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Editorial n°4, par Jessy Neau

Retour sur le colloque « Boucles: voyages temporels et paradoxes causaux » (Poitiers, 4-6 juin 2026)

Par Anne BESSON le 8 septembre 2025

Retour sur le colloque  « Boucles: voyages temporels et paradoxes causaux »  (Poitiers, 4-6 juin 2026)

Les boucles temporelles sont courantes en fiction. Courtes et ponctuelles, elles enrichissent le récit ou offrent un contrepoint générique ; étendues, elles explorent la subjectivité, comme dans Rashomon (Kurosawa, 1950), opérant comme des spirales ou des « plis » deleuziens, en révèlant la complexité du multiple. Parfois libératrices, initiatiques, créatrices d’uchronies, les boucles autotéliques peuvent cependant créer des « limbotopies » (Gomel et Shemtov, 2018), se faire outils de contrôle (métavers, simulations), devenir sources de manipulation ou de surveillance. En régime postapocalyptique, les machines peuvent ainsi tourner en boucle, ultime vestige de l’humanité achevée. Bref, les boucles représentent un véritable laboratoire narratologique, et un objet pertinent pour appréhender la fiction – à travers les métalepses, les préconstruits temporels, les questions de subjectivité, de construction d’univers, de réception et de clôture des œuvres.

Ce sont ces diverses modalités des boucles qui ont constitué le sujet du colloque qui s’est tenu à l’Université de Poitiers les 4, 5 et 6 juin 2025. Ayant réuni 22 intervenants de plusieurs universités françaises et étrangères (Canada et Australie), cet événement a été organisé avec le soutien du laboratoire FoReLLIS, de l’Université de Poitiers, de la Région Nouvelle-Aquitaine, et de la SIRFF, laquelle était fort bien représentée par plusieurs de ses membres, dont sa Présidente. Le colloque s’inscrivait dans un cycle intitulé « Temporalités », porté par Hélène Machinal et réunissant plusieurs universités françaises et canadiennes.

La première conférence plénière, présentée par Françoise Lavocat, a offert une exploration diachronique des narrations circulaires, s’étendant du XVIIe siècle jusqu’aux romans et séries contemporains. La conférence d'Elaine Desprès a abordé le phénomène des séries, en démontrant la connexion intrinsèque entre les boucles temporelles et la mort. Les communications ont soulevé des questions diverses sur les boucles temporelles, notamment leurs modalités esthétiques et formelles (l’étude de l’hybridation texte/image, le montage, chronotopes singuliers), ou leurs implications politiques (uchronie, histoire alternative, traumas individuels/collectifs). Des questions plus « architextuelles » ont été soulevées, concernant les effets génériques et d’évolution au long cours dans les cycles, sagas, univers étendus.

Les actes de ce colloque seront publiés dans un double numéro de la revue Otrante  (Presses universitaires de Rennes).  Nous attendons avec impatience le prochain colloque du cycle « Temporalités »  !

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Par Anne BESSON le 18 octobre 2024

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À propos

Par Anne BESSON le 15 mars 2024

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La Société Internationale des Recherches sur la Fiction et la Fictionnalité (SIRFF) a pour but de mettre en relation les chercheurs et les chercheuses sur la fiction dans le monde. 


Elle vise à promouvoir les études sur la fiction, à favoriser les échanges, dans un esprit résolument comparatiste et interdisciplinaire. 

Elle réunit des spécialistes de littérature et de théorie littéraire, de cinéma, de jeux vidéo, des philosophes, des psychologues et des spécialistes de neurosciences. 

Les langues de communication sont le français et l’anglais. 

Le site de la société est bilingue. Le projet initial est issu de la collaboration de Françoise Lavocat (Université Sorbonne nouvelle, France), Alison James (Université de Chicago, Etats-Unis), et Akihiro Kubo (Université de Kwansei Gakuin, Japon). 


L’objectif est d’étendre ce réseau collaboratif au plus grand nombre possible de sphères culturelles et linguistiques. 

Les colloques de la société ont lieu tous les deux ans. 

Dans la mesure du possible, la société organise des séminaires au sein des manifestations scientifiques d’autres grandes sociétés internationales (AILC, MLA, ISSN….).

Catégorie : Événements

Appel à communications "Fictions et sciences sociales 2"

Réponses avant le 30 mai 2026 pour un colloque les 29-30 juin 2026, Université Montpellier Paul-Valéry

Par Anne BESSON le 21 avril 2026

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Ce colloque s’inscrit dans le prolongement direct de la rencontre « Fiction & Sciences Sociales » organisée en mai 2024, consacrée aux articulations contemporaines entre les régimes de la fiction et les méthodologies des sciences sociales. Les échanges engagés à cette occasion ont permis d’approfondir des réflexions déjà anciennes sur les rapports de concurrence, de tension, mais aussi de complémentarité entre écriture savante et écriture fictionnelle, en accordant une attention particulière à des pratiques émergentes telles que l’enquête fictionnelle. L’enjeu central consistait à analyser comment l’hybridation entre les registres documentaire et fictionnel déplace les manières d’enquêter, d’écrire et de restituer les résultats de la recherche.

L'édition de 2024 a ainsi mis en lumière l’émergence d’une véritable « communauté de langage », fédérant chercheurs, écrivains et artistes autour de problématiques partagées. Il en est ressorti que la fiction ne saurait être réduite à un simple ornement esthétique ; elle constitue une approche à la fois méthodologique et épistémologique puissante permettant d'explorer le réel autrement. À travers une réflexion sur les « écritures alternatives » (BD, récits littéraires, formes hybrides), nous avons également interrogé la légitimité académique de ces pratiques, capables de rendre visibles des pans du social souvent difficilement accessible par les méthodes classiques. In fine, ces travaux, ont donné lieu à la rédaction d’un ouvrage collectif aux Éditions Effigi, dans la collection In Situ (à paraître en juin 2026), ont posé les jalons d’un dialogue renouvelé où la fiction devient un laboratoire pour repenser les frontières de la connaissance sociologique, anthropologique et historique.

Le colloque « Fiction & Sciences Sociales II », qui se tiendra les 29 et 30 juin 2026 à Montpellier, sera l’occasion de prolonger ce sillon en mettant à l’honneur des cas concrets d’enquêtes fictionnelles, tout en interrogeant leurs usages, leurs conditions de possibilité, leurs formes de diffusion et leurs effets. Ce second volet accordera également une attention particulière à la diversification des écritures alternatives, aux nouveaux espaces de publication qu’offre l’ère numérique, ainsi qu’aux propositions d’ateliers thématiques et de conférences-performées, afin de faire émerger des formats d’échanges collaboratifs en lien avec les enjeux du colloque.

Problématique générale

En France, les travaux d’Éric Chauvier occupent une place importante dans la réflexion contemporaine sur les rapports entre fiction et sciences sociales. Ils invitent à ne plus penser la fiction comme un simple supplément littéraire venant après l’enquête, mais comme l’une des modalités mêmes par lesquelles l’enquête peut s’écrire, se déplacer et produire de l’intelligibilité. Dans cette perspective, l’enquête n’est pas seulement exposée dans une forme narrative : elle peut être, en certains cas, fictionnelle dans son mode de déploiement, sans pour autant renoncer à ses exigences de rigueur, d’attention au réel et de démonstration.

De Anthropologie (2006) à Somaland (2012), de Plexiglas mon amour (2021) à Laura (2020), Chauvier a contribué à ouvrir un espace de travail dans lequel la fiction n’apparaît plus comme l’envers de l’enquête, mais comme l’un de ses possibles prolongements, notamment lorsqu’il s’agit de saisir des expériences, des expériences de trouble dans le langage, des zones d’incertitude ou des formes de vie qui résistent aux formats académiques les plus stabilisés. En ce sens, l’enquête fictionnelle ne relève ni d’une simple licence littéraire, ni d’un abandon du réel : elle constitue une manière de travailler les limites de l’enquête, d’habiter ses points d’aveuglement, et d’explorer ses puissances descriptives et critiques.

Cette réflexion entre en résonance avec les travaux de James Clifford & George E. Marcus (1986), Clifford Geertz (1973), Kirin Narayan (2012), Ivan Jablonka (2017) ou encore Marc-Henry Soulet (2021), qui ont chacun contribué, dans des cadres différents, à penser les enjeux d’écriture, de réflexivité, d’autorité, de narration et de restitution dans les sciences sociales. Le colloque souhaite ainsi offrir un espace de discussion autour des usages heuristiques, méthodologiques, épistémologiques, politiques, religieux et publics de la fiction dans les sciences sociales.

Afin de structurer cette réflexion, le colloque propose trois axes de discussion. Le premier interrogera les usages de l’enquête fictionnelle dans la production de connaissance et les déplacements qu’elle introduit dans les manières d’écrire, de décrire et de restituer le réel. Le deuxième examinera les conditions de publication, de légitimation et de circulation institutionnelle de ces formes d’écriture encore souvent périphériques dans l’espace académique. Le troisième, enfin, portera sur les usages publics de la fiction dans la médiation des sciences sociales, ainsi que sur les formes de collaboration qu’elle rend possibles entre chercheurs, artistes et professionnels de la diffusion culturelle.

 

Axe 1. Enquête fictionnelle, écriture et production de connaissance

On peut explorer l’articulation fiction et sciences sociales de plusieurs manières. Certains travaux insistent sur les ressources de la littérature non fictionnelle pour renforcer la réflexivité, la description et la portée analytique des sciences sociales. D’autres, dans le sillage de Clifford ou de Geertz, invitent à penser l’écriture de l’enquête comme une opération de mise en forme, de composition et de construction narrative, sans que cela la réduise pour autant à une fabulation mensongère.

Le colloque de 2024 invitait ainsi à dépasser l'opposition classique entre vérité scientifique et construction narrative afin denvisager la fiction comme un mode de connaissance légitime. Au-delà du débat sur la véracité des récits, il s'agissait d'analyser les gains heuristiques de l' « enquête fictionnelle » (Soulet, 2022), entendue comme un dispositif permettant de pousser l’investigation au-delà de la stricte factualité pour mieux saisir l’expérience concrète là où les méthodes les plus classiques s’essoufflent. Dans cette perspective, la fiction peut devenir, chez Chauvier, une nécessité pragmatique pour affronter des espaces de non-savoir, pour travailler l’incertitude, pour exemplifier des situations, ou encore pour approcher ce qui demeure difficilement dicible dans le monde social. D'autres chercheurs ont recours à des dispositifs voisins pour contourner les résistances du terrain (Milhé, 2020 ; Jounin, 2021), restituer des expériences sensibles ou prolonger le travail empirique sous des formes moins conventionnelles. L’enjeu de cet axe sera donc de discuter ce que de telles démarches impliquent en termes de stratégies d’écriture, de rapport au matériau, de mise en scène des personnages, de statut de la preuve, de réception et de validité scientifique.

