Beliefs? A Critical View

Nicolas Baumard and Edgar Dubourg

The Impact of Fiction on Beliefs about Gender

Vera Nünning

Implicit Bias, Fiction, and Belief

Kris Goffin and Agnes Moors

Children’s Ideas about Stories and about Reality

Ayse Payir and Paul L. Harris

From Suspension of Disbelief to Production of Belief: The Case of Alternate Reality Games

Patrick Jagoda

Interactive Environments and Fictional Engagement

Olivier Caïra

Fake News and Fictional News

Jessica Pepp, Rachel Sterken and Eliot Michaelson

Trust, Credulity, and Speech

Philippe Roussin

Literature on Credit: Fiction and the Fiduciary Paradigm

Emmanuel Bouju

Fifth Generation Fictionality? Fiction, Politics, War

Henrik Zetterberg-Nielsen

Uses of Fantasy Fiction in Contemporary Political Mobilization

Anne Besson

Fiction, Belief, and Postcolonial Criticism

Alok Yadav

Can Fictions Predict the Future?

Anne Duprat

Dystopian Fictions and Contemporary Fears

Jean-Paul Engélibert

Fiction, Belief, and Climate Change: Paratexts, Skeptics, and Objects of Care

Erin James

Part III: Fiction and Religious Belief

Greek Mythology: Discourse, Belief, and Ritual Action

Claude Calame

Fiction and Belief: Approaching Medieval Latin Christendom

Julie Orlemanski

Literary Fictions, Religious "Fables," and Unbelief in the West

Nicolas Correard

Saints, Between Faith, Belief, and Fiction

Barbara Selmeci Castioni

The Role of Fiction in Buddhist Hagiography: The Case of Shinran

Markus Rüsch

Fiction and Belief in Ancient and Early Medieval India

Isabelle Ratié

Fiction, Religion, and Pre-Modern Arab-Islamic Literature (8th–18th Centuries)

Aboubakr Chraïbi

Fiction against Belief and Belief in Fiction in Modern Arabic Literature

Ève de Dampierre-Noiray

On Jewish Fiction and Belief: Duplicity, Parables, Confession

Sarah Hammerschlag

Religious Uses of Fantasy Fiction

Markus Altena Davidsen

Fake Cults, Hyper-Real Religions, Virtual Beliefs at the Crossroads of Fiction, the Sacred, and Technology

Lionel Obadia

—

Alison James is Professor of French at the University of Chicago. Her research interests include the Oulipo group, the contemporary novel, theories and representations of everyday life, documentary literature, and questions of fact and fiction.

Akihiro Kubo is Professor of French Literature at Kwansei Gakuin University. His research interests focus on twentieth-century French literature and theories of literature.

Françoise Lavocat is Professor of Comparative Literature at the Université Sorbonne Nouvelle. She received an honorary doctorate in Humane Letters from the University of Chicago, and is a member of the Institut Universitaire de France as well as a member and section chair in the Academia Europaea.

Colloque international Degrees of Fictionality / Degrés de fictionnalité

Troisième colloque international de la SIRFF / ASIFF Friday October 18–Sunday October 20, 2024 Kwansei Gakuin University

Par Anne BESSON le 9 octobre 2024

Publication : Can Fiction change the World ?/ La fiction peut-elle changer le monde ?

Par Anne BESSON le 15 mars 2024

Dirigé par Alison James, Akihiro Kubo, et Françoise Lavocat


La fiction peut-elle changer le monde ? Le fait-elle réellement ? Des délires de Don Quichotte aux rêveries romantiques d'Emma Bovary, la fiction a souvent dépeint ses propres effets en termes négatifs, tandis que les anxiétés contemporaines concernant les jeux vidéo ou les mondes virtuels ravivent les anciennes craintes de la confusion entre fiction et réalité. Au-delà de ces représentations et dénonciations, il existe de nombreuses preuves de l'influence des univers fictionnels sur les vies réelles, les identités et les pratiques sociales. Tirés de cultures et de médias variés, les exemples étudiés ici incluent les fictions politiques du Japon prémoderne, les utilisations de la fiction dans les affaires juridiques et la fanfiction activiste contemporaine. Ils illustrent les effets de la fiction à différentes échelles, des paradoxes de la réponse émotionnelle individuelle à l'action collective à grande échelle.

Alison James est professeure au Département de Langues et Littératures Romanes de l'Université de Chicago, Akihiro Kubo est professeur à l'École des Humanités de l'Université Kwansei Gakuin, et Françoise Lavocat est professeure de Littérature Comparée à l'Université Sorbonne Nouvelle.

 

TRANSCRIPT 29 – 22 January 2023  •  282pp

  22 January 2023  •  282pp

ISBN: 978-1-839541-45-2 (hardback)  •  RRP £85, $115, €99ISBN: 978-1-839541-46-9 (paperback, forthcoming)ISBN: 978-1-839541-47-6 (JSTOR ebook)

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