 

Les propositions pourront notamment porter sur :

- les formes contemporaines de l’enquête fictionnelle ;

- les usages empiriques de la fiction dans l’enquête ;

- les gains heuristiques de la narration fictionnelle ;

- les rapports entre fiction, vérité, vraisemblance et démonstration ;

- les usages de la fiction pour restituer des expériences difficiles à documenter ;

- les implications éthiques et méthodologiques de ces dispositifs.

 

Axe 2. Publier des enquêtes fictionnelles : espaces éditoriaux, légitimités, circulations

Si les écritures fictionnelles ou hybrides occupent désormais une place plus visible dans les sciences sociales, leurs formes s’accordent encore difficilement avec les procédures ordinaires de validation académique. Les normes de présentation, d’évaluation et de valorisation de la recherche demeurent en effet largement structurées par des formats stabilisés, souvent peu propices à la reconnaissance de récits expérimentaux, d’écritures non calibrées ou d’objets éditoriaux hybrides.

Ce second axe entend approfondir une dimension encore en friche dans les discussions engagées en 2024 : celle de l’ancrage éditorial et institutionnel de ces travaux. Écrire à rebours des genres dominants, s’affranchir des formats attendus ou déplacer les frontières entre recherche, récit et création revient souvent à proposer un autre partage du sensible, mais aussi à affronter des contraintes spécifiques : difficultés d’évaluation, incertitudes quant aux lieux de publication, tensions avec les normes de carrière, fragilité institutionnelle de certaines productions.

L’existence de la collection In Situ, aux Éditions Effigi, qui accueillera l’ouvrage issu du colloque de 2024, témoigne de cette volonté d’ouvrir des espaces de publication pour les récits d’enquête et les écritures alternatives. Mais quelles sont les autres voies éditoriales possibles ? Quels rôles jouent les maisons d’édition, les revues, les plateformes numériques, les collections transversales, les structures artistiques ou culturelles dans la diffusion de ces travaux ? Quelles formes de reconnaissance — ou de marginalisation — accompagnent ces choix d’écriture ?

 

Les propositions pourront notamment interroger :

- les conditions de publication des enquêtes fictionnelles ;

- les rapports entre innovation formelle et légitimité scientifique ;

- les effets institutionnels, professionnels et symboliques de ces choix d’écriture ;

- les politiques éditoriales favorables aux écritures hybrides ;

- les expériences concrètes de publication, de réception et de diffusion.

Axe 3. Fiction, médiations et diffusion publique des sciences sociales

Cet axe interroge les usages de la fiction dans la diffusion des sciences sociales auprès de publics non académiques. Qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’histoire, la mise en récit peut constituer un puissant vecteur de médiation. Lors du colloque de mai 2024, la bande dessinée a occupé une place importante dans les échanges. Or d’autres formes de valorisation méritent d’être davantage explorées : théâtre, cinéma, création sonore, exposition, performance, dispositifs numériques, podcasts, écritures visuelles ou scéniques.

Il s’agira ici de réfléchir aux formes par lesquelles les sciences sociales circulent hors de l’espace académique, en empruntant parfois les codes de la fiction ou du récit sensible. Le colloque permettra ainsi d’analyser les modalités concrètes de collaboration entre chercheurs et artistes, entre chercheurs et professionnels du théâtre, du cinéma, de l’édition, des musées ou de l’audiovisuel. Au-delà de la démarche créative, l’enjeu sera aussi de comprendre les montages institutionnels, les modèles économiques, les contraintes matérielles et les formes de réception publique qui rendent possibles ces productions hybrides.

 

Les propositions pourront porter sur :

- les usages de la fiction dans la vulgarisation et la médiation scientifique ;

- les collaborations entre chercheurs et artistes ;

- les formes scéniques, visuelles, sonores ou éditoriales de diffusion de la recherche ;

- les conditions institutionnelles et économiques de ces projets ;

- les effets de ces médiations sur l’écriture même de la recherche.

 

 

CONSIGNES AUX COMMUNICANTS

 

Les communications orales se feront en français. Chaque intervention disposera de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion.

 

Les propositions devront comporter :

- le titre de la communication ;

- le nom du ou des auteurs ;

- l’affiliation institutionnelle ;

- une adresse électronique ;

- un résumé de 300 mots maximum ;

- 5 mots-clés précisant les thèmes et les champs scientifiques concernés ;

- le cas échéant, l’indication de l’axe dans lequel s’inscrit la proposition.

 

 

Les propositions de communication sont à envoyer avant le 25 mai 2026 aux adresses électroniques suivantes : eric.perera@umontpellier.fr ; yann.beldame@free.fr

 

Informations : https://santesih.edu.umontpellier.fr/congres/

 COMITÉ D’ORGANISATION

 

La Congrès internationale sur la « Fiction et Sciences sociales » se tiendra les 29 et 30 juin 2026 à la MSH-Sud Montpellier.  Elle est co-organisée par les laboratoires de SHS suivants :

-          SantESiH (Santé Education Situations de Handicap, UR_UM211, Université de Montpellier) pôle SOC ;

-          RiRRa21 (Représenter, Inventer la réalité, du Romantisme au XXIe siècle) de Université Montpellier Paul-Valéry ;

-          CRISES (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales) EA 4424 de Université Montpellier Paul-Valéry ;

-          UMR SENS (Savoirs, environnement, sociétés) de Université Montpellier Paul-Valéry.

 

En collaboration avec l'Institut des Sciences du Sport-Santé de Paris (I3SP - EA 3625) et le soutien de l’association CONTACT (association jeunes chercheurs de Montpellier)

 

Le comité d’organisation est composé de :

 

- Yann Beldame : chercheur associé - Université de Montpellier

- Eric Perera : Professeur - Université de Montpellier

- Jérôme Soldani : Maître de Conférences – Université Paul-Valéry Montpellier 3

- Godefroy Lansade : Maître de Conférences - Université Paul-Valéry Montpellier 3

- Pierre Philippe-Meden : Maître de Conférences – Université Paul-Valery Montpellier 3

 

COMITÉ SCIENTIFIQUE (provisoire)

Beldame Yann : Chercheur associé, Université de Montpellier (France)

Boutroy Eric, Maître de Conférences, Université de Lyon (France)

Bresson Jonathan, Chercheur associé, Université Rennes 2 (France)

Didierjean Romaine, Maîtresse de Conférences, Université de Nîmes (France)

Fauré Laurent, Maître de conférences, Université Montpellier 3 (France)

Guérandel Carine, Maître de Conférences, Université de Lille (France)

Héas Stéphane, Maitre de conférences HDR, Université Rennes 2 (France)

Issanchou Damien, Maître de Conférences, Université de Lyon (France)

Kinnunen Taïna, University lecturer of Cultural Anthropology, University of Eastern (Finlande) 

Lansade Godefroy : Maître de Conférences - Université Paul-Valéry Montpellier 3 (France)

Le Henaff Yannick, Maître de Conférences, Université de Rouen (France)

Liotard Philippe, Maître de Conférences, HDR, Université de Lyon (France)

Louchet Cindy, Maîtresse de Conférences, Université Lille (France)

Marsac Antoine, Maître de Conférences, UFR STAPS, Université de Bourgogne (France)

Marcellini Anne, Professeur, Université de Lausanne (Suisse)

Matichescu Marius, Lecteur universitaire, Universitatea de Vest din Timisoara (Roumanie)

Meden Pierre Philippe : Maître de Conférences, Université Paul-Valery Montpellier 3 (France)

Morales Yves, Professeur, Université de Toulouse (France)

Neto Avélino, Professeur, Institut Fédéral du Rio grande Norte (Brésil)

Pappous Sakis, Reader, Université de Kent (Angleterre)

Eric Perera : Maîtres de Conférences, HDR - Université de Montpellier

Petracovschi Simona, Maître de Conférences, Université Ouest de Timisoara (Roumanie)

Ricaud Camille, Maître de Conférences, Université de Pau (France)

Richard Arnaud, Professeur, Université Toulon (France)

Ruffié Sébastien, Professeur, Université des Antilles Guyane (France)

Salazar Noël, Research Professor, University of Leuven (Belgique)

Soldani Jérôme, Maîtres de Conférences, Université Paul-Valéry Montpellier 3 (France)

Soulé Bastien, Professeur, Université de Lyon (France)

Terral Philippe, Professeur, Université de Toulouse (France)

Vallet Guillaume, Maître de Conférences HDR, Université de Grenoble (France)

Villloing Gaël, Maître de Conférences, Université des Antilles Guyane (France)

 

Références

 

Augé M. (2011). Journal d’un SDF. Ethnofiction. Paris, Seuil.

Chauvier E. (2022). Plexiglas mon amour. Paris, Allia.

Clifford J. & Marcus G. E. (1986) Writing culture. The poetics and politics of ethnography. University of California Press.

Clifford J. (2011 traduction 1986). Vérités partielles, vérités partiales. Journal des anthropologues, 126/127, 385-432.

Clifford J. (1981). On Ethnographic Surrealism. Comparative Studies in Society and History23(4), 539-564.

Clifford J. (1983). On ethnographie Authority, Représentations, 1-2, 118-146.

Chauvier E. et Viart D. (2019), « Rencontre avec Éric Chauvier », Revue critique de fixxion française contemporaine [En ligne].

Geertz, C. (1973). The Interpretation of Culture. New York, Basic Books.

Jablonka I. (2017). L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales. Paris, Éditions du Seuil.

Jounin N. (2021). Le caché de la poste. Enquête sur l’organisation du travail des facteurs. Paris, La découverte, col. Cahiers libres.

Milhé C. (2020). Le Mystère de la cagoule. Enquête bolivienne. Toulouse, Anacharsis, col. « Les ethnographiques ».

Narayan K. (1999). Ethnography and Fiction: Where Is the Border? Anthropology and Humanism, 24 : 134-147.

Narayan K. (2012). Alive in the Writing. Crafting Ethnography in the Company of Chekhov. Chicago, The University of Chicago Press.

Rancière J. (2000). Le partage du sensible, Paris, La Fabrique Éditions.

Soulet M.-H. (2022). Pousser le curseur. L’enquête fictionnelle chez Eric Chauvier. Versants, 1/69, 89-115.

Catégorie : Événements

Colloque: "Infofiction. Pacte factuel et flottements fictionnels dans la presse magazine" (Paris Nanterre, 11-12 décembre 2025).

Org. Matthieu Letourneux et Mélodie Simard-Houde

Par Anne BESSON le 30 novembre 2025

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Colloque: "Infofiction. Pacte factuel et flottements fictionnels dans la presse magazine" (Paris Nanterre, 11-12 décembre 2025). Université Paris Nanterre 

Bâtiment Ricoeur L, Salle LR15, rez-de-chausséeProgramme

Jeudi 11 décembre

8 h 45    Accueil

9 h 15    Mot d’introduction 

Séance 1 : Divertissement, vulgarisation et fictionnalisation

9 h 30    Yoan Vérilhac (Université de Nîmes), « Comment reconnaitre un magazine de divertissement quand on en voit un ? Encodage du genre et modes de lecture de l’information divertissante dans la presse magazine »

10 h 10  Aurélie Huz (Université Paris Nanterre), « Imaginaires du futur et discours de la science dans la presse de vulgarisation scientifique »

10 h 50  Pause 

Séance 2 : Fictionnel / factuel

11 h 10  Mélodie Simard-Houde (Université du Québec à Trois-Rivières), « L’infofiction à l’échelle du magazine sentimental : lecture réflexive et lecture esthétique »

11 h 50  Matthieu Letourneux (Université Paris Nanterre), « Fictionnel/factuel dans l’écosystème du kiosque à journaux et la série culturelle de ses imprimés »

12 h 30  Déjeuner 

Séance 3 : Presse de faits divers

14 h 00  Will Straw (Université McGill), « Midnight, Minuit, Globe : les circulations de l’infofiction montréalaise au-delà des frontières »

14 h 40  Harold Bérubé (Université de Sherbrooke), « “Histoires policières vraies” et “Drames étranges de la vie réelle” : la difficile mise en œuvre de l’infofiction dans Police Journal (1942-1954) »

15 h 20  Rachel Nadon (Université Laval), « Poétique de la “visibilité” : analyse croisée d’enjeux infofictionnels dans Allô Police, Le Journal des Vedettes et Échos Vedettes (1953-1969) »

16 h 00  Pause 

16 h 30  Entretien avec Lisa Delille, journaliste et écrivaine

 —

Vendredi 12 décembre

9 h 00    Accueil

Séance 4 : Dispositifs médiatiques et modes de lecture

9 h 30    Adrien Rannaud (Université de Toronto), « Les vedettes en série : stratégies textuelles et conditions matérielles de l’infofiction dans la presse de célébrités au Québec »

10 h 10  Marie-Pier Luneau (Université de Sherbrooke), « Autopsie de la matérialité info-fictionnelle : chirurgie à cœur ouvert de la presse de confession sentimentale au Québec »

10 h 50  Pause 

Séance 5 : Pratiques singulières et collectives de l’infofiction

11 h 10  Marie-Ève Thérenty (Université Montpellier 3), « L’affaire Lacaze ou “le sombre roman d’un jeune homme riche”. Fait divers et infofiction pendant les Trente Glorieuses »

11 h 50  Loïc Artiaga (Université de Pau et des Pays de l’Adour), « Malko reporter. Gérard de Villiers avant SAS (1950-1960)  

12 h 30  Déjeuner

14 h 00  Séance 6 : Présentations des stagiaires :

Samuel Charland, Sheila Gaudreau et Roxanne Larivée.

Catégorie : Publications

Publication : Les Fables de l'homme. Pouvoirs des fabulations

David Simonin (dir.)

Par Anne BESSON le 25 novembre 2025

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Les Fables de l'homme. Pouvoirs des fabulations, Kimé, 2025.

 

Et si nos illusions façonnaient le réel plus sûrement que la vérité ? À l’ère des fake news, de la post-vérité et des réalités virtuelles, il ne fait plus de doute que les croyances fausses, les fictions et les illusions ont un impact profond sur nos sociétés. Ce qui fut longtemps perçu comme une déviation à corriger apparaît désormais comme une constante de la pensée et du comportement humains.
Cet ouvrage collectif propose une exploration inédite de cette puissance de la fabulation : pourquoi avons-nous besoin de nous raconter des histoires, individuellement et collectivement ? Quels sont les effets de ces récits et de ces représentations ? Croisant philosophie, littérature, sciences humaines et sociales, les auteurs interrogent les fondements de notre rapport à la réalité. Ce livre esquisse ainsi l’archéologie d’un régime de savoir aujourd’hui prégnant, dans lequel l’illusion, loin d’être toujours l’opposé de la vérité, en devient une force structurante avec laquelle il faut composer.

 

David Simonin, Introduction : les pouvoirs des fabulations

Première Partie

Fonctions de la Fiction

1. Françoise Lavocat, Femina Fabulatrix

2. Gerson Reuter, La compréhension de soi à travers les fictions

3. Valérie Stiénon, La dystopie comme fiction d’alerte : une approche du récit proactif

Deuxième Partie

Réécrire l’histoire

4. Johann Chapoutot, L’historien et le sens

5. Eva Schürmann, Qu’est-ce qui distingue l’historiographie de l’art du roman ?

Troisième Partie

Approches psychologiques de l’activité fabulatrice

6. Guido Baggio, Les contours de la cognition : Le vague et les croyances dans Les Principes de psychologie de William James

7. Lisa Bortolotti, Matteo Mameli et Kathleen Murphy-Hollies, Le Renard et le Hibou : confabulation, conspirations et régulation de soi

Quatrième Partie

Imaginaire social et fabulations juridico-politiques

8. Molly Andrews, Connaissance, croyance et incrédulité

9. Hans Kelsen, Le concept juridique et le concept sociologique de l’État. Examen critique du rapport entre l’État et le droit, § 33-35 (introduit et traduit par Christophe Bouriau)

10. Manuel Rebuschi, Le robot, personne ou personnage ?

Cinquième Partie

Récits et mises en scène de soi

11. David Simonin, Le bovarysme : manières de fabuler

12. Nathalie Luca, Filmer. Être filmé. Une mise en scène collaborative performative

13. Anna Caterina Dalmasso, Archéologie du selfie. Miroirs et autres fictions du soi

Editorial n°3, par Anne Besson

Au royaume de la fiction, chez les fans de livres

Par Anne BESSON le 28 mai 2025

Des queues qui s’étirent devant les chapiteaux accueillant des conférences. Tout le monde ne pourra pas y accéder, le public est trop nombreux. D’autres plus longues encore pour gagner le privilège de dire quelques mots à des auteurs et autrices et recueillir leurs signatures. Enormément de monde, lecteurs et lectrices jeunes ou très jeunes, des femmes en majorité mais des hommes également, parfois costumés, souvent portant fièrement des tee-shirts proclamant l’amour des livres, tirant de petits chariots pour pouvoir accumuler davantage d’achats…. On se croirait dans un roman de Jasper Fforde, dans l’univers alternatif qu’il a imaginé autour de la détective littéraire Thursday Next, un monde où la passion pour la fiction est une pratique sociale partagée, où les soldes en librairie déclenchent des émeutes, où Shakespeare est vraiment l’objet d’un culte, contesté par les fans rivaux de Marlowe… Ce monde rêvé, où les amoureux du livre sont partout, existe bien, sous format microcosme, le temps d’un week-end.

Je reviens du festival de littératures de l’imaginaire « Les Imaginales » à Epinal, où je me rends pour chaque édition, pouvant ainsi constater à quel point il croît, combien son public s’étend année après année. Au bord de la Moselle, dans un parc verdoyant ponctué de « Magic Mirrors », s’étend un royaume d’évasion par le livre, un lieu où règne une passion ardente pour la chose écrite, qu’on pourrait parfois croire éteinte, dont on constate au contraire la vitalité bouillonnante auprès de jeunes générations… Ces lectrices vivent de romance et de fantasy, considérant que l’immersion fictionnelle dans d’autres mondes constitue une part majeure de leur existence. Des Bovary peut-être, mais en réseau, échangeant entre elles, se conseillant et se soutenant ; lucides aussi sur l’irréalisme exacerbé de leurs préférences, dans des genres où la magie, les espaces lointains, les royaumes infernaux, gardent toujours fermement le quotidien à distance.

Quand bien même les romans plébiscités, souvent déconsidérés, les aideraient-ils seulement à vivre, ce ne serait déjà pas rien. Mais ils ne sont pas toujours vains ou creux. La star de cette édition était une certaine Rebecca Kuang, qui a publié sous le nom R.F. Kuang en 2022 aux Etats-Unis Babel: Or the Necessity of Violence: An Arcane History of the Oxford Translators' Revolution, best-seller adoré des jeunes lectrices d’Instagram et Tik-Tok. De quoi s’agit-il ? Dans un monde qui ressemble au nôtre à la fin du XIXe siècle, la magie est dans les mots – comme bien souvent – et plus exactement dans la traduction. Elle se niche dans l’interstice entre les langues, dans les nuances de l’une à l’autre, qui ne se perdent pas, mais se transforment : la part d’intraduisible est une puissante énergie. Tous ses exemples, et tous ses spécialistes, sont à Oxford. Ils viennent de partout dans le monde, mais la domination anglaise s’exerce sur chacun. Littéralisant le savoir comme pouvoir, la force des différences culturelles et l’accaparement des richesses, le roman est un brûlot politique sur l’appropriation culturelle et la « nécessité de la violence » contre un capitalisme néo-colonialiste prédateur… Peut-être faut-il toujours se méfier des lectrices en effet !

Editorial n°2, by Akihiro Kubo

Retour sur le colloque 'Degrés de fictionnalité'

Par Anne BESSON le 24 janvier 2025

Il est tout à fait légitime – et même courant – de parler de « degrés » de fictionnalité. Ne dit-on pas que Le Seigneur des anneaux est plus fictionnel que Le Père Goriot, ou qu’A la recherche du temps perdu l’est moins que le roman de Balzac ? Or, ces usages qui relèvent du langage ordinaire deviennent problématiques dès qu’on tente de définir la nature de la fiction : qu’il s’agisse d’une approche sémantique (fiction comme discours non-référentiel) ou pragmatique (fiction comme feintise partagée), les théoriciens de la fiction adoptent souvent une définition binaire, opposant la fictionnalité à la non-fictionnalité (ou à la factualité). L’hybridité de la fiction a en effet suscité de nombreuses controverses, comme en témoignent les débats autour du statut générique de l’autofiction ou encore de la valeur référentielle des noms propres dans l’œuvre de fiction. C’est pour explorer ces questions épineuses dans une perspective transculturelle et transdisciplinaire que nous avons choisi de consacrer le troisième congrès international de notre société aux « degrés de fictionnalité ».

Ce colloque s’est tenu à l’Université Kwansei Gakuin (Hyogo, Japon) les 18, 19 et 20 octobre 2024, en présentiel et en ligne. Il a rassemblé 77 chercheurs provenant de plus de 15 pays, dont une cinquantaine se sont déplacés pour se rendre sur les deux campus de l’université situés à Osaka et à Nishinomya. Les participants ont pu consulter, en amont, les documents issus des journées d’études organisées par Alison James, Françoise Lavocat et moi-même dans le Centre parisien de l’Université de Chicago, en juin de la même année, et dont l’objectif était de préciser et d’approfondir les enjeux théoriques de cette question. 

Les communications présentées lors de notre colloque ont illustré une grande diversité culturelle et disciplinaire. Elles ont permis de comparer les spécificités narratives des romans autobiographiques ou des autofictions, mais aussi de la SF ou de la fantasy à travers le monde. Nous avons également pu réfléchir au statut du réalisme dans différentes aires culturelles ou nous demander dans quelle mesure les degrés de fictionnalité sont historiques. Si une grande partie des communications portait sur la littérature, d’autres médias ont également été examinés : films, bandes dessinées, jeux vidéo ou encore vidéos sur Youtube. Ces interventions ont exploré non seulement l’hybridité propre à ces supports, mais aussi la transmédialité de la fiction. Les communications consacrées aux questions théoriques se sont révélées aussi nombreuses qu’enrichissantes. Les concepts narratologiques ont été revisités (la métalepse a constitué une session à elle seule). L’approche rhétorique de la fictionnalité, distinguant fiction globale et fiction partielle, a suscité plusieurs débats. Il va sans dire que les réflexions philosophiques ont occupé une place importante dans notre colloque. Contentons nous de signaler que plusieurs communications, s’appuyant sur la philosophie analytique ou sur les sciences cognitives, ont examiné l’hybridité des œuvres fictionnelles sous l’angle des mécanismes et des fonctions de l’imagination ou de la croyance.

Le congrès s’est déroulé en trois sessions parallèles, ce qui a malheureusement empêché les participants d’assister à toutes les communications (cette frustration a partiellement été atténuée grâce aux enregistrements, désormais accessibles aux membres de la société). Nous avons eu aussi le plaisir de nous réunir pour écouter deux conférences plénières. Selon la proposition d’Anne Duprat, la temporalité fictionnelle se caractérise par sa « structure graduelle », qu’elle a explorée dans ses différents états. Cette temporalité qui agit à la fois comme métaphore et modèle du temps réel suggère une ontologie « mobiliste », c’est-à-dire fondée sur les événements. Jean-Marie Schaeffer, quant à lui, est revenu sur les trois définitions classiques de la fiction – sémantique, syntaxique et pragmatique. Il a conclu que seule une définition « faible », issue de l’approche pragmatique impliquant en réalité une exclusion forte de la définition sémantique, permettrait d’apprécier pleinement l’hybridité et les degrés de fictionnalité. Il a également souligné que, du point de vue anthropologique, la fiction est vécue dans une zone psychique où imagination et réalité s’entremêlent. Ajoutons que cette dernière conférence, suivie par un entretien avec Yasusuke Oura, a aussi été l’occasion pour rendre hommage aux deux chercheurs pour leurs contributions majeures à l’étude de la fiction.

A l’hommage s’ajoute un encouragement : depuis le colloque de Chicago, la société décerne un prix destiné à soutenir les chercheuses et chercheurs en début de carrière. Celui de cette année a été décerné à Jeppe Barnwell pour son article stimulant intitulé « Fictionality, Fictionhood, and Fiction – Towards a New Typology of Fictional Invention ». Compte tenu de la grande qualité des autres contributions soumises, le comité a par ailleurs décidé d’honorer Emilio Gianotti, pour « World Hoarding : Hypermodernity and Multiverse Fictions », et Yang Liu, pour « The Spectres of Realism ». La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans une ambiance amicale, à l’occasion du cocktail organisé après une journée riche en réflexions et en échanges. 

Ainsi, ce colloque s’achève avec succès. Je tiens à remercier chaleureusement tous les participants, mes co-organisatrices, Françoise Lavocat et Alison James, le comité de la SIRFF/ASIFF, ainsi que mes amis et mes étudiantes qui ont apporté leur aide précieuse. Comme l’a fait remarquer Françoise Lavocat dans son dernier éditorial, ce colloque marque la fin du cycle lié à la fondation de la société. Le prochain colloque, prévu en 2026, inaugurera une nouvelle étape pour la SIRFF/ASIFF, mais le plaisir de nous retrouver et d’échanger restera inchangé.

Catégorie : Événements

Avatars, Assistants, Chatbots. New Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)

Warsaw, 8-9 April

Par Anne BESSON le 11 mars 2025

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The Institute of Literary Research of the Polish Academy of Sciences, Warsaw, April 8–9 2025Conference partner: The Games Studies Research Centre, The University of Silesia, Katowice   
Avatars, Assistants, Chatbots.New Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)

https://sdnh.uw.edu.pl/en/2024/12/conference-avatars-assistants-chatbots-new-fictional-characters-in-contemporary-culture-from-literature-to-new-media/

 
The Department of Historical Poetics and the Center for Digital Humanities at the Institute of Literary Research, Polish Academy of Sciences cordially invite you to the international conference “Avatars, Assistants, Chatbots. Fictional Characters in Contemporary Culture (From Literature to New Media)”.
The conference aims to reflect on the status of a technological fictional entity in various practices of contemporary multi-media culture. The collective imagination holds firmly cyborgs, androids, and xenomorphs. The interactive technological entities with anthropomorphic characteristics pose a new challenge for cultural, media, and literary reflection on fictional creations. The development of technology and the media revolution gave rise to the emergence of previously unprecedented classes of entities, starting with virtual assistants providing support in the use of digital devices, avatars as real people's identities, and ending with the famous Chat GTP. They radically change the existing concepts of ontology and the identity of a fictional character, transform the definition of fiction, and complicate the relationship between the recipient of fiction and the character immersed in fiction. Moreover, the culture of convergence has enabled the appearance of characters functioning in complementary stories across media (Thon 2016). Transfictionality (Saint-Gelais 2011) allows them to appear in various extensions of earlier fiction. We want to reflect on the ontology of these digital companions of today’s participants in digital culture and their relationships with the protagonists of printed and digital literature to recognize potential similarities between them and fundamental differences. The principles and effects of various interactions with the technological “other” also seem to demand profound discussion, starting from using avatars in digital media, through the problems of digital translation, to the consequences of these interactions for communication theory (Meadows 2008). 
One of the consequences of these uses of avatars is also the process of blurring the border between participants in fictional events, and the inhabitants of fictional worlds (Maj 2019) and their recipients/ users (in video games, digital literature, virtual or augmented reality, digital applications and utility programs). The process of becoming the protagonist of a story often takes place in real time via streaming on social media, and it achieves global reach. Activating the recipient and including him in the world of narrative (in printed and digital literature (Winiecka 2020) and video games (Kłosiński 2018)) can be grasped in its fluctuating, historical forms (cf. various strategies of addressing the addressee in literary communication, narrative genres and forms based on the implied presence of the listener). Another area of reflection may be the analysis of techniques for breaking the fourth wall (Brown 2013) and metaleptic procedures (Hanebeck 2017), aimed at questioning the division of the roles of the fictional character and the recipient of fiction (in literature and the visual arts). Worth considering are also experiments with the embodiment of the recipient as a category in both the construction of a multimedia text and the environment of its reception.Literary scholars, media scholars, designers, and video game researchers interested in the practices and forms of multimedia digital culture are kindly invited to discuss these issues of contemporary culture.
Special guests include:
prof. Alice Bell (Sheffield Hallam University)prof. Jan-Noël Thon (Universität Osnabrück)dr hab. Michał Kłosiński (Uniwersytet Śląski)
Catégorie : Membres

Sonia TOUZ

Doctorante à l'Université de Rennes 2, UR APP

Par Anne BESSON le 18 novembre 2024

Discipline : Etudes cinématographiques
Champs de recherche : Esthétique, narratologie transmédiale
Catégorie : Membres

Marion DELARCHE

Par Anne BESSON le 12 mars 2025

Doctorante, EHESS - Centre Chine Corée Japon

marion.delarche@ehess.fr

Discipline : Littérature

Champ de recherche : Littérature coréenne

Mots-clés : Cinéma, Fiction et média, Romans, Réalisme, Sociologie

Paiement de la cotisation

par virement ou par carte bleue

Par Anne BESSON le 13 octobre 2024

Publication : Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat (dir.), The Routledge Handbook of Fiction and Belief

Londres, Routledge, 2023

Par Anne BESSON le 15 octobre 2024

The Routledge Handbook of Fiction and Belief offers a fresh reevaluation of the relationship between fiction and belief, surveying key debates and perspectives from a range of disciplines including narrative and cultural studies, science, religion, and politics. This volume draws on global, cutting edge research and theory to investigate the historically variable understandings of fictionality, and allows readers to grasp the role of fictions in our understanding of the world.

This interdisciplinary approach provides a thorough introduction to the fundamental themes of:

Theoretical and Philosophical Perspectives on Fiction
Fiction, Fact, and Science
Social Effects and Uses of Fiction
Fiction and Politics
Fiction and Religion

Questioning how fictions in fact shape, mediate or distort our beliefs about the real world, essays in this volume outline the state of theoretical debates from the perspectives of literary theory, philosophy, sociology, religious studies, history, and the cognitive sciences. It aims to take stock of the real or supposed effects that fiction has on the world, and to offer a wide-reaching reflection on the implications of belief in fictions in the so-called “post-truth” era

Contents

Introduction

Alison James, Akihiro Kubo, and Françoise Lavocat

Part I: Believing in Fiction: Philosophical and Theoretical Perspectives

Belief, Imagination, and the Nature of Fiction

Stacie Friend

The "Willing Suspension of Disbelief": The Long History of a Short Phrase

Nicholas Paige

The Fictionality of Games and the Ludic Nature of Fiction: Make-believe, Immersion, Play

Marie-Laure Ryan

Fictional Emotions and Belief

Eva-Maria Konrad

Fictional Characters and Belief

Thomas Pavel

Fictionality, the Zone of Generic Fiction, and the Allure of Unreliable Narration

James Phelan

Belief is a Mess. That Makes it Good for Fiction. (A Perspective from Cognitive Literary Theory)

Lisa Zunshine

Fiction and Historiography

Annick Louis

Fiction and Scientific Knowledge

Adam Toon

Learning from Fiction

Gregory Currie, Heather Ferguson, Jacopo Frascaroli, Stacie Friend, Kayleigh Green, and Lena Wimmer

Part II: From Fiction to Belief: Social and Political Effects

Do Fictions Impact People’s Beliefs? A Critical View

Nicolas Baumard and Edgar Dubourg

The Impact of Fiction on Beliefs about Gender

Vera Nünning

Implicit Bias, Fiction, and Belief

Kris Goffin and Agnes Moors

Children’s Ideas about Stories and about Reality

Ayse Payir and Paul L. Harris

From Suspension of Disbelief to Production of Belief: The Case of Alternate Reality Games

Patrick Jagoda

Interactive Environments and Fictional Engagement

Olivier Caïra

Fake News and Fictional News

Jessica Pepp, Rachel Sterken and Eliot Michaelson

Trust, Credulity, and Speech

Philippe Roussin

Literature on Credit: Fiction and the Fiduciary Paradigm

Emmanuel Bouju

Fifth Generation Fictionality? Fiction, Politics, War

Henrik Zetterberg-Nielsen

Uses of Fantasy Fiction in Contemporary Political Mobilization

Anne Besson

Fiction, Belief, and Postcolonial Criticism

Alok Yadav

Can Fictions Predict the Future?

Anne Duprat

Dystopian Fictions and Contemporary Fears

Jean-Paul Engélibert

Fiction, Belief, and Climate Change: Paratexts, Skeptics, and Objects of Care

Erin James

Part III: Fiction and Religious Belief

Greek Mythology: Discourse, Belief, and Ritual Action

Claude Calame

Fiction and Belief: Approaching Medieval Latin Christendom

Julie Orlemanski

Literary Fictions, Religious "Fables," and Unbelief in the West

Nicolas Correard

Saints, Between Faith, Belief, and Fiction

Barbara Selmeci Castioni

The Role of Fiction in Buddhist Hagiography: The Case of Shinran

Markus Rüsch

Fiction and Belief in Ancient and Early Medieval India

Isabelle Ratié

Fiction, Religion, and Pre-Modern Arab-Islamic Literature (8th–18th Centuries)

Aboubakr Chraïbi

Fiction against Belief and Belief in Fiction in Modern Arabic Literature

Ève de Dampierre-Noiray

On Jewish Fiction and Belief: Duplicity, Parables, Confession

Sarah Hammerschlag

Religious Uses of Fantasy Fiction

Markus Altena Davidsen

Fake Cults, Hyper-Real Religions, Virtual Beliefs at the Crossroads of Fiction, the Sacred, and Technology

Lionel Obadia

Alison James is Professor of French at the University of Chicago. Her research interests include the Oulipo group, the contemporary novel, theories and representations of everyday life, documentary literature, and questions of fact and fiction.

Akihiro Kubo is Professor of French Literature at Kwansei Gakuin University. His research interests focus on twentieth-century French literature and theories of literature.

Françoise Lavocat is Professor of Comparative Literature at the Université Sorbonne Nouvelle. She received an honorary doctorate in Humane Letters from the University of Chicago, and is a member of the Institut Universitaire de France as well as a member and section chair in the Academia Europaea.

Catégorie : Événements

« Littératures de l'imaginaire et Théories de la fiction »

Par Anne BESSON le 27 janvier 2025

Colloque international Degrees of Fictionality / Degrés de fictionnalité

Troisième colloque international de la SIRFF / ASIFF Friday October 18–Sunday October 20, 2024 Kwansei Gakuin University

Par Anne BESSON le 9 octobre 2024

Catégorie : Congrès

Fictions impossibles (Impossible Fictions)

Par Anne BESSON le 27 février 2024

header

Du 2 au 5 mars 2022/Wednesday March 2–Saturday March 5, 2022

Université de Chicago/ University of Chicago

Neubauer Collegium for Culture and Society5701 S. Woodlawn AvenueChicago, IL 60637

Pour vous inscrire aux événements ouverts au public du colloque avec envoi des liens Zoom/ Register at this link for online sessions of the symposium that are open to the public.

Programme/Program

 

Sponsors:

Neubauer Collegium for Culture and Society

France Chicago Center

SIRFF/ISFFS

Department of Romance Languages and Literatures

Institut Universitaire de France

Université Sorbonne Nouvelle

WEDNESDAY MARCH 2/MERCREDI 2 MARS 2022

1:30 p.m.                     Arrival and opening remarks/Accueil des participants

Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat

2:00–4:50 p.m.            PARALLEL SESSIONS A–C

SESSION A               Narrateurs impossibles (in French).

Panel Chair: Akihiro Kubo (Kwansei Gakuin University)

2:00 p.m.                     Camille Brun (Aix-Marseille Université), “Au seuil de la fiction: Saint-Aubin ou le préfacier impossible” (online)

2:30 p.m.                     Maxime Decout (Université Aix-Marseille/Institut Universitaire de France), “Du narrateur menteur au narrateur démembré”

3:00 p.m.                     Richard Saint-Gelais (Université Laval), “La narration impossibilisée par sa fiction” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Lolita Felgueiras (Université Sorbonne Nouvelle), “J’irai cracher sur vos tombes ou l’impossible énonciation” (online)

4:20 p.m.                     Franck Salaün (Université Paul-Valéry Montpellier), “Paradoxes de l’identité et impossibilités narratives”

SESSION B               Impossible Beings

Panel Chair: Mario Slugan (Queen Mary University of London)

2:00 p.m.                     Nicolas Correard (Université de Nantes), “Speaking Animals and Unthinkable Thoughts in a Pre-Darwinian Context” (online)

2:30 p.m.                     Kai Mikkonen (University of Helsinki), “Impossible Narrative Situations and the Principle of Minimal Departure”

3:00 p.m.                     Anke Sharma (Freie Universität Berlin), “We-Narration, Focalization and ‘Impossible’ Perspective” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Annjeanette Wiese (University of Colorado, Boulder), “Impossible Identities: An Exploration of Character and Storyworld in Charles Yu’s Interior Chinatown

4:20 p.m.                     Jamie Cawthra (Bloomsbury Institute, London), “Unreliable Narration and Explaining the Impossible (Away)”

SESSION C               Ethical and Legal Issues

Chair: Thomas Pavel (University of Chicago)

2:00 p.m.                     Lena Seauve (Humboldt-Universität zu Berlin), “The Impossibility of the Perpetrator’s Perspective” (online)

2:30 p.m.                     Simona Zetterberg-Nielsen (Aarhus University), “Possible Dangers of Impossible Fictions” (online)

3:00 p.m.                     Christine Baron (Université de Poitiers), “Jurisfictions impossibles” (in French, online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Otto Pfersmann (EHESS, Paris), “Impossible Pseudo-Norms in Fiction, Law and Morals”

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 1

Murray Smith (University of Kent)

“Impossibility, Fiction, and (Make-)Belief”

6:30 p.m.                     Reception

                                    Award of SIRFF/ISFFS Prize

THURSDAY MARCH 3/JEUDI 3 MARS 2022

9:00 a.m.–12:00 p.m. PARALLEL SESSIONS D–F

SESSION D               Temporal Distortions

Panel Chair: Chiara Nifosi (University of Chicago)

9:00 a.m.                     Kohei Takahashi (Doshisha Women’s College of Liberal Arts), “Value, Genre, Possibility: Contingency and Literature in Modern Japan” (online)

9:30 a.m.                     Kaiwei Xia (Hunan Normal University), “Symptomatic Histoire, or Don DeLillo’s Realist Imagination” (online)

10:00 a.m.                   Martin Riedelsheimer (University of Augsburg), “Fictions of Infinity: Reading Beyond Boundaries in 21st-Century Novels”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Katherine Weese (Hampden-Sydney College), “Somebody Telling Somebody Else that Something Did and Did Not Happen”

11:30 a.m.                    Julia Elsky (Loyola University Chicago), “Living Backwards: Elsa Triolet’s Female Sisyphus”

SESSION E               Cognition and Imaginative Resistance

Panel Chair: Murray Smith (University of Kent)

9:00 a.m.                     Alberto Voltolini and Carola Barbero (University of Turin), “How One Cannot Imagine What One Could Imagine” (online)

9:30 a.m.                     Henrik Zetterberg-Nielsen (Aarhus University), “Impossible Fantasies” (online)

10:00 a.m.                   Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne/Institut Universitaire de France), “ Anomalous/Abnormal/Unnatural”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Edgar Dubourg (ENS Paris), “The Psychological and Evolutionary Foundations of Impossible Worlds” (online)

11:30 a.m.                    Deena Skolnick Weisberg (Villanova University), “Impossible Elements in Children’s Educational Media” (online)

SESSION F               La mimésis en question (in French)

Panel Chair: Franck Salaün (Université Paul-Valéry Montpellier)

9:00 a.m.                     Fuhito Tachibana (Waseda University), “La ‘sans-mondialité’ en tant qu’impossibilité fictionnelle” (online)

9:30 a.m.                     Claude Calame (EHESS, Paris), “Les mythes grecs: pour une pragmatique de la fiction impossible” (online)

10:00 a.m.                   Antonino Sorci (Université Sorbonne Nouvelle), “Les camélias de la fiction. Impossibilités narratives et processus interprétatif”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Amélie Derome (Université Aix-Marseille), “Improbabilités de la fiction et impossibilités de la traduction: les stratégies de post-rationalisation des traducteurs français de Gulliver’s Travels de Jonathan Swift de 1727 à nos jours” (online)

12:00–2:00 p.m.          Lunch/Déjeuner

12:30–1:30 p.m.           Lunchtime author event:

Laurent Binet

in conversation with Alison James (University of Chicago); Akihiro Kubo (Kwansei Gakuin University) and Françoise Lavocat (Université Sorbonne Nouvelle)

In association with the Seminary Co-op Bookstore

2:00–4:50 p.m.            PARALLEL SESSIONS G–I

SESSION G               Impossibilities on Screen

Panel Chair: Marc Downie (University of Chicago)

2:00 p.m.                     Mario Slugan (Queen Mary, University of London), “Imaginative Resistance and Objectival Imagining in Film”

2:30 p.m.                     Rami Gabriel (Columbia College Chicago), “The Heart of Darkness of Cinema: Orson Welles’ The Other Side of the Wind

3:00 p.m.                     Gretchen Busl (Texas Woman’s University), “Alternate Streams: Cognitive Desire and Counterfactual Narrative TV Series” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Caroline Bem (Saint Paul University), “Diptychal Thinking, Paradox, and the (Im)Possibility of Fiction in Greta Gerwig’s Adaptation of Little Women” (online)

SESSION H              Violences sexuelles aux frontières de la représentation: impossibles fictions? (in French)

Panel Chair: Charlotte Krauss (Université de Poitiers)

2:00 p.m.                     Véronique Lochert (Université de Haute-Alsace), “La fiction face au viol: (im)possibilités classiques et contemporaines”

2:30 p.m.                     Enrica Zanin (université de Strasbourg), “Sexes impossibles et invraisemblables: pourquoi à la fin de la Renaissance le viol remplace l’amour dans les fictions?”

3:00 p.m.                    Zoé Schweitzer (Université de Saint-Étienne), “Mutilations du corps et de la parole: le spectacle impossible du viol de Philomèle?”

SESSION I                Impossible Spaces

Panel Chair: Brian Richardson (University of Maryland)

2:00 p.m.                     Jérôme Pelletier (Institut Jean-Nicod), “Seeing the Impossible with Magritte” (online)           

2:30 p.m.                     Matthew McGinity (Technical University Dresden), “Impossible Worlds in Virtual Reality” (online)

3:00 p.m.                     Sladja Blažan (Bard College Berlin), “Vegetomorphism: Weird Biology in Jeff VanderMeer’s Annihilation” (online)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50 p.m.                     Chiara Nifosi (University of Chicago), “Embracing the Paradox:  Rhetorical Strategies of the Impossible in Proust and Beckett”

4:20 p.m.                     Victoria Saramago (University of Chicago), “Geographies of Degeographication: Latin America and the Virgin Woods in Mário de Andrade’s Macunaíma

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 2

Marie-Laure Ryan

“Are Impossible Fictions Possible?”

7:30 p.m.                     Optional Event / Spectacle 

                                    Ballet des Porcelaines

Theater East, Reva and David Logan Center for the Arts

915 E 60th St, Chicago, IL 60637

Information and Registration Link 

https://ceas.uchicago.edu/content/ballet-des-porcelaines

FRIDAY MARCH 4/VENDREDI 4 MARS 2022

9:00–11:00 a.m.           ISFFS General Assembly/Assemblée générale de la SIRFF       

11:00–11:30 a.m.          Break/Pause

11:30 a.m.–1:00 p.m.   PARALLEL SESSIONS J–K

SESSION J                Affordances des médias (in French)

Panel Chair: Khalid Lyamlahy (University of Chicago)

11:30 a.m.                    Olivier Caïra (Université Paris-Saclay, Centre Pierre Naville/CRAL), “Le paradoxe du goof – Qui a besoin de fictions possibles?” (online)

12:00 p.m.                   Alexis Hassler (Independent Scholar), “There Is No GamePony Island, le glitch vidéoludique ou la narration impossible” (online)

12:30 p.m.                   Jean-Bernard Cheymol (Université Paris Saclay/Université Sorbonne nouvelle), “Une fiction impossible à suivre? 3" de Marc-Antoine Mathieu”

SESSION K               Theory of Fiction

                                    Seminar Room

                                    Panel Chair: Larry Norman (University of Chicago)

11:30 a.m.                    Manuel García-Carpintero Sánchez-Miguel (University of Barcelona), “Against the Mere Pretense View of Fiction” (online)

12:00 p.m.                   John Pier (CRAL – CNRS/EHESS), “Competing Narratives”

12:30 p.m.                   Nicholas Paige (University of California Berkeley), “Narration, Description, Fiction”

1:00–2:30 p.m.            Lunch break/Déjeuner libre

2:30–3:30 p.m.            Fictional Worlds, Fictional Possibilities:

A Roundtable in Honor of Thomas Pavel

Chair: Nicholas Paige (University of California Berkeley)

Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne)

Françoise Lavocat (Université Sorbonne Nouvelle)

Larry Norman (University of Chicago)

Marie-Laure Ryan (Independent Scholar)

3:30–3:50 p.m.                        Break/Pause

3:50–4:50 p.m.                        PARALLEL SESSIONS L–M

SESSION L               Graphic Paradoxes

Panel Chair: Kai Mikkonen (University of Helsinki)

3:50 p.m.                     Charlotte Krauss (Université de Poitiers), “ ‘...for Time is Space and Space is Time’: When Comic Books Defy the Laws of Fiction”

4:20 p.m.                     Elizabeth A. Oakes (University of Helsinki), “Ameliorative Impossibility: Thematics in Vandermeer’s Borne and Dalrymple’s The Wrenchies” (online)

SESSION M              Intermedial Extensions

Panel Chair: Patrick Jagoda (University of Chicago, online)

3:50 p.m.                     Tonguc Sezen (Teesside University), “Epistolary Paratexts at the Threshold of Both Text and Fiction” (online)

4:20 p.m.                   Annick Louis (Université de Franche-Comté/EHESS), “A Flawless Masterpiece. The Big Bang Theory, Indiana Jones, Pride and Prejudice, and fictional immersion”

5:00 p.m.                     KEYNOTE LECTURE 3

Brian Richardson (University of Maryland)

“Plotting against Probability:

Unruly Sequences, Impossible Fictions, Contradictory Worlds.”

7:30 p.m.                     Dîner du colloque

SATURDAY MARCH 5/SAMEDI 5 MARS 2022

9:00–12:00 p.m.          PARALLEL SESSIONS N–P

SESSION N              Fait et fiction/Fact and Fiction

Panel Chair: Anne Duprat (Université de Picardie-Jules Verne/Institut Universitaire de France)

9:00 a.m.                     Guido Furci (Université Sorbonne Nouvelle), “Le Rapport sur Auschwitz de Primo Levi et Leonardo De Benedetti (entre fait et fiction?): genèse/analyse d'une ‘anomalie nécessaire.’ ” (online)

9:30 a.m.                     Delphine Edy (Sorbonne Université/Université de Strasbourg), “Transfuges de classe (D. Eribon, É. Louis) : Fiction littéraire impossible vs. reconstruction fictionnelle en scène ?” (online)

10:00 a.m.                   Camélia Paquette (Université de Sherbrooke), “HHhH ou le roman sans fiction (im)possible” (online)

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Jeppe Barnwell (Society for Danish Language and Literature/University of Copenhagen) “Impossibility in Pseudo-Factuality”

11:30 a.m.                    Dunja Dušanić (University of Belgrade, European Graduate School), “The Non-Fiction Novel as an Impossible Genre”

SESSION O               Impossibilités politiques et éthiques/Political and Ethical Impossibilities (in French and English)

Panel Chair: Maxime Decout (Université Aix-Marseille/Institut Universitaire de France)

9:00 a.m.                     Irina Holca (University of Tokyo), “The Paradox of Socialist Realism: Japan and the Orient as (Improbable) Tropes in Romanian Historical Fiction” (online)

9:30 a.m.                     Maria Anna Mariani (University of Chicago), “Catastrophe and the Historical Novel: Elsa Morante’s La Storia” (online)

10:00 a.m.                   Mathilde Zbaeren (Université de Lausanne), “Collecting the Voices of the Rwandan Genocide: Rewriting and Fictionalizing”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Patrick Maurus (INALCO, Paris), “Le fictif comme solution au fictionnel impossible: Des Nords-Coréens dans le cinéma sud-coréen”

11:30 a.m.                   Alexandre Gefen (CNRS/Université Sorbonne Nouvelle), “La mise en fiction du terrorisme contemporain: nécessité ou interdit? Une comparaison France-USA” (online)

SESSION P               Fantasy, the Fantastic, Science Fiction (in French)

Panel Chair: Marie-Laure Ryan (Independent Scholar)

9:00 a.m.                     Laurent Bazin (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), “L’âge de tous les (im)possibles? Formes et enjeux de l’im-plausibilité dans les fictions pour adolescents” (online)

9:30 a.m.                   Monique Villen (Universidad Francisco de Vitoria), “La science-fiction: imaginer l’impossible”

10:00 a.m.                    Aurore Noury (CRAL/EHESS), “Les contradictions du corpus fictif de Tolkien, ou le creuset d’un renouveau de l’imaginaire”

10:30–11:00 a.m.         Break/Pause

11:00 a.m.                    Simon Bréan (Sorbonne Université), “Faire vivre l’impossible: fonctions des protagonistes dans les récits de science-fiction” (online)

11:30 a.m.                   Tiako Djomatchoua Murielle Sandra (Princeton University), “Des fictions impossibles? Ceux qui sortent dans la nuit, Une théorisation du fantastique africain” (online)

Catégorie : Membres

Alexandra BLAISON

Par Anne BESSON le 15 mai 2024

Chercheuse indépendante, University of London


Discipline : Philosophy, History of Art

Champs de recherche : Philosophie/ Fact and fiction/ Aesthetics

Publication : Can Fiction change the World ?/ La fiction peut-elle changer le monde ?

Par Anne BESSON le 15 mars 2024

Dirigé par Alison James, Akihiro Kubo, et Françoise Lavocat


La fiction peut-elle changer le monde ? Le fait-elle réellement ? Des délires de Don Quichotte aux rêveries romantiques d'Emma Bovary, la fiction a souvent dépeint ses propres effets en termes négatifs, tandis que les anxiétés contemporaines concernant les jeux vidéo ou les mondes virtuels ravivent les anciennes craintes de la confusion entre fiction et réalité. Au-delà de ces représentations et dénonciations, il existe de nombreuses preuves de l'influence des univers fictionnels sur les vies réelles, les identités et les pratiques sociales. Tirés de cultures et de médias variés, les exemples étudiés ici incluent les fictions politiques du Japon prémoderne, les utilisations de la fiction dans les affaires juridiques et la fanfiction activiste contemporaine. Ils illustrent les effets de la fiction à différentes échelles, des paradoxes de la réponse émotionnelle individuelle à l'action collective à grande échelle.

Alison James est professeure au Département de Langues et Littératures Romanes de l'Université de Chicago, Akihiro Kubo est professeur à l'École des Humanités de l'Université Kwansei Gakuin, et Françoise Lavocat est professeure de Littérature Comparée à l'Université Sorbonne Nouvelle.

 

TRANSCRIPT 29 – 22 January 2023  •  282pp

  22 January 2023  •  282pp

ISBN: 978-1-839541-45-2 (hardback)  •  RRP £85, $115, €99ISBN: 978-1-839541-46-9 (paperback, forthcoming)ISBN: 978-1-839541-47-6 (JSTOR ebook)

Catégorie : Actualités / Événements

Colloque “Fiction et Sciences sociales” (Montpellier)

Par Anne BESSON le 30 mai 2024

Colloque “Fiction et Sciences sociales” (Montpellier)

Colloque international, 16 & 17 mai 2024, Site Saint Charles de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Montpellier

Argument : « Nous souhaitons à travers ce colloque créer un espace de discussion – une « communauté de langage » – autour de la fiction et de ses liens possibles avec l’anthropologie, et plus généralement avec les sciences sociales. La thématique n’est pas nouvelle puisqu’en 2014, un colloque a déjà eu lieu à l’université Paris 1 intitulé « Fiction et sciences sociales. Bonnes et mauvaises fréquentations. » Il avait été question des rapports de concurrence, de collaboration et de complémentarité entre la fiction et les sciences sociales. Le colloque que nous organisons sera l’occasion d’une part, de prolonger ces réflexions entamées en 2014 et d’autre part de les déborder afin de penser certains usages plus récents de la fiction en sciences sociales, notamment à travers celui de « l’enquête fictionnelle ». »

Jeudi 16 mai 2024

13h – ACCUEIL PARTICIPANTS
Ouverture officielle
Directrice Pôle de Recherche Sciences Sociales – Irena GORGESCU Laboratoires organisateurs :
Yann BELDAME & Éric PERERA (SantESiH), Jérôme SOLDANI (SENS), Pierre PHILIPPE-MEDEN (RiRRa21), Godefroy LANSADE (CRISES)

A- 1 : ENQUÊTE FICTIONNELLE (PARTIE 1)

  • Bernard TRAIMOND. La fiction dans l’atelier de l’anthropologue. La dissolution des différences
  • Danielle PASCAL-CASA. Le décentrement des récits
  • Yann RAMIREZ. La dystopie : une anthropologie consciente ou désespérée

15h10 – PAUSE CAFÉ

A- 2 : ENQUÊTE FICTIONNELLE (PARTIE 2)

  • Océane PERONA. Romancer sa thèse : d’une enquête sur la police de viols au roman policier
  • Alexandre DUBUIS. Quand la fiction rend la réalité communicable et anonyme : Usage et traitement de la fiction dans les recherches sociologiques sur la brûlure grave
  • Lucie ANGHEBEN & Eva RAYNAL. « Tu ne seras pas sauvé » : l’écriture de fiction comme contre-enquête et appel à la réflexion sur les tragédies maritimes contemporaines

16h45 – PAUSE CAFÉ

A- 3 : IMAGES ET SHS : INTERACTIONS RÉCIPROQUES

  • Yves LABERGE. Anthropologie des médias, lectures des imaginaires sociaux : une même structure narrative dans la culture populaire ?
  • Camille PARRAU. Le cinéma asilaire, une contre-analyse de la société américaine
  • Michèle PEDEZERT. La métaphore cinématographique pour faire vivre l’expérience de terrain : quelles relations entre fiction et émotion dans le récit littéraire

Vendredi 17 mai 2024

8h – ACCUEIL PARTICIPANTS

A- 4 : ANTHROPOLOGIE ET FICTION LITTÉRAIRE

  • Mohamed OULOUHDOCH. La question migratoire entre création fictionnelle et analyse sociocriitique dans Btina, Sous le ciel de Séoul de JMG le Glézio
  • Antoine MARSAC. Les lieux de l’auto-fiction d’Annie Ernaux : après toutes Les Années
  • Mara Magda MAFTEI. Littérature contemporaine et anthropologie (politique, prospective)
  • Erika MARTELLI. De Michel Leiris à Emmanuel Carrière : ethnologie du Soi et non fiction

10H10 – PAUSE CAFÉ

A- 5 : FICTIONNALISER L’ENQUÊTE

  • Thomas ALAM & Nicolas BUE. La BD vulgarise t-elle les sciences sociales ?
  • Frédéric DEBOMY & Lilian MATHIEU. La bande dessinée Prostitutions ou le récit graphique d’une réalité sociologique plurielle
  • Noémie REGNAUT. Heroes 2, une enquête théâtrale sur la crise écologique
  • Kassia ALEKSIC. D’une thèse en anthropologie vers une création théâtrale

12h10 – BUFFET

A- 6 : MISE EN SCÈNE DES SCIENCES SOCIALES

  • Arianna Berenice DE SANCTIS. Fictionnaliser l’expérience anthropologique par la mise en scène La vie réinventée de Kirsten Hastrup dans Talabot
  • Jean Marc LEMONNIER, Pierre PHILIPPE-MEDEN & Laurent BERGER. Le biographe dramaturge en sciences humaines et sociales
  • Camille RICAUD. Fiction et fake news en management : caractéristiques, rôles et effets de la circulation d’une fiction de terrain

15H40 – PAUSE CAFÉ

A- 7 : L’ATELIER DE LA FICTION

  • Jonathan BRESSON. La méthode épistolaire, confronter la fiction par le récit ethnographique sensible
  • Lucien DERAINNE. Fictions d’objectivité et méthodologie des sciences humaines
  • Khaoula CHELLOUAI & Lobna RAISSI-DJEFFARI. La mise en récit de l’histoire entre fait et fiction
 logoCatégorie : Événements SIRFF / Autres

Séminaire SIRFF “Degrees of Fictionality”

Par Anne BESSON le 29 mai 2024


Séminaire de recherche sur les Degrés de Fictionnalité

Centre de l'Université de Chicago à Paris
6, rue Thomas Mann, 75013 Paris
4 au 7 juin 2024


Mardi 4 juin
9h30 CET Discours d'ouverture : Alison James, Akihiro Kubo, Françoise Lavocat
10h00 Stacie Friend, Université d'Édimbourg
“Dimensions de la Fictionnalité”
12h00 Déjeuner (sur place)
14h00 Marie-Laure Ryan, chercheuse indépendante
“Graduel ou Binaire ? Théories Populaires vs. Théories Formelles de la Fictionnalité”


Mercredi 5 juin
10h00 Monika Fludernik, Université de Fribourg
“Fictionnalité Graduée : Degrés de Non-Factualité et Hybridations”
12h00 Déjeuner (sur place)
14h00 Kohei Takahashi, Université des Arts Libéraux de Doshisha
“Facteurs Influant sur le Degré d'Influence de la Fiction sur les Croyances”


Jeudi 6 juin
10h00 Françoise Lavocat, Université Sorbonne Nouvelle et IUF
“La Frontière entre Fait et Fiction : Défis Contemporains”
12h00 Déjeuner (sur place)
14h00 Matthieu Letourneux, Université Paris Nanterre
“‘Non ce n’est pas un roman’: Articles Factuels et Modèles Fictionnels dans la Presse Populaire”


Vendredi 7 juin
10h00 Simona Zetterberg-Nielsen, Université d'Aarhus
“Degrés de Fictionnalité dans l'Émergence de la Fiction.”
12h00 Déjeuner (sur place)
14h00 Discussion et Conclusions – tous les participants


Résumés


Stacie Friend, “Dimensions de la Fictionnalité”
Les propriétés qui existent en degrés sont des propriétés scalaires qui peuvent être mesurées le long d'une seule dimension. Les partisans de l'idée que la fictionnalité est une telle propriété la contrastent généralement (bien que pas toujours) avec la ‘factuality’, de sorte qu'une représentation qui s'éloigne davantage des faits du monde réel est ‘plus fictionnelle/moins factuelle’ tandis qu'une qui reste plus proche de ces faits est ‘moins fictionnelle/plus factuelle’. Il ne fait aucun doute que le terme ‘fictionnel’ peut être utilisé de cette manière ; mais je soutiens que cette utilisation n'éclaire guère sur la manière dont les œuvres (textes, films, etc.) devraient être classées comme fiction ou non-fiction. Cela est dû au fait que la classification comme fiction ou non-fiction dépend de multiples dimensions d'une œuvre, plutôt que d'une valeur unique. Dans cet article, je considère quelles sont ces dimensions, et je soutiens que les cas ‘limite’ sont mieux expliqués par l'approche multidimensionnelle que par le fait de considérer la fictionnalité comme existant en degrés.


Marie-Laure Ryan, “Graduel ou Binaire ? Théories Populaires vs. Théories Formelles de la Fictionnalité”
Cette présentation commence par examiner un certain nombre de récits qui combinent faits et fiction de manière à défier les conventions des genres culturellement établis : des fictions constituées entièrement ou principalement de faits, et des récits factuels contenant des informations non vérifiées. Les théories populaires (intuitives) de la fiction expliquent de tels phénomènes en considérant la fictionnalité comme un concept graduel, mais la plupart des théories formelles sont binaires. Une exception est la théorie rhétorique de la fictionnalité, proposée par Nielsen, Phelan et Walsh (2015), qui distingue un niveau global de fictionnalité d'un niveau local, de sorte que les textes peuvent être plus ou moins fictionnels au niveau local selon leur combinaison de fait et de fiction. Je compare la théorie rhétorique à une théorie basée sur le monde qui associe la fictionnalité à des mondes imaginaires, et considère que toutes les assertions d'un texte fictionnel contribuent à la construction de ce monde, plutôt que de séparer les assertions fictionnelles des non-fictionnelles. Je compare également comment chaque théorie conçoit le but communicatif de la fiction : exprimer des messages sur le monde réel pour la théorie rhétorique, créer des mondes fictionnels pour le plaisir que nous prenons à les imaginer pour la théorie basée sur le monde.


Monika Fludernik, “Fictionnalité Graduée : Degrés de Non-Factualité et Hybridations”
Partant de la distinction de Gerald Prince entre narrativité et narrativité, cette étude examinera la question de savoir si la fictionnalité doit être un concept soit/soit ou graduel d'un point de vue narratologique. Elle commencera par reconsidérer la division fait vs. fiction, surtout à la lumière des oppositions entre non-fiction et non-factuel. Un autre aspect à discuter sera la distinction entre fictionnalité et fictivité (une différenciation typiquement germanique). J'analyserai ensuite les situations où le fait et la fiction sont mélangés (concept clé : hybridité) et discuterai des cas possibles de gradation de la fictionnalité sous les titres d'indécidabilité et de refonctionnalisation. Étant donné que j'adhère à la définition institutionnelle de la fictionnalité de Françoise Lavocat, toute gradation sera finalement un processus social plutôt que textuel.


Kohei Takahashi, “Facteurs Influant sur le Degré d'Influence de la Fiction sur les Croyances”
La lecture d'œuvres de fiction peut modifier les croyances des lecteurs sur le monde réel, notamment en ce qui concerne les faits, les valeurs et les normes. Cet article introduit le concept du Degré d'Influence de la Fiction sur les Croyances (DFIB), qui représente dans quelle mesure les œuvres de fiction peuvent transformer les croyances des lecteurs sur la réalité. Notre objectif est de poser les bases théoriques pour de futures recherches sur le DFIB, améliorant ainsi notre compréhension de comment la littérature fictionnelle influence les perceptions de la réalité des lecteurs.

Currie (2020) examine les mécanismes par lesquels la fiction affecte les croyances des lecteurs, explorant comment les lecteurs forment de nouvelles croyances sur le monde réel à partir de la fiction, même lorsqu'ils ne peuvent pas être certains que la fiction affirme quelque chose sur le monde réel. Currie identifie des facteurs tels que la "fiabilité de l'auteur", le "genre", "la valeur narrative", et "l'heuristique de disponibilité".

En développant l'analyse de Currie, cette étude suggère des facteurs supplémentaires tels que les paratextes, la motivation à la lecture et les pratiques interprétatives. Nous organisons ces facteurs en quatre catégories : les facteurs liés au texte, les facteurs liés à l'auteur, les facteurs liés au lecteur et les facteurs liés au contexte. Les facteurs liés au texte couvrent les éléments sémantiques, syntaxiques et pragmatiques, tandis que les facteurs liés à l'auteur impliquent la fiabilité perçue de l'auteur et son background. Les facteurs liés au lecteur incluent les connaissances, l'immersion et les biais cognitifs, tandis que les facteurs liés au contexte prennent en compte les contextes culturels, historiques et sociaux entourant l'œuvre, ainsi que sa réception critique et son discours public.

Cette étude vise à fournir un cadre complet pour enquêter sur les facteurs qui influencent le DFIB, contribuant ainsi à une compréhension plus profonde de la relation complexe entre la littérature fictionnelle et les croyances des lecteurs sur la réalité.

Currie, G. (2020). Imagining and Knowing: The Shape of Fiction. Oxford University Press.

Catégorie : Congrès

Premier colloque international de la Société Internationale de Recherches sur la Fiction et la Fictionnalité (SIRFF/ISFFS)

Par Anne BESSON le 27 février 2024


« La fiction change-t-elle le monde ? »

"Does Fiction Change the World?"

Congrès de fondation de la Société internationale de recherches sur la fiction et la fictionnalité (SIRFF)

Founding Conference of the International Society for Fiction and Fictionality Studies (ISFFS)

28-30 novembre 2019/28-30 November 2019

Affiche-du congrès La-Fiction-change-t-elle-le-mondeTélécharger

Abstracts/résumés des communications

jeudi 28 novembre à l’EHESS (105 Bd Raspail, 75006 Paris), vendredi 29 novembre à La Maison de la Recherche de La Sorbonne Nouvelle (4 rue des Irlandais, 75005 Paris), samedi 30 novembre à l’Université de Chicago à Paris (6 rue Thomas Mann, 75013 Paris).

Jeudi 28 novembre, EHESS

La Fiction, différents sens, différents mots ? / Fiction: different meanings, different words?

MATIN / MORNING

Amphithéâtre Furet8h45 : Accueil des participants / Arrival and WelcomeDiscours de bienvenue / Introduction : Françoise Lavocat, Alison James, Akihiro Kubo

9h15 – 10h10 : Keynote address / conférence plénière (présentation : Alison James)Richard Walsh : Premises for the Diachronic and Comparative Study of Fictionality

ATELIER A : Différents mots pour une même chose

SESSION A: Different words for the same thing

Amphithéâtre Furet

Présidence : Anne Duprat

10h30 : Claude Calame : Formes poétiques de la fiction et pragmatique: poêin - pláttein - práttein

11h : Daniel Struve : Les mots de la fiction dans le Dit du Genj

11h30: Judit Arokay  : The Fiction of Factuality  (Pre-modern Japanese Perspectives) 

12h : Veronika Altashina : Les notions de “fait littéraire” et de “liternaturnost” chez les formalistes russes.

ATELIER B : Un même mot pour différentes choses

SESSION B: One word for different things

Salle 7

Président Akihiro Kubo

10h30 : Marion Renaud : Une fiction, en quel(s) sens ?

11h00 : Simona Zetterberg Gjerlevsen : Interpreting  “fiction” and inventing  “the novel”

11h30 : Larissa  Muravievna: La mise en abyme figure de la fiction

12h : Iwamatsu Masahiro : Chô-kyokô (sur-fiction) et méta-mystery : Deux notions métafictionnelles dans les années 1980-90 au Japon

Atelier C: Perspectives diachroniques, transculturelles, interdisciplinairesSession C : Transcultural, Diachronic and Interdisciplinary Perspectives

Amphi Furet

Président : John Pier14h00: Otto Pfersmann : Is a Revolutionary Change of the Legal System Able to Change the World?

14h30 : Henriette Korthals Altes : A Few Remarks on the ‘Law and Literature’ Movement or How to do Law with Fiction

15h00 : Frank Zipfel : The Role of Imagination in Fiction. Diachronic and TransculturalReflections

Atelier D : Intermedialité et performanceSession D intermediality and Performance

Salle 7

Président Emmanuel Bouju 14h00: Raphaël Baroni : De quoi les bandes dessinées sont-elles capables ? Médiagénie et pouvoirs de la fiction.

14h30 : Oura Yasusuké : Pour une théorie de la fiction comme show, performance,entertainment

15h00 : Alexander Bareis : The Margins of Fiction in an Intermedial Perspective

PAUSE

Amphi Furet, 15h45-16h40 : Conférence plénière/Keynote Address (présentation Pascal Engel) :

Gregory Currie, "A Promise of Knowledge: Literature as Thought Experiments"

17h- 18h30 : ASSEMBLEE GENERALE / GENERAL MEETING : Françoise Lavocat, Alison James, Akihiro Kubo, Charlotte Krauss, Anne Besson, Otto Pfersmann

Vendredi 29 Novembre/Friday 29 NovemberMaison de la recherche, 4 rue des Irlandais, 75005 Paris

La Fiction change-t-elle le monde?

Does Fiction Change the World?

MATIN/MORNING

ATELIER E (salle Athéna)Modification des idées collectives

SESSION E: Modification of collective ideas

Présidente: Tiphaine Samoyault 

9h00 : Simone Mueller : Etiquette to Change the World ? Fiction and Reality of Temporal Procedures at the Imperial Court in Medieval Japan

9h30 : Nicolas Correard : Lucianic fictions and the development of unbelief (XVth-XVIIIth centuries)

10h : Charles Vincent: Fiction politique des années 1770: Mercier, Diderot, Marmontel

PAUSE

10h45 : Anne Duprat : Fiction et modélisation du hasard

11h15 : Nathalie Kremer : De l’Eve future au “Geminoid HI” de Ishiguro : le cas d’une métalepse réelle ?

11h45 : Monique Villen :  Cyberespace: De la science fiction à l’informatique avec Neuromancien de William Gibson.

ATELIER F: (Salle du conseil ) Fiction et action politique

SESSION F: Fiction and political action

 Président : Frank Zipfel 

9h00 : Victoria Garcia : The potentialities and limits of fiction. Patricio Pron's narrative in the context of Argentine post-dictatorship

9h30 : Victoria Saramago : Mario Vargas Llosa and the Amazon: Fiction, Ecology, Politics

10h00 : Annick Louis : La fiction ou la mort

PAUSE

10h45 : Anne Isabelle François : Résistances féministes et pouvoirs de la fiction

11h15 : Charlotte Krauss : La construction de la nation par la fiction théâtrale

11h45 : Anne Besson : Engagement et enchantement : usages éthiques et politiques des fictions de l’imaginaire contemporaines

12h15-13h45 : pause déjeuner / lunch break

APRES-MIDI / AFTERNOON

14h00-14h55 : Conférence plénière/Keynote Address (Salle Athena)Présentation : Jérôme Pelletier  

Anna Abraham : The World in My Mind

PAUSE

ATELIER G , salle Athéna : Fiction et non-fiction, connaissances et culture

SESSION G: Fiction/nonfiction, knowledge and culture

Présidence : Michèle Bokobza Kahan

15h : Manuel Garcia-Carpintero Sanchez-Miguel  : Acts of fiction-making : can fiction convey knowledge ?

15h45 : Nancy Murzilli : La fiction comme instrument d’action

16h15 : Maja Djikic: Effect of Fiction on Self-Change:  On how Beauty Breaks into the World

PAUSE

17h00 :  Erika Fülöp : Towards an Ontology of Social Media

17h30: Nir Evron : Fragile Fictions : The Rise of Culturalism and the Novel

18h: Mario Slugan: Revisiting the Solution to the Paradox of Fiction: An Alternative to Thought Theory

ATELIER H: Représentation des effets de la fiction dans la fiction

SESSION H: Fictional representations of fiction’s effects

Président : Richard Walsh 

15h15 :   John Pier : The Theory of Fiction and Modeling of Plot

15h45 : Alberto Voltolini : Real Authors and Fictional Agents (Fictional Narrators,Fictional Authors)

16h15 : Alexandra Effe: Literary Accounts of Fiction as (Self-)Transformation

PAUSE

Présidente : Florence Olivier 

17h00: Yen-Maï Tran Gervat: Le donquichottisme comme réflexion sur les effets de lafiction (littérature et cinéma)

17h30: Maxime Decout : Peut-on tuer le lecteur ? A propos de quelques effetssecondaires regrettables de la lecture

18h : Frank Wagner : Quand la fiction change le monde... de la fiction

20h00 : Dîner du colloque / Conference Dinner

Samedi 30 Novembre/Saturday 30 NovemberUniversity of Chicago Center in Paris, 6, rue Thomas Mann, 75013 Paris

9h00 : AccueilPrésentation des projets collectifsPresentation of collective projects

Président : Arnaud Colombel

09h15 : Alberto Voltolini: Projet COST: Applying a Sort of Imagination in Fiction10h00 : Takahashi Kohei : Seminar of Japanese Literature and Fictionality

PAUSE

11h00 : Gregory Currie, Heather Ferguson, Stacie Friend and Lena Wimmer : Learningfrom Fiction11h45 : Anne Duprat, Alison James, Sébastien Wit : Projet ALEA

12h30-14h : Déjeuner (sur place)/ Lunch break (on site)

Présidente : Alison James

14h00 : Monika Fludernik : The Freiburg Graduate School Factual and FictionalNarration (GRK 1767) and the Collaborative Research Centre (SFB 1015) Otium14h45 : Françoise Lavocat: Populations of Characters: Statistics and Demography

PAUSE

15h45 : Sylvie Patron : Optional-Narrator Theories: Attempts at Unification16h30 : Henrik Skov Nielsen: Centre for Fictionality Studies – Past, Present and FutureResearch

17h15-18h00 : Conclusions

Catégorie : Membres

Abdoussalam BEZZAOUI

Par Anne BESSON le 11 octobre 2024

Etudiant à l'Université Ibn Tofail

 

Discipline : littérature francophone comparée

Champs de recherche : Les genres littéraires

Catégorie : Membres

Florent FAVARD

Par Anne BESSON le 11 octobre 2024

Maître de conférences à l'Université de Lorraine

florent.favard@univ-lorraine.fr

Discipline : Cinéma et Audiovisuel

Champs de recherche : Narratologie ; Media Studies

Lien page personnelle : https://florentfavard.com

Catégorie : Membres

Louise LAGNIEZ

Par Anne BESSON le 11 octobre 2024

Doctorante, Université de Poitiers / UQAM


Discipline : Littérature comparée
Champs de recherche : Criminalité féminine, presse, roman, films
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